Partie 2 – Le diagnostic du surdouement: à cause des garçons

Eh oui, faute d’être devenue l’écrivaine célèbre dont je rêvais tant, je publie des chapitres sur des morceaux de ma vie sur un blog mi-psychotique. Mais en fait, ça me va ! 🙂

Je reprends donc le récit qui m’a mené jusqu’à ce fameux diagnostic de surdouée, pour en venir plus tard au diagnostic lui-même, et l’après-diagnostic.

Et ce qui m’a mené vers le diagnostic… c’est le sexe opposé. Voilà, très trivial, RAS, on clôt le chapitre : Un homme, une femme, des hommes, une femme… D’aussi loin que je m’en souvienne j’ai toujours voué un culte aux hommes. Ça tombe bien, en général ils sont pétris de narcissisme et me le rendent bien. A cette époque un peu folle à l’approche de mes 20 ans, je moisissais donc à la faculté de lettres, après deux années de ratage de concours pour devenir orthophoniste. Toute mégalo que je suis, je ne pouvais pas imaginer me retrouver sans ma copine, ou en tout cas pas dans cette configuration-là : elle en école et moi sur le bas-côté. Très bien, ça m’a mis une fessée.

Je rencontras donc ce jeune éphèbe. Oh mon dieu, s’il me lit, il va mouiller son slip. J’ai encore contact avec lui, il me retrouvera bien un jour car il est légèrement obsessionnel, à l’époque en tout cas il me pistait sur les réseaux sociaux et il me googlisait … Je pense que mon passage dans sa vie l’a marqué, ce fut mon cas aussi. Pas comme je le pensais, mais en fait il fut d’une grande importance. On dit souvent qu’il suffit d’une rencontre pour changer une vie, parfois quelques paroles. Et c’est vrai. Je fus séduite par son étrangeté, son décalage, même si c’était too much, excusons notre jeune âge, et bien-sûr, par son esprit. Je suis de celle qu’un corps bien fait avec une tête bien vide ne fait feu de bois que pour un soir. Et encore.

A cette époque-là on m’avait proposé une place dans un journal Culturel créé de toutes pièces avec des amis. Co-rédatrice en chef, correctrice, recruteuse, journaliste… Des mots qui me faisaient rêver. Je pense que la phase maniaque est passée par là #bipolarité-ON. Je corrigeais des articles jusque 4 heures du matin, je croyais tellement en mon projet que c’était limite si je n’arrêtais pas des gens dans la rue pour faire du prosélytisme. J’ai dû être convaincante, en 2 mois j’avais 60 personnes sous ma coupe. Il fallait que tout soit rapide, j’ai désinvesti totalement mon projet d’être orthophoniste et puis la faculté. J’ai engagé ce garçon comme premier journaliste. Il avait une culture musicale exceptionnelle, une culture exceptionnelle tout court, et une manière d’écrire avec des jolis mots, même si je remettais en cause régulièrement son écriture, ce qui au passage le rendait furieux.

Un jour, alors qu’on discutait, il m’avoua qu’il était surdoué. Enfin, il m’avoua, il me semble qu’il le disait bien à qui voulait l’entendre ! Et je pense bien que c’était aussi une technique pour serrer les meufs. Bref, j’ai posé plus de questions, apparemment son Q.I était tellement haut et il était tellement jeune que E=M6 a fait un reportage sur lui quand il avait 8 ans. Je ne suis jamais allée vérifier pour tout dire, ce que je voyais de lui : des heures à lire, à tout décortiquer, sa noirceur, à ne pas dormir, à échafauder des théories, à donner son avis pour tout, à faire des blagues crasses… Il me semble qu’à ce point de départ j’ai fait quelques recherches sur internet, pour « savoir ce que c’était » mais rien d’assez marquant pour que je m’en souvienne aujourd’hui, si ce n’est que son cas m’intéressait beaucoup.

Un jour, alors qu’il délirait sur notre relation, car je ne voulais pas me mettre en couple, ce qui faisait de nous une espèce d’amitié-plan cul non déclarée, je me suis rendue compte qu’il n’avait pas si l’air surdoué que ça. Ses réflexions étaient très correctes par rapport à la moyenne, mais j’arrivais systématiquement à ajouter de l’eau à son moulin, voire à démonter son argumentation. Et j’étais sa chef pour ainsi dire 😉 Voilà la conclusion que j’en ai tirée, que je pouvais avoir une relation avec un surdoué, discuter avec lui sans aucun problème. Je me suis coupée de cette personne pendant des années, je dirai 5 ou 6, car évidemment l’obsessionnel avait fini par me nuire et il attaqua mon intégrité. Je l’ai recontacté l’année dernière, il s’est excusé, et nous maintenons de bonnes relations éloignées. Je lui ai annoncé que je fais partie de la même branche que lui ! Ce qui lui a donné un bol d’air car apparemment il n’en rencontre pas tous les jours non plus.

Quelques mois plus tard, je me retrouva à travailler à McDonald’s. Je ne raconte pas tout car ce n’est pas l’objet. Je rencontrais une faune exceptionnellement diverse. Un espèce de zigoto avec qui je travaillais à commencé à me tourner autour, usant de blagues, de narcissisme, de stratagèmes, pour me faite tomber dans le panneau, je dirais presque exactement comme le précédent rencontré. Très vite il me dit qu’il est surdoué, avec un haut chiffre également. Les similitudes avec l’ancienne personne étaient troublantes : tout deux venaient de Paris, avaient été diagnostiqués à 8 ans, étaient grands et très minces, avaient un physique atypique, avaient une noirceur et un humour spécial, le don pour l’écriture, la volonté de devenir journaliste, la mégalomanie… La manipulation et les mensonges également. Mais, malgré là aussi peu d’attirance physique, j’acceptais sa couche, et il se colla comme une mouche à une merde, et ce pendant 5 ans. Ma plus longue relation, pacsée et tout. Là pour le coup, s’il vient sur mon blog, et encore lui il saurait comment venir, il prendrait une douche glacée. Mais avec manipulations diverses & moi, je préfère opter pour la franchise brute.

Quelques temps après, on s’installa en Belgique (???) Oui, j’ai dit que je ne racontais pas forcément les transitions qui ne sont pas forcément utiles. Pour le moment. Et la première année, j’ai commencé à me renseigner en cachette, sur Internet, sur le site belge : douance.be. J’ai eu de la chance car tout ce qui relève du domaine paramédical, la Belgique est en avance. Et, quelle chance ! Le monsieur qui anime ce site faisait des conférences dans ma ville. Après la demi-lecture de Jeanne Siaud-Facchin « trop intelligent pour être heureux« , une bible pour les surdoués, je suis allée à cette conférence. Au passage je sais que ce livre a fait naître plein de découverte de sa douance alors je vous le conseille à la lecture si vous vous posez des questions. Tout ce que j’ai à dire c’est qu’il ne m’a pas laissé un souvenir impérissable. J’ai été beaucoup plus impressionnée par la conférence et ce site Internet, qui m’ont ainsi quasiment convaincue d’une supposée douance.

Pourquoi je m’entendais si bien avec ces deux garçons ? Cette pensée différente, ces mêmes défauts, ces mêmes difficultés… Il devait y avoir logiquement anguille sous roche. J’ai beaucoup réfléchi au cas de ma mère également, et je conçois qu’il y a une grande part de génétique. Je lui en ai parlé au téléphone, et fissa ,elle est allée passer le test en France ( 200 € en tout je crois ) et ils lui ont collé 132 de Q.I. Ce fut révolutionnaire pour elle. Il y eu beaucoup de colère, puis maintenant elle est apaisée, 4 ans après.

Pour ma part, j’ai attendu plus longtemps. Je ne me souviens plus pourquoi. J’ai réussi à entrer dans les études d’orthophonie en Belgique, et c’est en début de deuxième année que j’ai fait ma première dépression avérée (croisement avec ma bipolarité ?) qui a fait un come-back direct en France et un arrêt de toute ma vie belge.

Juste avant, j’ai voulu savoir. Pourquoi ce mal-être constant ? Je me disais que c’était parce que j’étais surdouée (maintenant je mets ça sur la bipolarité, mais si je m’ennuie, j’ai le choix !). C’est alors au bout de mes forces que je pris mon téléphone et que je suis allée faire le test chez une psychologue reconnue. Elle était remplie à ras-bord de rendez-vous, et ne s’occupait que des enfants. Mais le mari a senti mon immense détresse ce jour-là, un jour de pluie. J’étais à un point où je ne mangeais quasiment plus, je dormais, et quand je ne dormais pas je pleurais à gros sanglots. Je lui ai dit que d’ici quelques jours, j’allais rentrer en France, et qu’il était hors-de-question que je le fasse en France, et que je n’aurais pas la force, ni le budget.

La suite au prochain épisode !

L.

 

 

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Une réflexion sur “Partie 2 – Le diagnostic du surdouement: à cause des garçons

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