Surdoué, un effet de mode ?

zebra_makeup

Image prise sur ce blog d’une maman surdouée et maman d’un surdoué (parfois on préfère s’appeler zèbre, d’où l’image…) http://les-tribulations-dun-petit-zebre.com/ 

Bon matin cher lecteur,

Oui, il est bientôt 4 heures du matin à l’heure où j’écris cet article Pour la première fois je suis partie au ski avec mon chéri le vilain T. tueur à double personnalité (Hein ? schizophrène bah voyons!) et sa petite famille.

Je trouve les joies d’une famille soudée, avec les « normalités » d’une famille, les codes du ski… J’ai tout pris : les vêtements, le forfait, les cours, les patinettes, une bonne dose de courage et tout se passe bien depuis 4 jours. L’air de la montagne et les activités nous détachent du quotidien et de nos deux dépressions respectives (si vous comptez ça fait déjà 4 personnes, heureusement que T. prend son traitement, oh oh oh !). Aujourd’hui, dans un excès de zèle, j’ai fait un petit tu schuss sur le plat de l’arrivée, c’est ainsi que je me suis écrasée lamentablement avec mon genou qui a fait « clac ». Pas pour le moins inquiétée, j’y suis retournée l’après-midi, sur une piste où je n’avais déjà pas le niveau que j’avais descendu en 1 heure le matin. Cette fois-ci j’ai mis deux heures, déchaussant à la première pente, les « jambes ne répondant plus » et j’ai donc entrepris de le faire en chaussure de ski, et en glissade de cul. T. a essayé de me prendre sur son dos, et finalement est remonté avec une mini-luge qui m’a économisé pas mal de temps. Je me suis réveillée à 2 heures du matin, mal au genou, je tâte c’est gonflé, j’ai mal, réflexe « google » et je m’auto-diagnostique entorse au genou. Je fais donc chier T. en lui demandant d’aller me chercher des médicaments, un support pour surélever ma jambe, je fais du bruit puisque je prends l’ordinateur, je lui demande gentiment « je t’ai réveillé? » (au cas où non, au moins là c’était fait) tout en imaginant toutes les répercussions sur ma vie : arrêt du ski, atèle, arrêt maladie, béquilles, remboursement ? L’école, le travail…

Tout ça pour introduire le fait que j’écrive cet article. Après un peu de 3615 my life permet je pense de situer mon contexte ainsi que mon avancée dans le périple des joies de la maladie mentale, du haut-potentiel…. Bref, quand j’ai envie de me remonter le moral, je vais lire le blog de W. A force de te citer mec tu vas faire une crise maniaque en te prenant pour Dieu mais bon, je prends le risque : https://laviedunbipolaire.wordpress.com/

Et là je tombe sur le commentaire d’un internaute avec qui j’avais déjà eu des débats l’année dernière sur le terme surdoué, probablement lui qui m’a inspiré l’article  « le tabou des mots/maux » : https://bipolaritedouanceschizophrenie.com/2016/01/07/le-tabou-des-motsmaux-bipolaire-schizophrene-surdoue/ J’ai pas tartiné non plus dans cet article pendant des heures, ayant déjà fatigué plusieurs lecteurs, même avisés. Mais s’il faut je le ferai, j’expliquerai point par point, peut être en plusieurs articles car les raisons pourraient peut être être infinies.

Au bout de 500 mots, je peux enfin rentrer dans le vif du sujet 🙂 La principale remarque de cet internaute est l’idée de « la mouvance », « la mode », le fait que l’on puisse être diagnostiqué « sous-doué » et être prix Nobel. Jusqu’ici, je suis d’accord. Il dit aussi que c’est une faille narcissique et affective, une basse estime de soi que de se présenter comme adulte surdoué.

Mais je dis OUI ! Contre toute attente peut être ? Mais pas le oui simpliste car le oui derrière implique des tas de raison. Bien-sûr qu’on se fait du gras et du business sur tout ce que l’on peut, et je suis outrée en France de la formation donnée aux soignants, ainsi que du prix des séances, test de Q.I… Mais cela est beaucoup plus présent, tout comme la bipolarité car « plus reconnu » et « plus véhiculé ». On affine nos recherches, nos étiquettes, nos outils de diagnostic, nos traitements, etc. Et comme dans tout, il y a une part de commerciale que ni je ne rejette ni j’approuve. Mais je pourrais écrire sur l’hypocrisie de la société à rejeter le côté consumériste, je le ferai d’ailleurs, à l’occasion d’une autre entorse….

Pourquoi certains Prix Nobel sont diagnostiqués sous-doués ? La réponse est en fait simple pour quelqu’un d’averti, mais à la fois longue et liée à plusieurs faits. La douance est extrêmement vaste, je n’en suis qu’à mes débuts d’études, mais j’arrive avec mes conclusions et des professionnels à pouvoir cerner quelques « caractéristiques communes ». J’écrirai un article sur « l’intelligence » qui effectivement ne représentera pas, comme pour la majorité des gens « une personne qui a des bonnes notes ». Ce genre de phrases à tendance à m’énerver mais à un point… Comme si la personne me jetait sa connerie à la gueule, ou s’écrivait sur le front « je suis con, et j’en suis fier! » comme si pour moi, c’était évident, mais apparemment pas pour tout le monde. Cette dernière remarque fera l’objet d’un autre article, la frustration du HP, et je n’aurais aucune langue de bois.

Une personne peut accomplir des faits jugés ( et j’insiste sur l’adjectif « jugés ») extraordinaires sans être surdoué. On peut être président sans être surdoué (ah bon?) on peut retrouver des surdoués travaillant à Mcdo, sans le baccalauréat, bref, des préjugés que je vous enlèverai au fur et à mesure je l’espère.

Ensuite, pour la faille narcissique et affective, je présente effectivement deux gros déficits de ce côté-là : ma sensibilité combinée à des facteurs environnementaux ont aggravé ces failles. Je vis constamment en insécurité, je ne crois guère à l’amour, je sens comme un vide immense qui ne sera jamais comblé. Je ne me sens pas reconnue à ce que j’estime être « ma juste valeur », et je suis sensible à toute remarque à mon égard, surtout négative, sur laquelle je vais focaliser. Mais le fait désormais d’en être consciente va me faire avancer beaucoup plus vite, l’année dernière j’ai simplement répondu en contradiction (enfin, je crois). C’est ainsi aujourd’hui qu’au ski, vous m’auriez vu me parler seule, me répétant les mêmes phrases du moniteur de la veille « allez L., c’est bien, bravo ! Et on tourne, voilà, n’oublie pas le buste face à la piste, c’est super… ». Franchement testez, ça marche ! Ou alors au boulot, je bosse comme une acharnée avec de très bons résultats, et, manquant objectivement de reconnaissance, vous me verrez me parler seule à chacun de mes progrès et me dire  » franchement, c’est bien ». Tout ceci montre que je me reconstruis, et non pas que je suis égocentrique en fait. L’estime de soi chez une personne est complexe à définir. L’estime de soi chez un HP est complexe également, mais facilement reconnaissable. Ce sera le genre de personne constamment en contradiction avec elle-même, se surestimant, tout en se sous-estimant. Si si, c’est possible ! J’en suis un exemple vivant. C’est possible et habituel chez d’autres personnes, mais très (trop) marqué chez les HP. Je dirai que j’ai une estime de moi beaucoup plus haute que la moyenne des gens, tout en ayant une estime de moi plus basse que la moyenne des gens. Les deux s’alternant ou cohabitant selon les envies. Tout ce que j’écris mériterait approfondissement et explications, et tant que faire se peut je le ferai. Mais vous avez déjà des embryons d’idées résumées, alors n’hésitez pas à donner votre avis sur les articles, les arguments, ils me feront sans doute naître d’autres réflexions, et d’autres articles qui vous intéresseraient sur la compréhension de quelques notions.

Comme phrase simpliste de conclusion :

  • être surdoué, une mode ? Oui, et non
  • être diagnostiqué sous-doué et prix nobel ? Oui et non

Une des caractéristiques des HP et de ne pas fonctionner sur le mode de pensée linéaire, et encore moins binaire (noir/blanc, dichotomie…) bien que ce puisse être faux de temps à autre car comme T. vous l’a écrit, toujours et jamais sont des concepts qui n’existent pas. Bien-sûr, T. va passer bientôt un test de Q.I. Lors de ma première rencontre, je l’ai diagnostiqué schizophrène, et surdoué. J’attends d’avoir le verdict (les preuves et la science ça rassure toujours) et je mettrais le blog d’une bipolaire, d’un schizophrène, tout deux surdoués.

Perso, je trouverai mon blog et ma configuration, je ferai un article dessus.

Pour la basse estime de soi, elle vient du décalage entre ce qui est « remarqué par les autres » et « vécu ». Vous avez tous rencontré l’intello qui vous foutait le « seum » quand il disait :  » Oh là là, je me suis planté, je vais avoir une sale note.. » et qui avait 19.5/20 quand personne ne dépassait le 5 ? Vous avez raison, j’ai moi aussi une aversion particulière pour l’intello qui je crois, dépasse celle de l’abruti de base. Eh bien non, cette personne là n’est pas surdouée, elle est scolaire. Ce qui en soi, ne représente pas un défaut. Et présentant en fait, une haute estime de soi (tout en côtoyant la basse) car elle sait au plus profond d’elle qu’elle va avoir 20, comme depuis qu’elle a 3 ans, et elle sait qu’elle va le dire devant un public scolaire qui va penser dans sa tête (ouais c’est ça, toujours pour faire sa belle), etc. Je le vis encore au quotidien à 26 ans hein. Voilà mais elle a besoin de se l’entendre dire.

Prenons l’exemple d’une fausse intello (moi) dans la même situation. Je n’ai pas révisé la matière (parce que j’ai déjà séché la moitié des cours, fait ma dépression, environ répondu à 30 000 questions existentielles, dormi, angoissé et m’arracher les cheveux de ne pas pouvoir être scolaire…) bref j’arrive le jour du contrôle, à moitié blasée, pressée d’en finir, avec un devoir que personne n’a quasiment fini. J’ai fini, et 10 minutes avant, partant seule, sans rien dire à personne. Je ne parle jamais de mes notes, ni des mes vraies capacités, je sais que cela ne va servir qu’à énerver l’interlocuteur, c’est vrai que cela pourrait paraître injuste (elle fout rien et elle a des bonnes notes).Dès que vous rencontrez de type de personnalité, « elle-fout-rien-mais-elle-s’en-sort » vous avez probablement un surdoué en face de vous. Statistiquement, il y en a 2 par classe, et je l’ai assez souvent vérifié.

Donc à ce moment-là, quand un pote vient se rassurer, je lui dit tout d’abord de ne pas se rassurer vis-à-vis de moi (je m’en sors toujours mais ça il n’en sait rien) et je lui dis honnêtement ce que je pense : « j’ai pondu une merde, mais j’ai tout fini ». Mais la merde que j’ai pondu, c’est une formule à 13 euros pour le professeur. Je ne l’estime être une merde qu’à mon échelle. Je vois toutes les failles de mon devoir, tout ce que j’aurais pu faire pour l’améliorer, etc. Mais j’ai aussi vu tout ce qu’il fallait faire pour avoir la moyenne, et un petit peu plus. L’estime de soi d’un HP est attaquée par les autres, évidemment, mais surtout par lui-même. C’est la même chose pour tous, et je dirai oui ! Mais la sensibilité étant accrue, ce qui va vous faire stresser va me déclencher un cancer, pour exagérer (quoi que… j’ai mon opinion là-dessus). Je pourrais donc écrire un roman, le double de mes copies pour expliquer en quoi j’aurais pu faire mieux, comment, mesures à long-terme, court-terme, bref…

J’espère ne pas vous avoir trop embrouillés, je peux être synthétique mais justement j’écris avec ma manière de penser, des phrases longues, compliquées, avec le choix d’une volonté de justesse des mots, les blagues qui me viennent en même temps, les 10 000 autres idées…

Sinon le côté synthétique vous verriez quelqu’un qui peut l’être, mais dans ma tête, y a foule. Et je suis pas schizo hein ! :p Je t’aime mon chéri

Je vous embrasse,

L.

 

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5 réflexions sur “Surdoué, un effet de mode ?

  1. Salut, les HP sont nombreux sur le net et dévoilent leurs fonctionnement. Perso ils ont fini par m’énerver donc je suis partie des forums et suite à ma crise j’ai découvert les témoinages de personnes dites bipolaires. Je me suis plus retrouvée là-dedans donc oui, le projet m’intéresse. Je n’aurais pas été bipolaire je ne m’y serai jamais intéressé même de loin. A l’époque je me sentais loin et sûre et certaine de ne jamais rentrer dans cette catégorie. Je pense que beaucoup sont HS et donc même non-bipo ils s’y intéresseront je pense. Oui je vais essayer mais pour l’instant je ne vois pas quoi faire d’autre que témoigner, par ma vie active d’un côté et pas encore prête à dévoiler mon idendité. A bientôt Em 😊

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  2. Tout cela est très intéressant.
    Je me répète peut être, mais je n’ai jamais pu avoir un bon contact avec un HP, je le(a) trouve trop bizarre, ce qui est le comble, car il doit penser en retour que je suis fou, quand je me met à divaguer avec joie…(c’est par exemple le polytechnicien qui a fait le tour du monde, ce qui a été banal, et qui reste simple, en fait, c’est comme s’il s’en foutait…)
    Je me suis donc demandé si l’HP pouvait, qu’il soit bien inséré ou non dans la société (mais pas autiste, il ne faut pas exagerer) s’intéresser au projet de W. sur une HyperSensibilité pathologique.
    Même si tu es bien bipolaire aussi (quel mélange !), et donc HS, évidement, avec tes textes qui l’exprime, j’attends donc ton opinion, car je trouve décidément que le monde des zèbres est secret.
    Je pense qu’avec toi, une grande porte va s’ouvrir dans le salon HS !

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  3. Permets-moi de te dire L. : Reste comme tu es, sois fière de ce que tu es et fais-en une force… Tu es douée pour l’écriture, c’est déjà une grande force, mais tu es capable d’aller encore plus loin quand tu auras quitté tes béquilles ;-)…

    Bon rétablissement pour ton genou.
    Céline.

    P.S : Le rétablissement existe aussi pour les troubles psychiques… 😉

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