Je suis Colors.

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Caractéristique d’humains : la variabilité d’humeur.

Un jour noire, un jour colorée. Je suis très sensible aux images, surtout celles qui sont colorées avec des effets numériques. D’ailleurs j’envisage de tâter un peu Photoshop, si des amateurs passent ici et ont quelques conseils je suis preneuse 🙂

Je suis en dernière année d’école de commerce, âgée de 26 ans, avec des camarades de classe d’une moyenne de 20 ans et pour la plupart à fond dans la société de consommation, communément appelés de type « fils à papa » arrivant avec des BMW garées à côté de mon épave de 1998. Les clichés n’existeraient plus si nous ne continuions pas à les alimenter…

J’ai réussi à m’entourer de quelques « différents » afin de pouvoir échanger de manière plus constructive et alléger ces journées d’école qui me semblent lourdes. A l’occasion d’un nouveau cours vendredi, avec un nouveau professeur, il nous a demandé de nous présenter. C’est un exercice que je fais depuis de nombreuses années, et cette fois-ci, j’ai décidé d’appliquer les conseils qu’on m’a dispensé. Ne formuler qu’en termes positifs, sans commentaires de ma part. J’ai rajouté être naturelle pour ma part, et puis dévoiler enfin l’intégralité de mon parcours, j’ai fait fi de l’image que j’allais donner : une prétentieuse, une mythomane, une hyperactive. Je suis partie du principe que depuis des années, j’infuse autour de moi deux types de réactions « bipolaires » 😉 Communément le « ça passe ou ça casse » prend tout son sens. D’un côté, les gens peuvent aimer ma personnalité, pire, basculer dans une sorte de fascination et d’adulation. De l’autre côté, ma démarche, la première fois que j’ouvre la bouche, ils me détestent à un point physique et mental que je ressens et parfois au point d’essayer de me harceler et de me faire des coups bas pour me faire chuter. Vendredi matin, je me suis réveillée en pleine conscience en me disant : une bonne partie me déteste déjà pour la moitié de ce que je suis, et je me sens mal d’être qu’une pâle copie de moi-même, alors vulgairement, je les emmerde, et je suis moi-même. Résultat ? A la présentation de mon parcours, quelques autres différents sont venus avec les yeux illuminés me demander comment j’ai pu faire tant de choses, que c’était passionnant, etc. Puis j’entendais l’autre moitié grommeler  » pfff c’est parce qu’elle a 26 ans », des rires étouffés, et encore plus d’éloignement. Le professeur a dit  » je t’embauche ! » devant les 39 autres élèves. Voilà toute la différence. Être seule, oui, et j’en ai de la peine. Mais pourtant être moi-même a toujours été garant de mon succès, et chaque jour où je me raisonne à être moi, la vie me le prouve. Mon camarade qui illumine un peu mes journées est venu comme d’habitude me demander pourquoi je n’ai pas expliqué tout mon parcours dès le départ. Pourquoi, pour me faire détester d’avoir des compétences ? Non, inutile, puis ça me permet de trier les gens qui jugent sur les apparences. Puis il a continué son sempiternel  » je ne sais pas comment tu fais pour faire autant de choses à la fois, puis ton travail, tes notes… » j’avais fini par lui confier que j’étais bipolaire. J’ai donc répondu que j’étais bipolaire et que dans les phases hautes j’étais plutôt stimulée et hyperactive. Mais cela n’a pas suffit, il m’a dit non ça n’explique pas tout ! OK, je te confie mon second secret, mais n’en parle à personne « je suis surdouée ». J’explique en bref que cela ne signifie (je suis pas un génie, je suis câblée différemment) pas que je vais tout réussir mais que dans certains domaines je vais apprendre vite, être compétente, et puis je vais penser d’une manière différente, en général à l’opposé de l’avis commun, ce qui me réduit à une grande solitude.

J’ai rajouté que je n’avais pas tout dit, il a voulu savoir. Il a fini par me dire que j’avais quand même un sacré ego. Voilà la raison principale pour laquelle je ne raconte pas qui je suis, la réaction habituelle, et normale je dirais presque, ou en tout cas majoritaire, est de se sentir complexé face à ce genre de déclaration. Ce qui différencie selon moi les winner, les malins, ceux qui vont avancer dans leur vie, sont les gens qui vont s’intéresser aux types de personnalité qui sont jugés « meilleurs » sans éprouver un manque de confiance en soi qui s’aggrave. Ce n’est pas facile, je le sais, mais essayez d’apprendre des personnes que vous admirez, et que probablement vous détestez. Ce sont des humains comme vous, mais ils ont eu le déclic. 

J’ai poussé ma réflexion pour répondre à son doux rêve « j’aimerai être comme toi ». Qu’est-ce qui t’en empêche, man ? Je te livre mon grand secret, qui est en fait accessible à tous. Toi lecteur qui lit jusqu’ici, tu es déjà courageux, je te l’ai déjà dit 🙂 J’envisage toutes les personnes sur terre avec un potentiel illimité, y compris moi. Ce potentiel là n’est jamais exploité, car la plupart du temps on n’en a pas conscience, et l’entourage et la société t’encourage à le brimer et à te laisser dans la fange, c’est rassurant : ne sors pas du rang mauvaise herbe ! Donc pars du principe que tu as un potentiel illimité, et fais taire ton ego qui est en train de te dire « non, tu n’en es pas capable, bullshit ». Deuxièmement, et tâche la plus ardue qu’il soit, et donc je souffre encore : vis ta vie comme si le regard des autres n’existait pas. Ainsi tu vas oser, sans freins, développer et affirmer ta personnalité et découvrir que ta vie avance exactement dans le bon sens que tu souhaitais, rapidement, avec le regard d’enfant qui découvrait le monde.

La baguette magique n’existe pas, ce sont ce que tous les psychologues vous diront. Et c’est vrai, sinon tout le monde serait heureux, moi compris. Vendredi j’ai sorti le « tiger« , je l’ai appelé ainsi. Cette force animale, ce tigre prêt à montrer les dents, sans raison d’être que d’être le plus fort, car l’intelligence ne m’aide souvent pas face aux bonobos (nom affectueusement donné par T. aux humains que l’on nomme en général « connards »). J’ai donc sorti le tigre, fier, sans peur, et j’ai même fait face aux vipères qui m’emmerdaient en les traitant en face de « trou-du-cul ». J’ai momentanément oublié que c’était des êtres humains dotés d’une faculté à l’intelligence, et le tigre a plutôt bien marché : j’ai gagné la majorité du respect, du professeur certes, mais de la savane. Les fourmis, les renards, les paons, etc. ont enfin accepté le tigre qui se montrait tel une grenouille et trouvé auprès de moi une sorte de force surnaturelle et rassurante à la fois. J’ai accepté le fait que nous ne réagissions tous pas par intelligence, et que parfois je devrais faire appel à mon tigre, violent, primaire, mais qu’il sera nécessaire d’appliquer la loi du plus fort.

C’est par ce genre de succès que se bâtit la confiance en soi. Les psychologues, les coach, les managers avertits, les gens aux destins-hors-normes vous le diront : une fois que vous lâchez vos freins, vos blocages, que vous vous développez vous-même, vous pouvez, on s’en fout d’avoir un destin hors-norme ! Avoir juste ce que vous souhaitez. Osez être différent, chérissez votre bipolarité, chérissez votre douance, chérissez vos manières de pensées outrageuses et ombrageuses, elles font de vous ce que vous êtes et quand vous les vivrez à 100% vous toucherez peut être du doigt ce qu’on appelle la liberté.

Votre différence est votre plus grande force. Vous n’êtes pas prétentieux, vous savez simplement qui vous êtes.

Mille baisers,

L.

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4 réflexions sur “Je suis Colors.

  1. Pingback: Première création Photoshop. | Blog d'une bipolaire, surdouée et d'un schizophrène

  2. En fait, le piège douloureux, c’est quand on se met à croire trop fort qu’il y a distinctement quelque chose comme un intérieur du Jeu et un en-dehors du Jeu, parce qu’alors, même si on s’en tient à l’écart en crachant dessus, on continue en fait à « jouer le jeu », à « faire le jeu de… » et ça n’en finit pas.

    La roue tourne, je crois bien, le jour où on pige que ce qui fait que le jeu est jeu, c’est qu’il a des règles ; mais que si ce jeu est bien ce qu’il est, un jeu, on doit forcément pouvoir aussi s’y « amuser » d’une manière ou d’une autre ; soit qu’on apprenne habilement à tirer parti de ces règles dans la limite des mouvements qu’elles permettent, soit, sommet de l’habilité, qu’on finisse par saisir assez complètement l’esprit du jeu pour non seulement maîtriser instinctivement ses règles mais les infléchir ; voire casser la gueule à tout le jeu lui-même mais je ne suis pas sûre que ça justement ce soit véritablement le fait d’un joueur habile.

    La contrainte est la plus intime alliée de la créativité, sinon du génie ; et je crois qu’accepter le jeu, c’est moins « l’accepter » en fait, au sens de s’y résigner, que le prendre à l’oblique, comme un ensemble de règles qui n’ont de sens qu’à être pratiquées, vécues, rodées, tordues ; et non pas suivies, déroulées avec une froideur informatique : on préfère toujours jouer aux échecs contre un adversaire de chair que contre un ordinateur.

    Je crois que c’est par excellence le don en sommeil qui échoit aux créatures sensibles ayant toute chose mécanique en horreur ; pour autant qu’elles décident de pousser jusqu’au bout l’élan de lucidité par lequel elles en sont venues à s’extraire du Jeu et le mépriser, et qu’elles finissent par comprendre en quoi il leur est possible de transformer cet écoeurement où les plonge le fait de comprendre trop vite et trop tôt « où les choses et les gens veulent en venir » et le sentiment d’absurdité qui va avec : ce don c’est celui d’être des joueurs créatifs. Des artistes plutôt que des techniciens. D’incurables vivants plutôt que des droïdes, et ce don de l’oblique, qui le devient potentiellement après avoir été une malédiction, peut s’étendre à tous les domaines de l’existence, devenir une « philosophie », y compris dans les relations avec les… « bonobos », hihi ^^

    Manipulation ? Naaaah. De l’ââârt. Pas pareil.

    Et non je n’écris pas autre chose que ce genre de commentaires bavards sur les forums et les blogs des autres, et dans des notes qui me tiennent lieu de journal et me servent à prendre soin de l’illusion nécessaire que ma vie a une espèce de consistance narrative. 🙂
    Comme à peu près tout le monde, je caresse l’idée d’un blog, mais tu as écrit un article sur le perfectionnisme, et tu vois déjà où est mon problème.

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  3. Tu peux squatter mon blog sans souci 🙂 C’est un très beau commentaire que tu as fait, digne d’un article entier. Tu écris de ton côté ? En tout cas il décrit bien nos situations. Oui, il faut jouer au jeu, T. est encore malade de ce jeu et refuse d’y jouer, je le comprends. Pourtant il ne pourra pas inlassablement rester inerte face aux boutades, aux humiliations, de peur de s’affirmer ou de choquer. Alors je lui propose des petits exercices tels des insultes. Puisque les bonobos se font respecter par les insultes, autant les insulter. Ce n’est pas agréable de jouer au Jeu, mais j’essaie d’y voir les aspects positifs mais pour le coup mesquin. Ce sentiment pour une fois de leur avoir cloué le bec, et l’espérance que l’avertissement a été assez bruyant. Sinon, aucun problème, la prochaine je rugis plus fort. Vivre les tigres et les zèbres ! On a en commun les rayures 😉

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  4. (La meuf qui squatte ton blog, tsé… nan il me donne la patate, il rappelle mes zébrures à leurs possibles couleurs ; je crache pas dans la soupe).

    Ça me rappelle de très près ce que je vis cette année où je reprends mes études à la fac. Moi qui avais pris le pli trop systématique de me poser en victime et qui d’ordinaire avais une tendance maladive à m’auto-ostraciser dès le départ, après trop de tentatives infructueuses pour m’intégrer, épuisée de déclencher sans cesse et malgré moi des réactions d’adulation ou de rejet aussi lourdes les unes que les autres, j’ai réussi un peu à faire tourner la roue.
    Je l’ai jouée plus fine, cette fois ; en fait j’ai tout simplement accepté, dans une certaine mesure, de rentrer dans le Jeu ; l’effrayant étant que je peux être une joueuse assez redoutable, quand sort de sa tanière celle que moi de mon côté j’appelle la « lionne ». Amusant que la symbolique du fauve nous vienne à l’esprit presque inévitablement.

    En fait, une fois assimilé dans les larmes et le sang le principe comme quoi les lois de la société – de toute société, micro ou macro – sont réellement impitoyables, on finit par comprendre que refuser en bloc le Jeu revient à peu près à un suicide ; à petit feu et éventuellement à plus grand. Alors on comprend qu’on a tout intérêt à rentrer de son plein gré dans l’arène et à provoquer soi-même le sort plutôt que de le maudire en s’y laissant de toute façon traîner.

    Si j’y ai pris des gnons, autrefois, dans l’arène, c’est qu’on me repérait instinctivement, et malgré mes airs de brebis asthénique, comme une menace ; ce pour la raison – qui devait ne m’apparaitre que bien plus tard – qu’il y a au monde ceux qui subissent les décrets divins et ceux qui jouent avec. Et c’est que ces derniers sont dangereux, en effet, les bougres : faites les entrer dans le jeu, ils font danser les règles ! Ils entrent, ils sortent du jeu, ils tournent autour, mettent un petit coup dedans, paf. Infichus de laisser les autres joueurs en repos ; c’est que profondément ils les inquiètent, car en fait, voyez-vous cela : il semble qu’ils jouent à jouer. Et soudain – vertige ! – on ne sait plus bien où la mascarade s’arrête, qui est du bon côté… s’il y a un bon côté.

    Chassez-les, renvoyez-les à leur sauvagerie, ils deviendront sauvages, en effet ; ils iront puiser dans le désert de quoi nourrir leur noblesse, et ils reviendront chez vous le visage affable, mais l’oeil fauve. Voilà la lionne quand elle se dresse ; elle joue à jouer qu’elle joue, et dans sa mascarade à elle il y a tout le sérieux du monde, celui qui s’est nourri des rudesses du désert ; imperméable au cynisme. Ce sérieux-là, les hyènes en meute s’y cassent les dents, parce qu’il est en réalité tressé d’un rire bien plus sûr que le leur.

    Rien n’a changé en soi cette année par rapport aux autres années : comme toujours, on me déteste ou on m’admire ; comme toujours un espace glacé me sépare des autres, une chaleur souterraine m’en rapproche. Mais à présent, sauf à être une âme valeureuse qui appelle mon respect (et mes ronronnements), on ne peut plus me tenir sous sa règle du Jeu. Chassez-m’en, j’y suis encore ; ralliez-m’y, je n’y suis jamais tout à fait.

    Bonsoir les lionnes, les tigres, les pumas, les panthères, les tout-ce-que-vous-voulez qui rampe parmi les hautes herbes, et qui rugit au crépuscule ! 🙂 ROARRR

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