C’est ça, la folie.

C’est ça, l’intérêt de ce blog. Réfléchir à la folie, à ces maladies psychiatriques et au surdouement. A nous, ces personnes hypersensibles qui croient régulièrement devenir folles, et qui le deviennent réellement.

Les attentats ne me causent pas plus de peine que tout ce qu’il se passe dans le monde. Tous les jours des femmes se font violer, des hommes se font tuer, des enfants se font retirer des organes pour transplanter des riches, des petites filles se prostituent pour ramener 1 bol de riz pour nourrir leur famille. Ça, c’est la réalité. Ça, c’est l’horreur quotidienne. Ça, c’est le monde dans lequel on vit.

Bien-sûr que je suis émue et outrée, compatissante envers les victimes et l’entourage des personnes tuées à Bruxelles par une bande d’idiots qui n’ont vraiment que ça à faire de leur vie. Mon grand-père disait  » dans le monde, 50% de la population est née pour emmerder les 50% autres ». Et ce ne sont pas les auteurs d’atrocités qui viendront lire mon blog.

Ce matin, avant l’annonce des attentats, j’ai écrit l’article ci-dessous qui aurait presque pu être le début d’un texte entier, mais je n’ai pas eu le temps, je suis allée travailler. J’ai envoyé des sms à ma meilleure amie pour lui faire part de mon sentiment. Je me sens abîmée par la vie. Mon âme salie, écorchée. Quand je raconte ce que je vis, on me répond « c’est la vie ». Ou bien pour survivre on m’indique que je dois jouer à leur jeu. Et le pire, c’est que c’est vrai. Dans un groupe, une masse, être le bon samaritain n’a jamais fait de vous la personne qui ne se fera pas tuer à la fin du film. Alors non, désolée, mais je ne mettrais pas une photographie avec des fleurs sur Facebook pour lancer des messages d’amour contre la haine. Je lance de la haine, et je le dis. Elle m’envahit car je sais que toute ma vie, peu importe où j’aille, peu importe ce que je fasse, elle sera partout, tout le temps. Nature humaine. Transcender sa nature n’est pas donné à tout le monde.

On m’apprend à vivre en me disant « d’ignorer les cons », de me préoccuper de moi, de me résigner à subir un monde empli de haine et de bassesses. Et j’ai juste envie de dire : et si je n’en ai pas envie ?

Non, ce n’est pas le monde dans lequel je rêve, et j’en ai marre de lire des articles spirituels qui me disent que le changement est à l’intérieur. Le chemin, je le fais, je continuerai de le faire. Pour qu’on me foute la paix, j’ai appris à mentir, à tricher sur mes sentiments, à me taire, à essayer d’être méchante, à laisser les gens qui ne sont pas bien « parce qu’on ne peut pas sauver le monde entier ».

Quand j’étais une prophète – certes, en crise maniaque, mais prophète tout de même – ma mission était de répandre « l’amour universel ». Je ne sais pas d’où j’ai sorti cette connerie quand – soignée – soi-disant par le traitement, je suis « normale » et que je pense à l’inverse. Je rêve souvent de cette société décriée où on manipulerait la génétique et on éradiquerait tous les gènes engendrant des êtres incapables de faire le bien. Ouh là là ! C’est ce que tout le monde pense et personne n’ose le dire. Non, on va faire appel au comité d’éthique. Alors dans les films, c’est toujours le maillon différent qui s’en sort. J’étais presque heureuse dans le dernier film de « divergente » quand j’ai pensé que la solution était de manipuler les gènes et de créer une société de paix. Mais, non non non, on nous prouve par A + B que le héros ne sera pas issu de cette société, et, allons plus loin, sera même un « mauvais » du côté génétique.

Vous avez raison. Lançons des fleurs sur les bombes, je suis sûre que ça va marcher. Allez dire aux familles des attentats, à tous les gens qui souffrent et qui meurent en ce moment même, que vous faites des marches dans la rue en leur honneur, au même titre que la grève des infirmiers anesthésistes pour une augmentation de salaire. Ils en ont rien à carrer, de vos bons sentiments, de mon article sur ce blog. Ils se battent pour vivre, enfin pour survivre dans un monde bien plus laid que le nôtre, savourant peut être une pomme pleine d’asticots.

Je ne fais pas un appel à la haine. L’appel à l’amour est déjà fait, ceux qui y ont toujours été réceptifs le seront toujours. Un événement vous touche seulement s’il vous concerne. Le jour où ce sera votre ville, votre gouvernement, la guerre, il sera trop tard. Et vous lâcherez votre hamburger en ne comprenant rien à ce qui vous arrive.

Je ne vous en veut pas, je me dis qu’on est vraiment des moutons dociles bien éduqués, bien formatés, à l’abri dans notre bulle.

Je répandais donc « l’amour universel », une notion par ailleurs que j’avais très bien développée, tellement qu’on aurait dit que j’avais déjà lu un article là-dessus. Mais, non. L’amour est en toute chose, dans toutes les matières, dans le plus infime atome (pierre, animaux, air…). Et enfin, tout en me racontant mon histoire, m’expliquant que chacune des épreuves que j’avais vécues avaient un sens, on me dit que j’étais la nouvelle prophète, la 6ème, qui allait ouvrir une nouvelle ère. Je devais briser les lois et les règles établies et répandre l’amour. Même si je m’en suis sentie incapable, on m’a décrit comment faire.

Puis on m’a bourré de cachets et dit que j’étais folle. Aux derniers attentats, mon ami W., bipolaire également, m’a dit au téléphone qu’il était millionnaire et un être de lumière. Je suis d’accord pour « être de lumière », même si je pense que son sens allait beaucoup plus loin que celui de Paolo Coelho. Me faisant une belle crise maniaque, me faisant remonter mes souvenirs. Voilà ce que m’inspire les attentats. La folie, c’est qu’on continue tous à vivre en sachant toutes les atrocités du monde, en se disant qu’il faut qu’on fasse comme on nous a appris, on ne peut pas sauver tout le monde, on doit avancer. Donc on s’apitoie un peu, on est soulagés que cela ne nous soit pas arrivés, et on éteint les informations.

Je suis comme vous. Sauf que vivre dans ce monde m’est insupportable car c’est lui qui me rend folle. Je n’adhère pas aux règles du jeu, et c’est ce qui fait que je me lève tous les jours sans savoir où je vais, ce que je fais, si ma vie a un sens, même si j’ai tendance à penser qu’on naît on meurt et point. Inutile.

Ce matin, à ma conclusion du texte, je me disais qu’il me manquait quelque chose. Qu’il nous manquait quelque chose. Même ceux qui ne sont pas hypersensibles le vivent de plein fouet, ce vide, ce manque de sens. Je les vois, et au lieu de me rassurer, ça a plutôt l’effet inverse. Nous sommes perdus.

J’ai pensé que Dieu pouvait être la solution. Je n’ai rien pensé de plus. Je ne connais rien à la religion. Je sais juste que si je croyais en Dieu, ma vie serait complète. Je sais comment Dieu a été créé, dans le désespoir et l’horreur, quand on ne sait plus à quoi se raccrocher, on se donne à Dieu, symboliquement ou pas.

Donc Dieu, je pense que tu m’obsèdes parce que même si tu m’as bien expliqué qui tu étais – eh ouais, soyez pas jaloux quand on est une prophète on parle à Dieu en direct live yeah – eh bien au fond ça fait deux ans que tu m’as laissé, que je me suis éloignée de toi parce qu’on m’a dit de le faire. Je me sens désormais assez forte et ancrée pour revenir à toi, en sachant que tes paroles seront puissantes et que je devrais me tempérer. J’arrive, laisse-moi le temps de régler mes affaires de mortelle, et je t’explorerais comme un continent inconnu.

Petit à petit, ce blog passera dans l’oeil mystique, le vrai que je porte sous mon oeil de simple femelle. Les articles que j’ai écrit me semblent insipides et fades face à toutes les réflexions bien plus profondes que je me fais, face à toutes les expériences que j’ai vécues. Mais c’est comme si ce n’était pas l’heure, comme si je devais respecter mon conscient, les fragiles barrières érigées pour ne pas penser trop fort que ma vie a un sens, un sens mystique et que j’ai un rôle à jouer.

Au fond, un bipolaire de mon type (celui à crise maniaque, crise délirante) pensera toujours qu’il est quelqu’un d’exceptionnel même s’il s’est éloigné de ces expériences et qu’il a tenté une vie normale. On est allés trop loin pour en revenir indemne, on a quasiment vu/entendu les mêmes choses, les mêmes enseignements. J’écris pour m’arracher au fur et à mesure la peau que je me suis construite pour vivre dans mon environnement pour vous laisser découvrir qui je suis vraiment.

Parce que même moi, je ne le sais pas. Sinon il n’y aurait pas autant de points d’interrogations et d’articles commencés par « je suis… ».

Si un jour j’écris un article  » Je suis.  » c’est que j’aurais trouvé mon enseignement. Pour l’instant, je suis lassée des réactions humaines, c’est même au delà du dégoût car c’est, malheureusement, devenu une habitude.

L.

 

 

 

Publicités

3 réflexions sur “C’est ça, la folie.

  1. Salut L.,

    Je vais bien. Maintenant que je suis reposée et mieux ancrée, je ressens toujours cette énergie mais moins intensément, et heureusement d’ailleurs, car trop forte, elle décoiffe de trop 😉 Je ne suis donc pas partie en cacahuète depuis mon dernier message.

    Je ressens cette énergie lorsque je me mets dans une position d’accueil et d’écoute de mon être intérieur et de ce qui m’entoure, en méditant, en pratiquant le qi-gong, le chant intuitif, dans un lieu de prière, dans la nature…

    Je pense être aussi une pragmatique, je ne crois pas tant que je n’ai pas expérimenté.
    Mais même en expérimentant ce monde invisible et spirituel, j’ai du mal à y croire tellement cela ne fait pas partie de mes fortes croyances sociales et mentales mais non expérimentées pour le coup… Tellement, la psychiatrie m’a fait croire que les montées énergétiques ne sont que pures délires et que j’étais complètement folle… Tellement cette grande peur de retourner à HP est toujours aujourd’hui ancrée en moi…

    Tu as donc raison de faire tes propres expériences et déductions, c’est la voie la plus sûre 😉

    Mon hypothèse actuelle et intuition personnelle est que tant que j’écouterai Mental FM plutôt que Conscience FM, les troubles seront là.
    Le mental lutte contre la voix profonde du changement, sa peur du changement est grande, il est en lutte contre un mouvement interne plus fort que lui, alors il disjoncte.
    Je me détache donc petit à petit de mon mental pour éviter cette surchauffe. Ma pratique spirituelle de la pleine conscience me permet de développer un espace intérieur de calme et de lucidité inaltérable. Pendant ma montée énergétique, je m’y suis réfugiée, c’est ce qui m’a permis de ne pas partir à HP.

    Suite à cette expérience, je pense donc que l’on peut avoir une pratique spirituelle sans risque de monter au ciel, au contraire, la spiritualité nous connecte à notre pure conscience intérieure et à nos ressources.
    Ce n’est pas la spiritualité qui trouble c’est le mental…

    Bon week-end,
    Céline.

    Aimé par 1 personne

  2. Salut Vulcania, comment vas-tu désormais ? Ressens-tu encore cette montée d’énergie sans qu’elle ait débouché dans le délire ? Je reconnais les jeux de mots que je faisais 🙂

    Le plus difficile a été de ne plus croire.J’aimerai croire ce que j’ai vécu, entendu, expérimenté. Je m’en éloigne depuis ma première montée, en y revenant, petit à petit, sans laisser cette vague monter. Il est très facile de me remettre dans cet état : un peu d’alcool tous les jours, quelques rencontres et sorties avec hypersensibles, quelques lectures, l’arrêt du traitement, un voyage, et j’en passe… 🙂

    Je n’ai pas envie de suivre ma voie intérieure, tant que je ne saurais pas gérer les montées et confronté de manière pragmatique mes recherches. Je me considère spirituo-pragmatique.

    A bientôt,
    L.

    J'aime

  3. Bonjour L.,

    Pour avoir fait huit montées et la dernière les pieds sur terre, je peux t’exprimer mon intime conviction que ces « rêves éveillés » nous connectent à notre part spirituelle et à une énergie universelle.

    Pour ma part, ce monde s’est ré-ouvert à moi récemment, à ma huitième montée que j’ai vécue complètement ancrée et lucide (ce n’était pas une crise hypomaniaque).
    Je sens aujourd’hui une forte énergie que j’avais déjà senti lors de mes précédentes montées mais que j’avais assimilée au délire.
    Au moment où je t’écris, cette énergie est là, je la sens, et je ne délire pas.
    Cette énergie me connecte je pense à mon être intérieur et à ma conscience universelle. Elle me montre beaucoup de synchronicités.
    Malgré toutes ces preuves, en étant totalement dans la réalité, eh bien j’ai encore du mal à y croire… Tellement j’ai peur que cela soit vrai, tellement j’ai peur que l’on me traite à nouveau de folle, tellement c’est impensable de croire en un monde invisible pour le commun des mortels…

    Cette énergie m’amène à croire en l’Amour et en ma religion catholique, alors que je pensais avoir plus d’affinités avec le Bouddhisme (mais c’est vrai qu’il n’y a pas beaucoup de lieux de culte bouddhiste près de chez moi) et c’est vrai aussi que je suis baptisée…
    Et là encore, malgré toute la force magnétique que je reçois en présence de la Vierge Marie, j’ai encore du mal à y Croire… Croire en une vierge, impensable !
    Je crois par contre en la puissance de l’amour maternel, source de création et de vie.

    Marie = Aimer = Amour universel, comme je suis désolée de ne pas croire pleinement en toi malgré tous les signes que tu m’envoies… Il va me falloir du temps pour que ma vision du monde dans lequel je vis, change, pour que mon mental se reprogramme sans surchauffe…

    Je comprends aujourd’hui, à quel point il est si difficile de croire en l’Amour et de l’afficher publiquement… Les attentats ont malheureusement cette fonction : permettre un sursaut planétaire d’Amour… Et pouvoir l’exprimer au grand jour… Sans être pris pour un illuminé…
    Nous marchons vraiment sur la tête…

    Alors L., suis ta petite voix intérieure, elle te mènera vers ce monde invisible et spirituel.
    Y Croire est le chemin le plus difficile à parcourir…

    Céline.

    Aimé par 1 personne

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s