La quête de sens : pourquoi suis-je ?

« Pourquoi suis-je » ?

Vous avez 4 heures.

Cette question et LE problème existentiel qui conditionne ma vie.  Chacune de mes journées. Qui alimente mes phrases dépressives et maniaques, et même les phases dites « stables » par le corps médical.

J’avais bien expliqué ce mal-être dans le début de mon premier bouquin inachevé Erase : la crise maniaque. Ce qui m’envahit donc, chaque jour, c’est le POURQUOI. Cette question qui tourne en boucle, telle une litanie dans mon vocabulaire depuis l’enfance.

Enfant, c’était clair. Je savais pourquoi j’étais là. Je me considérais déjà comme un être exceptionnel qui allait changer le monde. Je le sentais, c’était là, ce petit feu de vouloir faire que les choses changent, s’améliorent, j’avais plein d’idées, j’étais enthousiaste !

C’était sûr : je serai un écrivain de génie, et je ferai tout pour y arriver !

A priori, aucun problème, rien n’entravait ma route, j’avais des 10/10 à mes dissertations au CM1, preuve irréfutable de mon talent. C’est sûr que je n’avais aucune idée du monde du travail à 9 ans, notamment sur le fait que mis à part être un peu connue, je n’ai aucune chance de pouvoir en vivre. Mais rien n’empêche que je continue cette passion à côté d’un vrai métier, allez-vous me dire.

Oui, sauf que, en fait, j’ai envie de gagner de l’argent €€€ Vous savez, avoir ce qu’on appelle « une vie » dans la société, l’American Dream : un foyer avec un mari, des enfants, et un chat, des vêtements, de la bonne nourriture, des amis…. Si je pouvais, je mettrai un smiley avec un soleil à cet endroit-là ^^

Cette vie-là ne m’a jamais attirée, en fait. Pire, elle m’a fait fuir. Je me voyais bien parcourir le monde avec un bandana sur la tête et une canne, d’aventures en aventures, avec un bébé sous le bras et une horde d’hommes. Puis être une grande écrivain, l’avènement, les mots qui feront changer ce monde, la révélation qui va enfin ouvrir la voie à ces ignorants qui ne voient pas encore la lumière.

* Petite interruption, mon chat a chié, ça pue*. 

Comme si je savais déjà tout, que j’avais le savoir, la juste mesure des choses. Si on était spirituel, on ferait référence à tous les articles « ces enfants qui sont de vieilles âmes » ou bien « les enfants indigos ». Soit, j’ai déjà bien assez d’étiquettes pour m’en rajouter encore. Et là, je n’étais pas encore en crise maniaque, j’étais enfant.

L’argent. J’ai comme je vous l’ai dit, un prêt sur les épaules, et un SMIC, et une voiture qui consomme beaucoup en essence. Rien que dans ces trois formules, je ne peux pas partir de chez ma maman. Ma vie est finie, on tape sur les enfants qui sont des Tanguy. Je croyais que quand on faisait des études, longues et coûteuses, on avait un métier, avec de l’argent, qui éventuellement me permettrait de construire une « famille ».

Parce que oui, bambouler dans le monde entier, et bien, ce n’est pas possible. Il faut se nourrir, se loger, pouvoir se déplacer, toussa quoi. Puis s’il faut que je retrouve un emploi, en France c’est plutôt mal accepté dans beaucoup de métiers, ces années de césure. Puis j’ai beaucoup de risques de me faire violer, torturer, mourir de maladie, kidnapper… Et bien oui, vous croyez que l’on vit dans le monde des Bisounours ? Je suis une femme ! Bipolaire de surcroît ! Décalage horaire, stimulation, nuits courtes, etc. le cocktail pour retoucher le ciel !

Non mais ça va pas quoi, toc toc la tête. Je me débat avec la réalité depuis 8 ans déjà : payer un appartement, avoir un travail, avoir une voiture, faire la bouffe, la machine à laver… Alors mes rêves d’écrivain folle, autant vous dire qu’ils verdissent et pâlissent un peu.

Dans les usines à moutons études, on nous martèle qu’il ne « faudra pas compter les heures, sinon on fait secrétaire et on n’a rien à dire ». Merci pour les préjugés sur la secrétaire, et merci pour les heures non-payées. Après on se demande pourquoi les français se trouvent les plus mal lotis au monde dans leur boulot. Je dis ça, je dis rien. Mais le pire mes enfants, c’est que j’ai travaillé à Mcdo, par exemple, 30 heures par semaine pour 600€. Vous êtes la raillerie des enfants gâtés. Mais vous savez quoi ? Les plus beaux C.V sont refusés à Mcdo, parce qu’en fait, il n’y a plus de place… Malgré vos 30 expériences professionnelles, vos études, non, désolée, vous n’avez plus de place à ce que vous jugiez être un pis-aller. Tout devient dur désormais, et secrétaire, ah ah, je vous défie ne serait-ce que d’essayer !

Alors oui, il est difficile pour moi, pauvre petite, de penser que je puisse avoir un quelconque talent quelque part, qu’il va falloir que je continue d’en baver pour un métier qui ne me passionne pas, et qui ne me laissera pas le temps de faire ma passion, et pourvu qu’il y ait un mari et un gosse, je me retrouverai dans la situation de l’American Dream

* musique de film d’horreur *

Je ferai partie de ces gens qui sont heureux de leurs quelques semaines de vacances par an pour lesquelles ils se seront saignés toute l’année, qui rentrent le soir et mangent avec TF1 à 20 heures, qui vont au ciné et au bowling le samedi soir, qui achètent un MAC, qui coucheront avec la même personne depuis 30 ans puis qui iront se branler sur youporn sur des partouzes de mineures, qui passeront en moyenne 3 heures par jour sur Facebook à envier et critiquer la vie des autres, bref…

La liste est longue. Et cette liste, en réalité, j’en fait déjà partie. Je veux sortir de là ! Je le vois bien, mon petit T. n’est pas bien non plus. On essaie de faire comme les autres, de se persuader, d’être à fond, mais on n’y arrive pas. Et on doit quand même subvenir à nos besoins, faut pas déconner. Mais il en faut plus, toujours plus. Être extraordinaires. Être nous, tout simplement. Mais la vie en société, pouvoir avoir un foyer est déjà une immense chance.

Alors oui, je me plains. De commencer mes journées en me demandant pourquoi je fais ce que je fais : m’habiller, me laver, aller travailler, interagir avec les autres, faire à manger, la lessive… C’est le lot de tous sur cette terre. Je suis partagée entre mes rêves et la sécurité. Je regretterai d’avoir vécu mes rêves quand je serai sur la paille à 35 ans, célibataire et alcoolique. Je regretterai de ne pas les avoir vécu quand j’aurais 35 ans, 2 gosses, obèse à mourir d’ennui dans mon travail et ma vie.

Pourquoi je suis-là ? Je n’ai donc pas de mission ? Mon premier psychiatre, pour me faire redescendre de la crise maniaque, m’a dit  » ma vie est allée beaucoup mieux depuis que j’ai compris que je n’avais pas de mission sur terre « . J’ai dû, tout en folie que j’étais, penser que sa vie devait être sacrément chiante. Et je sens même de l’amertume à travers cette déclaration. De la résignation, aussi.

Comment faire pour ne pas voir ma vie comme une perpétuelle résignation et frustration ? Pourquoi je me prends la tête, et ne puis-je pas « être », simplement, au moment présent, comme tous les articles et les citations que je lis ? Je tourne en rond dans ma cage, et je fais le lit de ma folie.

Ma maman me dit qu’il faut profiter, le moment présent, voilà. Facile à dire, elle doit fumer au moins 10 joints par jour depuis 30 ans, on ne vit donc résolument pas dans le même monde. Et quand je vois le nombre de suicide chez les stars, je vois bien que l’argent ne fait pas le bonheur. L’intelligence et le talent non plus, la beauté, etc. toutes ces choses.

Je ne sais pas pourquoi je suis là, pourquoi je fais ce que je fais, et en attendant, je continue de le faire car sinon je m’arrête, et je retourne dans mon lit en attendant de passer mes jours.

L.

ray of light

Publicités

8 réflexions sur “La quête de sens : pourquoi suis-je ?

  1. Ce vide et cette négativité c’est la frustration de ne pas trouver ou être qui on est vraiment. Essaye de ne pas te résigner, on est ce qu’on croit de nous-même, oser, faire confiance. « C’est au moment même où l’on saute le pas que le filet apparait » Ta plume et belle et tes rêves sont beaux, je veux les lire encore ! Bon courage

    J'aime

  2. Bonjour L.,

    Moi aussi je me suis très tôt posée la question du sens de mon existence.

    J’ai cru longtemps que le sens de ma vie était dans le Faire et l’Avoir :
    Avoir mon permis, une voiture, un diplôme, un boulot, un salaire, une carte bleue, un appart, un petit copain, des amis, un mari, une maison, des enfants, un scénic (c’est quand même bien pratique ;-)), des vacances, un chien, un chat, un abonnement à Psychologies Magazine, des loisirs, un Thermomix, des week-end overbookés, un corps de rêve, 10 ans de moins, une décoration Feng Shui, 15 ans de psychanalyse, le dernier Iphone 6S…

    La course à l’Avoir et au Faire pour se sentir exister est effrénée et sans fin. Dans cette course, je n’étais jamais rassasiée, toujours insatisfaite, toujours à penser au prochain projet qui pourrait combler mon vide existentiel…
    Et puis la vie a déchiré une partie du voile de mes illusions et m’a libéré de mon obsession de mon image sociale. Je me suis sentie nue et désespérée sans mes attributs sociaux mais ce dépouillement était nécessaire pour découvrir une autre réalité : l’Être.

    J’ai pris conscience que je n’avais pas besoin d’accomplir des objectifs de vie, ni des missions sur terre pour donner un sens à ma vie et être heureuse. Je suis déjà heureuse de vivre sans rien faire : juste Être, procure déjà de la légèreté et de la joie.
    Cette joie de vivre se trouve naturellement au fond de mon Être. C’est une énergie subtile de bien-être et de création aussi.

    Alors, aujourd’hui, à la question Pourquoi suis-je ?, je répondrais :
    Parce que tu Es. Parce que tu rends hommage à la création de la Vie en étant telle que tu es véritablement.
    La meilleure question à se poser serait donc finalement : Qui suis-je ?
    Répondre à cette question permettrait de se relier à son Être et de trouver son chemin du Bien-Être comme une évidence…

    Céline.

    Aimé par 1 personne

  3. Chère L,

    C’est un très beau texte et c’est un plaisir de te lire, ton écriture coule comme de l’eau de source. Comme quoi l’écriture est vraiment connectee à ce que tu aimes faire.

    Je suis bipolaire aussi (diagnostiquée depuis 2 ans) et je me suis retrouvée il y a à peu près 6 mois dans ce déchirement entre mes rêves et la réalité. Comment j’en suis sortie ? En acceptant de ne pas reussir à trouver la réponse à la question « pourquoi suis-je faite » et en essayant plutôt de répondre à la question « qui suis-je ? » ou encore « qui ais-je envie d’être ? » qui me paraissait beaucoup plus à ma portée.

    A partir de ce moment là je me suis demandée à chaque instant/ chaque action : quand je rencontre un sdf ais-je envie d’être une personne qui donne ou qui garde pour soi ? Quand je me lève le matin : ais-je envie d’être une personne qui remercie le ciel pour cette bonne nuit de sommeil ou quelqu’un qui se lève en rechignant ?

    Et petit à petit, pas à pas, je me suis faite ma vie sur mesure, parce que dans chacun de mes agissements j’étais pleinement moi, j’étais celle que j’avais toujours revé d’être.

    Si la femme que tu as toujours revé d’être est trop loin de cette réalité ou n’a pas de place/reconnaissance aujourd’hui tel que tu m’aimerais, ce n’est pas grave.

    Construis là, crée là petit à petit. Jour après jour connecte toi à ton coeur, suis tes intuitions et surtout tes envies et donne leur de la place, fais leur de la place et « Make it happen » (phrase que j’ai eu l’envie de me faire tatouer il y a 3 jours et que je compte bien faire).

    C’est donner/offrir de l’espace à tes envies, à ce que tu aimes faire. Crée sans limites. Et peut être qu’un jour cela te rapportera de l’argent mais cela n’est pas le but, le but est de faire renaître et vivre et s’épanouir la femme hypersensible qu’il y a en toi pour la laisser pleinement s’exprimer dans ce monde.

    Alors je te le demande au fond, qui es tu ? Es-tu une femme sauvage, douce, pétillante, discrète, folle, forte, vulnérable ou tout ca à la fois ?

    Qui es tu et quel genre de femme veux tu être ? Quand tu l’auras déterminé, tu pourras commencer à l’apprivoiser pour finalement l’incarner et être pleinement toi et rayonner :).

    Moi perso, je suis plutôt une femme sauvage, du genre à se rouler dans la boue et courir dans les bois comme la louve mais chacun son truc j’ai des amis plutôt princesse, d’autres dictateurs, d’autres simples. Peu importe l’essentiel est de s’intéresser à ce que notre coeur nous dit. Ce vers quoi notre coeur nous pousse. Et être patiente. Des énergies supérieures à la notre s’occuperont du reste. Suis juste tes envies personnelles et rends les réelles. Amuse toi à les rendre réelles.

    Avec toute mon amitié,
    Sophie

    J'aime

  4. Merci pour ton joli commentaire. J’ai bien pris le temps de le lire pour que mon cerveau digère et mûrisse ce que tu as dit. Nul doute qu’il va en extraire le meilleur et sans doute changer la perception sans doute encore trop étroite que j’ai du monde.

    Je préfère les personnes idéalistes à celles qui sont cyniques, mais j’ai ces deux côtés qui parfois se côtoient en même temps… Ce blog me permet de mettre mes pensées sur papier numérique, et il est étrange quand on se relit de voir toutes les émotions se mélanger, c’est ça qu’on doit appeler « le style » d’écriture 🙂 A priori ça semble cohérent, les cyniques ne sont que des idéalistes déçus.

    Ce que je ressens bien c’est que je me limite aux rêves que l’on me vends, malgré toute la réflexion dont je fais preuve, je suis submergée par cette société de consommation.

    Tu me rappelles un monde où le rêve et la mission ont un sens bien plus large, et je me souviens de mes rêves alors. Merci

    J'aime

  5. Moi je pense que la clé c’est peut-être s’envisager sa « mission » de manière beaucoup plus large que ce que spontanément on a tendance à réduire à un rôle bien déterminé.

    Tu n’as pas cette impression parfois, ce sentiment persistant que, tout ce travail intérieur qui se déroule en toi à chaque seconde, tout l’effort que tu fais dans le plus grand secret et sans le moindre répit pour trouver la note juste, pour comprendre les autres, le monde, ta place dans ce monde ; tu n’as pas parfois la certitude intime que finalement, ce travail-là est absolument, « cosmiquement » nécessaire, et que, si discret cela soit-il, c’est ça qui est la véritable action et même le véritable « travail », au sens le plus noble ?

    Je suis dans une fac très à gauche, en ce moment ça bouge beaucoup comme on peut l’imaginer ; et je me suis souvent retrouvée ces dernières semaines à discuter avec des gens plutôt du genre activistes. C’est leur tempérament, et dans une certaine mesure j’ai de la sympathie pour leurs luttes, mais parfois, dans les discours, dans les façons d’être des gens, j’avais l’impression aussi que ça brassait beaucoup de vide, que ça se racontait des histoires et que ça jouait un certain jeu révolutionnaire pour répondre à un désir ardent de vivre et de dévouer sa vie à une cause.
    Or en ce qui me concerne, pour moi-même, et c’est ce qui rend parfois le dialogue difficile avec les gens qui s’agitent – même si je crois que ce dialogue est nécessaire -, j’ai réellement l’impression que ce sens dans ma vie se joue véritablement à chaque instant. Certains ont le sentiment de changer le monde quand il brandissent des pancartes, et dans une certaine mesure, oui, ils participent à ce changement, ils diffusent des idées, ils font bouillonner de l’énergie collective. C’est juste que bien souvent, j’ai l’impression d’avoir un impact qualitativement plus significatif, même si c’est apparemment « invisible », quand je fais le simple effort d’être le plus intégralement possible « présente au monde », que si je m’agitais de tous les côtés pour « changer les choses » et cracher sur leurs cours qui ne me sied guère.
    Quand je me sens entière, non seulement je suis plus efficace, mais j’ai vraiment l’impression d’agir pleinement, et non pas de glisser seulement à la surface des choses, d’accomplir des fantômes d’action. J’ai l’impression que ça laisse une trace quelque part dans les tréfonds du monde, et que cette trace, si minuscule soit-elle, est significative. A mes moments de lucidité, il me semble que c’est tout ce que le monde veut de nous, que l’on agisse en étant aligné avec ses forces profondes. Et à partir de là, peu importe où l’on est, en haut ou en bas de la pyramide sociale, au milieu de la foule ou dans le fond de sa chambre, la vie a quelque chose comme « un sens » et l’action quelque chose comme un impact.

    D’ailleurs, de ma propre expérience, c’est à partir et à partir seulement de ce socle que j’arrive à faire pousser de plus grandes choses, et que je parviens finalement à me donner les moyens de mes ambitions – ce qui en retour est le meilleur moyen de conjurer la déprime. A trop immédiatement se précipiter aux rêves on en perd le bon sens, et les rêves avec, qui, s’il ne sont pas enracinés dans une réalité, s’ils ne sont pas dans le prolongement de sa propre réalité vécue, sont voués à rester ce qu’ils sont, des rêves, « le palais des autres jours, d’hier et demain », comme dirait Noir Dés’. Et à l’aune de ce palais, la vie vécue est immanquablement condamnée à n’apparaitre à jamais que terne, grise, et insatisfaisante. Il faut des gens pour rêver en place publique, dans l’infiniment grand, et proclamer des rêves sur des pancartes, je crois aussi qu’il faut des gens pour rêver dans l’infiniment petit, dans l’infiniment singulier de leur condition et lui donner toute l’intensité d’un rêve dont les ferments seront inquantifiables, peut-être minuscules, mais pour le coup réels. Il me semble que ces deux sortes-là de rêveurs incarnent les deux versants du rêve, qu’une société doit tenir ensemble pour avancer concrètement dans la direction qu’elle se choisit.

    A force d’années de questions, de vides, de circonvolutions atroces, j’en suis venue pour moi-même à ce point : ce que je ressens comme l’empreinte profonde d’une « mission » et que je ne saurais taire sans renier le fond de mon âme tient moins à un rôle bien déterminé dans la société (même si ça peut finalement en prendre la forme) qu’à une certaine « place » que je m’efforce de tenir et de maintenir dans la symphonie du monde à tous les instants. Ce qui en soi est déjà « du travail ». Je ne suis pas salariée, mais je crois bien que je travaille déjà, et je dis ça tout à fait sérieusement. Ce que je donne est inquantifiable, ce que je reçois est inquantifiable, mais c’est réel, et il faut des gens pour incarner cette évidence que la vie ne saurait jamais se laisser réduire au calcul.

    Ca semble terriblement idéaliste, et dans un monde où la vie de l’esprit est réduite à peau de chagrin, ce programme a l’air bien mignon, mais je crois profondément à ce que je dis, sur ce coup. Et puis si même les idéalistes ne croient plus au bien-fondé de l’idéalisme, effectivement il n’y a plus qu’à se prostrer dans son canapé devant une série avec des chips ; mais jusque dans ses démissions crasses l’idéalisme poursuit l’idéaliste comme son ombre… on n’abdique pas sa mission divine comme on résilie un abonnement à la salle de sport. Ca veut aussi dire qu’on ne saurait jamais être *parfaitement* inutile.

    Désolée pour la longueur, inspiration. Bonne soirée L. 🙂

    Aimé par 1 personne

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s