Je suis noire.

ob_9076b0_bete-1Je me sens comme une petite boule de suif, toute noire. Une boule concentrée, renfermée sur elle-même. Je viens de rentrer chez moi, j’ai les gencives qui brûlent, le nez et les oreilles bouchés depuis deux mois, les mâchoires crispées. Même si je mets des paillettes sur mes yeux et mes joues, que je sublime le regard par le khôl, il est éteint. Même si je m’habille en rouge vif, que je me parfume, que je me coiffe, que j’effectue ma journée sans (trop) de problèmes, je me sens mal. Je me sens agressée constamment. Par l’extérieur, par les autres, comme si aucune situation était confortable.

Pour m’en sortir, je serre les dents, et je me force à regarder le positif, et j’y arrive. Parce que je me dis « tu es plus forte que tout ça! ». Et je sais que c’est vrai, je sens la flamme qui brûle en moi, mais qui me consume également. Pourquoi je suis constamment en colère, pourquoi je me sens rejetée, jugée, pas bien dans mon corps, trop concentrée, pas à ma place, pas naturelle, pas joyeuse, brimée. Alors j’essaie de toutes mes forces, je souffle et je respire, je pense que je dois travailler sur moi-même et surtout mon ego, je crois que j’ai un problème d’égo et que c’est une partie de lui qui se révèle dans la crise maniaque… Même si la première fois qu’on m’en a fait la réflexion, c’était lors d’une dépression…

J’ai l’impression d’en vouloir à la terre entière, sans savoir pourquoi. Je vais bien, ne t’en fais pas, comme dirait le livre. Logiquement, tout tourne bien dans ma vie, similaire à tant d’autres. Mais c’est comme si j’étais en permanence rongée par des forces obscures qui m’empêchaient de sourire naturellement, et j’entends mon ego toute la journée qui me conduit dans des situations que je ne veux pas, je finis par ressembler aux autres, et c’est ainsi qu’on me fout la paix. Alors, qui est dans le vrai ? J’ai pas assez vécu d’horreurs pour être si noire. J’ai pas objectivement tant de raisons d’être noire, bien-sûr, j’ai passé des moments difficiles, mais doivent-ils me ronger jusqu’à la fin de ma vie ?

Aujourd’hui j’ai bien travaillé, j’ai fait un peu de social souri et même ri avec les … camarades de classe, j’ai même mangé avec eux, eu quelques discussions. J’ai réussi un travail de groupe sans trop d’explosion (j’en ai juste traité 3 de trous du cul. Mais quoi ???) Ce soir T. vient me rejoindre, dans la promesse d’une soirée pleine de douceur et de réconfort dans le monde qu’on se construit. Mais je me sens tirée, aigrie par toutes les pores de ma peau. Je n’ai pas encore trouvée la solution à long terme pour aller bien, mes moyens ne sont que des techniques de survie toujours sur le court-terme, en regardant toujours loin l’horizon, la mer avec le soleil, me construisant mon radeau.

Je suis en colère, je ne sais pas contre qui, contre quoi. Des uns diraient que c’est la dépression, on est tristes ou en colère sans raisons valables. Je n’en suis pas si sûre. Je pourrais presque sentir mon inconscient, à l’intérieur de ma tête, une mer agitée qui veut pousser le barrage et me ramener à la dépression ou la crise maniaque, et moi qui me répète : mais je t’emmerde ! Laisse-moi tranquille, tout est une question de mental, tu n’es que passagère, le soleil se lèvera toujours !

Et oui, ça marche, de se faire mal, encore et encore. Je risque le burn-out, je le sais bien, mais je respecte les principes d’une vie (à peu près saine) et quand la pente sera trop inclinée, je saurais qui appeler ou consulter.

Est-ce que les autres sont comme ça aussi ? Pourquoi suis-je si négative parfois, pourquoi le stress m’envahit d’une telle manière, ce sera donc ça toute ma vie ? Alors je fume clope sur clope pour calmer un peu la douleur, pour me faire mal aussi je le sais. Il paraît qu’on a tous un côté un peu maso, je me complais peut-être dans ma douleur. Mais de qui crois-je que je vais attirer l’attention… Mon blog c’est ma bouée de sauvetage pour rester sur mon radeau. De satisfaire les appétits de mon ego qui pense qu’il doit être regardé, admiré, suivi. Je continue de faire de l’hypnose le soir, vous devriez vous y mettre, ça détend bien et apaise le mental. Je vous expliquerai dans un autre article l’approche que j’en ai.

Vous n’êtes pas seuls. Mais dites-moi que je ne suis pas seule….

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2 réflexions sur “Je suis noire.

  1. Être seul face à soi-même, seul face à ses démons, seul face à son ego tyrannique, seul face à ses angoisses étouffantes, est une expérience éprouvante, à la fois unique mais tellement commune aussi.

    Tu n’es pas la seule L. à vivre dans cette mer agitée… Mais tu es la seule à bord de ton radeau intérieur, la seule à pouvoir le manoeuvrer pour qu’il te ramène sur la terre ferme.

    L’isolement social que j’ai vécu à la suite de mes pétages de plomb m’a fait prendre conscience à quel point ma quête de l’Amour inconditionnel dans le regard des autres est illusoire. Elle me prive de ma liberté d’être et d’agir, et surtout elle m’amène énormément de souffrance.

    Qui peut panser mes blessures intérieures ? Qui peut combler mon manque d’amour ? Qui peut m’encourager au jour le jour ? Qui peut m’aimer malgré mes kilos en trop et mes grosses imperfections ? Qui peut me parler tendrement et me consoler à la moindre tristesse ? Qui peut respecter au quotidien mes pensées, mes humeurs, mes besoins ? Qui peut exactement savoir ce qui me ferait du bien à cet instant ?

    Cet amour pur infaillible et ce soin illimité, personne d’autre que moi-même ne pourra me les donner, même avec le meilleur entourage du monde.

    Je te vois L. depuis mon propre radeau, mais de là où je suis, je ne peux rien faire, je peux juste te crier :

    « Allez L. ! Jette ton boulet ! Ton radeau est en train de prendre l’eau ! », « Je sais L. ! C’est un boulet que tu as depuis des années ! Tu as du mal à t’en défaire ! », «  Moi aussi ! J’en ai un tout noir ! »,
    « Je voulais juste te dire que je suis en train de fabriquer une ancre avec mon boulet ! », « Oui ! J’ai un atelier de chaudronnerie sur mon radeau ! », « Oui, mon radeau est grand ! », « ça fait quarante ans que je suis dessus, il a bien fallu que je l’aménage une peu ! »,
    « Bref ! Pour solidifier mon ancre, je vais recouvrir mon boulet d’un métal précieux qu’on appelle l’Amour de soi ! »,
    « Avec cette ancre, je pense que mon radeau va nettement moins dériver dans cette mer agitée ! »,« Et tu sais quoi ! Quand mon ancre sera jetée, je pense que je vais donner un petit nom à mon radeau ! », « Je vais l’appeler Confiance ! », « Comme ça on me reconnaîtra ! »,
    « qu’est-ce que t’en penses ? ! »,
    « Si l’idée t’intéresse, tu as tout ce qu’il te faut à bord de ton radeau pour construire ton ancre ! », « Un boulet, de l’Amour de soi, du temps de séchage et pour l’atelier de chaudronnerie, il est dans ta conscience ! » 😉

    Céline.

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