La mal à dit : les effets du stress sur le corps

aIMG_0116-456x300Bonsoir cher lecteur,

Ce soir comme un peu tous les soirs, peut être comme toi, peut être comme tout le monde, je suis anxieuse. Il n’y a qu’à regarder le précédent article et celui-ci pour voir que chacun a ses hauts et ses bas et que souvent « femme varie » ! Chez moi en tout cas, on peut passer d’une assurance folle et la croyance en ses projets et en soi, à baisser totalement les bras et à l’anxiété voire la panique, le sentiment d’être nulle. J’oscille entre ces deux extrêmes, parfois pas du tout, en ce moment je préférerais penser que j’arriverai à tout. J’ai peur de la maladie. J’ai peur de me faire contrôler par autre chose que moi-même, moi pourtant si éprise de liberté.

Je me suis lancée dans la vie active à 18 ans (départ de chez maman, pas papa, papa il vit avec une autre depuis que j’ai 4 ans). Et les symptômes ont commencés à apparaître.Ils sont apparus exactement à 17 ans et demi, juste avant le baccalauréat (je suis littéraire de base, on s’en serait douté, non ? 😉 ) Passant d’une fille joyeuse à une fille complètement éteinte. 15 jours de pleurs sans (trop) de raisons. Des raisons, j’en avais : mon chat est mort écrasé par une voiture, mon ex petit-ami, mon premier amour, me quittait environ tous les deux mois alors que j’étais persuadée que c’était l’homme de ma vie, ma mère était toujours « dépressive », mon frère toujours à me mettre de mauvaise humeur le matin. La femme de mon père m’annonce qu’elle trompe mon père avec un ami à eux qui vient manger régulièrement chez eux, faire des activités, avec leurs enfants. En plus, elle en était fière, et m’a dit bien-sûr (j’ai 3 petits demi-frères) : ne le répète pas, sinon tu vas détruire la famille. C’est comme si une aiguille avait percé ma bulle, genre un événement de trop. L’infidélité, OK cela existe, fréquemment, mais une femme me mettre dans cette situation de culpabilité envers mon père et mes petits frères, et surtout en être fière : « c’est le plus beau des papas de l’école… ». C’est un peu comme les événements traumatisants mondiaux, on se souvient tous du jour où on était quand on l’a appris, la lumière du soleil, la chaleur de l’été, la piscine, le fait qu’on était là assises toutes les deux en confidence. La réalisation que ma grand-mère maternelle exerçait une sorte de perversion envers moi, une manipulation insidieuse avec des critiques, des allusions à mon grand frère « parfait » (loin de là). J’ai simplement quitté la table, et je lui ai dit que je comprenais que toute ma famille soit cinglée avec elle. Puis je suis allée pleurer et raconter pour ma belle-mère et ma grand-mère à mon frère, j’ai fait mes valises, je devais rester le mois, j’ai tenu deux jours.

Puis à l’école, on m’a attrapé. La proviseure adjointe m’a chopée dans les couloirs et m’a demandé  » Pourquoi tu ne t’es pas inscrite à hypokhâgne ? ».

Hein ? Bordel c’est quoi ce truc.  » C’est une école pour les meilleurs, et comme tu es deuxième »…. Ah ok. Faut faire quoi ?  » Avoir de très bonnes moyennes dans toutes les matières, c’est une sorte de concours, ainsi que d’excellentes appréciations. J’ai bossé, je me suis stressée : en grande HP qui s’ignorait, je ne savais pas d’où venait mes capacités, et je n’avais jamais appris à travailler. On y reviendra plus tard dans un autre article.

Bref, parmi toutes ces raisons, j’ai commencé à me faire des plaques rouges sur le ventre, un petit peu sur les bras, les cuisses… J’ai compris que ça venait du corps car je n’en voyais pas d’autres raisons. Trop de stress, puis les pleurs incontrôlés, avec comme parole rassurante de ma mère « on ne pleure pas dans la famille » et qui tourne les talons, ainsi que tout un repas d’anniversaire où les larmes coulaient sans raison et personne n’y faisait attention. Question de se sentir seule et pas du tout aimée dans tous ces moments-là, j’étais servie.

Puis il y a eu l’annonce que malgré que je sois prise dans cette « haute école préparatoire littéraire » la question d’argent, ma mère a toujours eu un problème là-dessus. Non tu n’y vas pas, c’est trop cher. On parle de la même femme qui a beaucoup d’argent, et qui finalement m’a payé d’autres études, toutes aussi chères. J’ai eu l’impression jusqu’à mes 23 ans (diagnostic HP) qu’on m’avait volé ma vie, pas reconnu mes compétences, je sentais tellement que le monde autour de moi me pensait débile, j’avais envie de leur dire : comment quelqu’un de débile peut tant vous surpasser de niveau ?

A cet âge-là, déménagement en Belgique pour deux ans, j’ai commencé à avoir « la fatigue ». La grosse fatigue. Je gérais mon appartement, mon couple, le boulot pas facile (barmaid). Pas de nouvelles de mon père pendant 3 mois, très peu de ma mère. La grosse fatigue à un tel point que je rentrais, je dormais directement, comme si je ne pouvais rien faire. Quand j’allais à des soirées, je prenais une couverture, je me mettais en dessous et je m’endormais, j’étais célèbre pour ça avec mes copines, un mix entre ennui, fatigue, et incapacité à m’intéresser ou à bien m’insérer socialement. Puis j’ai pris 10 kilos, la bière n’aidant pas. Puis j’ai eu une semaine d’arrêt pour « cervicalgie ». Je prenais des anti-inflammatoires tous les jours. J’ai eu des troubles digestifs : je flatulais toute la journée, je ne pouvais pas me retenir, et toute la soirée (on a compté avec mon ex, 48 pets en une heure une fois, c’est pour vous dire !). Puis sont venus les hémorroïdes. Puis des marques rouges sous les yeux. A la pharmacie, on m’a dit que je devais peut être aller faire prendre ma tension. Ma tension était basse effectivement, on a pensé à la mononucléose. Je me suis donc décrété mononucléosé, contente d’avoir enfin une étiquette.

Juste avant que je quitte mes études et que je fasse mon burn-out et que je revienne vivre chez ma mère en France, j’ai pété gras alors que j’étais en train de discuter avec une collègue à l’école. Désolée pour les détails, mais voilà à quoi j’en étais réduite : une perte totale de contrôle de mon corps, une incontinence sortie d’on ne sait où.

J’ai fait tous les médecins, spécialisés ou non, pour réduire ces symptômes. On ne trouvait rien de logique, d’alarmant. En France, ma mère m’a emmené chez un docteur spécial, j’étais déjà braquée en pensant qu’il ne pourrait rien trouver, il m’a posé des questions bizarres. Je suis arrivée en colère, renfrognée sur moi-même. Il me demandait combien d’heures je dormais (plus ou moins), si j’avais des difficultés à me laver, faire des choses quotidiennes, etc.

Mademoiselle, vous êtes en dépression. J’avais envie de hurler que non, mes symptômes étaient réels. C’est depuis 3 ans que je ne sais plus si mon corps tombe malade, ou si c’est ma tête qui dirige tout. En occident on considère uniquement le côté physiologique, en Orient on a oublié toute la sagesse qui prend l’homme dans son intégralité.

A l’heure où je vous parle aujourd’hui, j’ai pris 3 anti-inflammatoires, que je ne compte même plus et que je prends comme mes cachets habituels. J’ai le nez bouché depuis 2 semaines, la gorge qui fait mal, les gencives enflammées, mal aux dents, oreilles bouchées, mâchoire qui fait mal quand je l’ouvre, et nerf en dessous de l’oeil qui fait mal. Ah aussi j’ai vu ce soir, une petite conjonctive qui a envie de revenir. Les conjonctivites j’ai commencé à faire ça à ma première dépression diagnostiquée.

Cette fois-ci, je ne suis pas allée chez le médecin. Ras-le-bol, je souffre, tant pis. Ras-le-cul d’être absente, de devoir toujours justifier à mon patron qui ne va plus finir par me croire, de ne pas pouvoir rattraper les cours… Et pourtant je me sens mal, incapable de me lever. Mais je veux aller au bout de cette année, finir mon diplôme et mon contrat, après j’aurais au moins le chômage.

Alors mon corps, que veux-tu me dire encore cette fois ? La mal à dit, d’où viens-tu ? C’est parce que je suis en dépression ? C’est parce que je suis stressée ? C’est parce que le traitement pour la bipolarité m’affaiblit ? C’est parce que je suis trop sensible ? C’est parce que j’ai trouvé le seul moyen pour attirer l’attention, qu’on s’occupe de moi ?

Mais comprendre n’aide pas toujours les choses. Alors oui, je suis malade, je l’accepte, et si mon corps tu veux me dire d’arrêter et de ne plus jamais travailler, je ne suis pas d’accord. Je ne veux pas voir ça comme un combat mais désolée, parfois tu m’y obliges. Je bosse beaucoup moins qu’avant, je fais moins d’activités, je prends mon traitement, je vois une psychologue, j’ai traité ma belle-mère de pute et de grosse merde, ma grand-mère est morte, mon frère s’est excusé, ma mère fait des efforts, j’ai un petit copain que j’aime et qui me comprend et prend soin de moi, je réussis mes études et mon travail. Je ne manque quasi de rien, même si je crois avoir toujours beaucoup manqué d’amour et d’attention.

Mais ce n’est pas valide. Les 2 autres bipolaires que je connais ont été couvés, sur-couvés, ainsi que T. avec une mère envahissante. Elle court, elle court, la maladie d’amour…

Je vous embrasse,

L.

 

 

 

 

 

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