L’engagement.

Je crois qu’une des facultés d’un être hypersensible, c’est de vivre tous les événements de manière intense. C’est-à-dire qu’un événement, anodin pour certains, va susciter chez nous des réflexions philosophiques.

Oui Madame (ou Monsieur). Il m’arrive dès le matin de philosopher avec mon pauvre chéri T. qui heureusement, tout schizophrène qu’il est, philosophe également.

Je philosophe donc ce soir sur l’engagement.Vous allez voir de quoi je suis partie, de base… 🙂

Il y a  3 ans, j’ai pris un « engagement« . Avant de savoir que j’étais bipolaire , je sentais déjà que j’avais du mal à m’engager. Je ne supporte que très peu la monotonie, pire, la routine. Il est arrivé un moment de ma vie où j’ai eu dû mal à rester plus de 2 ans dans la même ville, voire le même pays. Je change également de relations, amicales, amoureuses, même si ces dernières sont plutôt longues ( 5 ans pour la dernière ). Les études furent inachevées, fauchée par la dépression (certainement voulu inconsciemment de ma part). Je me suis donc réorientée dans deux ans d’études, que j’ai validées. Avec la crise maniaque au milieu, la dépression et l’envie de tout arrêter. J’ai fini, j’ai été diplômée, mais me voilà engagée cette année dans une nouvelle voie, et j’ai déjà envie d’en sortir.

Le premier réel engagement que j’ai pris est un prêt étudiant. De 20 000 €. Je vous avoue en partie pour avoir la paix avec ma mère et aussi parce que je culpabilisais qu’elle m’ait payé mon ancien appartement et mes premières études. Et, troisième raison, la volonté d’un engagement. Par anticipation #jemeconnais je me suis dit que si je  contractais un prêt étudiant, je ne pourrais pas abandonner mes études aussi facilement. Et j’ai eu raison. Et tant mieux. Et je dois continuer à travailler tous les mois pour pouvoir le rembourser.

Cette année, j’ai encore failli abandonner. Le premier jour de cours en 3ème année d’économie (j’y suis passée direct avec une équivalence) je suis subjuguée par tout ce qu’on nous demandait sur l’année, avec « la mise en pression » : alternance et cours, mémoire, travail de groupe, challenge commercial, jeu de gestion, prise de parole en public..

Je m’en suis sentie tout bonnement incapable, alors que j’étais encore bronzée et stimulée par l’été, vivace. Le premier cours je me suis barrée pendant que le prof n’était pas là sans justifier mon absence, je m’endormais et tout s’embrouillait dans ma tête. Mais qu’est-ce que je fais là ? Il est encore temps de tout abandonner. Mais pourquoi faire ? Et j’ai mon chéri, et j’ai mon prêt… J’envoie un texto à T. et à N. pour les informer que je vais sans doute abandonner, et je demande à ma mère ce qu’elle en pense. Elle me rassure en me disant qu’à partir du moment où je rembourse mon prêt, elle s’en fout. J’ai de la chance de l’avoir aussi terre-à-terre, elle m’aide à ne pas m’apitoyer et me considère tout à fait normalement, pas de chouchoutage. Je suis élevée de cette manière depuis enfant, même si je peux compter sur elle en cas de grand trou financier.

On s’est vus attribués une « coach » qui nous suivra tout le long de l’année pour nous aider à nous orienter. Elle m’a rassuré, elle a partagé le même genre d’expériences professionnelles. Je lui expliquais que j’avais peur de ne jamais m’intégrer nulle part que là-bas. Au final, après discussion, je suis restée dans mes études actuelles. J’ai failli abandonner une seconde fois, en décembre. Je ne me levais plus pour les cours ni pour le boulot. J’ai encore surpassé cela. J’avais même décrété ne plus pouvoir travailler, prendre le statut handicapé, toucher l’allocation prévue à mon effet, 800€ par mois et ne rien faire à côté. Je ne l’ai pas fait, mais me renseigner a permis de me rassurer. Je me suis sentie incapable d’assumer encore une vie « normale ».

Et pourtant, je le fais. Alors vous vous doutez bien pourquoi je choisis l’armée, vous le voyez venir le gros camion 😉 … Je pourrais rester dans mon boulot actuel si j’en ai la volonté et que je me donne les moyens. Je pourrais faire évoluer mon salaire, mes missions avec le temps. De plus, j’aurais plus de chance d’espérer vivre avec mon chéri qui n’est pas si loin. Je prends mon temps pour faire le choix de l’armée, mais si je m’engage, c’est pour minimum 5 ans. Et ça, les gars, ce sera bien la première fois.

Bon. Revenons à l’inspiration de cet article. Aujourd’hui, une nouveauté dans ma vie : j’ai accueilli mon petit chat ! 2 mois à peine, je l’ai pris dans sa caisse et voilà elle est arrivée dans sa nouvelle maison. D’ailleurs elle est un peu trop à l’aise, on devrait s’entendre elle et moi 🙂 Je philosophais dans la bagnole (oui, une commerciale fait beaucoup de route) en me demandant si j’allais l’aimer. Je me remémorais que certains chats pouvaient vivre jusqu’à 20 ans. Je vais donc me la taper, pour le meilleur, jusqu’à 46 ans ! J’ai pris un coup de vieux de me dire que cette mini-crotte sera encore avec moi dans 20 ans. Et que ce genre de décisions ne doit pas se faire à la légère.

Puis je me suis mise à réfléchir aux enfants. Comment naît l’amour des parents envers les enfants ? Désolée si la question peut paraître puérile, mais je n’ai pas le sentiment que mes parents m’aiment comme je vois les autres parents. Est-on obligé d’aimer ses enfants ? Peut être qu’on ne s’entendra pas du tout avec cette création d’humain qui peut être totalement différente de ce que nous sommes malgré son origine. Je cours lire des témoignages sur gogole « je n’aime pas mon enfant » et je vois plein de parents témoigner.

Voilà, j’ai un autre engagement, une petite boule de poils qui dort sur mon lit, et un prêt. Petit à petit j’essaie d’en faire, surtout des choix sur lesquels je ne peux pas revenir. Je ne pense pas que changer constamment soit un signe de bonne santé mentale, même si ma psychologue qui m’a fait mon test de Q.I m’a dit que je changerai tous les 2 ans d’activités. J’ai aussi envie de me reposer, ce n’est pas si simple avec mes variations d’humeurs, un jour normale et ambitieuse, le lendemain au fond du trou. Alors le seul mot qui me vient c’est : patience.

L.

 

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