Le travail, c’est la santé.

Le travail est au centre des mes préoccupations actuelles. Comme tout le monde.

Parce que dans notre société, telle qu’elle est conçue, sans travail, vous êtes morts. Et ce n’est pas une métaphore.Sans travail, pas d’argent. Sans argent, pas de vie. Sans l’aide de ma mère financière, celle des parents de T. et T. lui-même, je serai certainement crevée dans la rue.

Les chiffres sont éloquents : 400 millions de malades mentaux dans le monde, de la dépression à l’épilepsie, avec entre-deux un panel large. En 2020, il est estimé que les maladies mentales seront la deuxième cause de mortalité. Avec un handicap comme la bipolarité, qui vous empêche de travailler « normalement », c’est-à-dire avec les exigences à minima de la société : un temps-partiel, avec le salaire maigre qui va avec, l’allocation maigre de l’adulte handicapé mentalement, et le salaire maigre qu’offre un SMIC avec ses 35 heures peu souvent respectées.

Et je ne parle même pas des conditions de travail : en dessous de nos compétences, ambiance stressante de la part des chefs, des collègues, des clients, des conditions physiques… et tutti quanti. Je ne veux pas dresser un portait horrible de ce qu’est le travail aujourd’hui. Je ressens juste que, fragilisée par ma différence, même avec mes aides financières extérieures (chômage, famille), mon pansement chimique (traitement adapté) et mon entourage social bénéfique (ami, chéri), je n’y arrive pas. Faux. Je n’y arrive plus.

J’ai fait pas mal de ce qu’on appelle de « petits boulots », respectables en tous points, certains boulots que j’ai fait, que je vais énoncer, sont pour beaucoup de personnes un choix de vie qui les épanouit, ou bien une transition heureuse temporaire. Il n’y a aucun jugement de valeur là-dessus. Serveuse, barmaid, commis de cuisine… L’hôtellerie-restauration, j’en ai  même fait une partie de mes études, un BAC+3. Avec des stage et de vrais boulots là-dedans, je ne veux plus y retourner. Je ne peux plus. Horaires décalés, clients insupportables, heures supp’ jamais payées, peu de reconnaissance, conditions physiques difficiles (porter, nettoyer, chaleur, bruit, station debout permanente…). 1 an et 3 mois exactement de Mcdo également. Harcèlement moral, tâches répétitives, pousser la rentabilité à son maximum pour finir par jeter celui qui ne « tient plus », moralement et physiquement. Et parfois, simplement parce qu’ils vont ont « dans le pif », qu’ils veulent monter et vous écraser, qu’ils sont jaloux… Ce qu’il se passe dans ce microcosme particulier n’est que représentatif de cette société que je juge malade.

Hier après-midi, je fus prise d’angoisses. Depuis que je suis au chômage, 1 mois seulement, les angoisses m’envahissent régulièrement, fait qui n’était jamais arrivé auparavant. Elle me paralyse et me bloque dans mes actions, un voile noir s’abat sur mes bonnes résolutions. Je me sens noyée par le stress, je me sens incapable d’assumer cette vie « normale » : couple, maison, travail, activités à côté, vie sociale, rêves. J’ai aussi un diplôme en commerce/management/gestion. Un beau diplôme qui est censé briller sur un C.V. Autour de moi, je parle en disant que je cherche du taff’, des opportunités sont par ailleurs arrivées grâce à ça ! 😉 Dans un premier temps, j’ai commencé à chercher tout et n’importe quoi, mais avec comme minimum un SMIC, sinon je ne pourrais pas vivre avec T., et je serai « obligée » de retourner vivre chez ma mère qui m’adore, mais qui aimerait que je prenne mon envol, surtout financier. J’ai pensé aux ménages… une femme me l’a proposé, je lui ai répondu  » je ne vais pas mentir, je suis nulle, le ménage est fait chez moi mais je suis loin d’être une experte « . On m’a proposé d’être commis de cuisine dans un restaurant, j’ai dit que j’allais m’y présenter. Faux. Il y a deux ans que je n’ai pas cuisiné dans un restaurant, j’étais dans les plus nulles de ma classe, et dans les stages ont me trouvait toujours trop lente. Et je me suis fait martyrisée par des chefs quand je me suis retrouvée juste après ma crise maniaque, ils se foutaient de ma gueule à cause de mes cachets. J’étais également en dépression, et c’est la seule fois où j’ai pensé au suicide.

Il y avait une place qui m’aurait intéressé : travailler dans un pressing. Je suis nulle en repassage, mais tout s’apprend. Trop tard, je me suis fait devancer par une dame qui a elle de l’expérience dans la couture. La patronne a regardé mon C.V et m’a dit : que de l’hôtellerie restauration… J’ai mon ange gardien, la secrétaire de mon centre de sport, qui cherche de son côté pour moi. Elle a trouvé un job de commerciale dans l’industrie. Je n’ai pas envie. Le sujet m’emmerde. J’aurais peur du stress occasionné par l’atteinte d’objectifs rapides et la masse de travail. La soeur de T. me dit de postuler dans tous les magasins, C.V à la main, et j’y ai pensé : magasins alimentaires, magasins de vêtements, caissières, etc. Je n’ai pas envie. L’idée de me retrouver comme une machine, à devoir sourire alors que j’ai envie de pleurer, à être dans une ambiance qui ne va certainement pas me plaire me décourage totalement.Le seul rayon de soleil est le travail qui m’a plu : la vente de vins. J’aime boire… C’est important ! Apprendre constamment. Mais c’est un marché foisonnant avec très peu d’élus, et avec des personnes beaucoup plus passionnées que moi. Mais je vais me brancher petit à petit là-dessus.

Et à côté, je rêve… Je rêve d’être à mon propre compte pour devenir correctrice, de devenir écrivain libre avec des publications qui me permettent de vivre correctement, de devenir nutritionniste, d’être une chanteuse,  de travailler avec les animaux, de travailler avec et pour les bipolaires, pareillement pour les surdoués… And so on, c’est une liste non-limitative. Beaucoup de domaines me passionnent, à en voir mon C.V : orthophonie, restauration, commerce. J’aimerai être la commerciale de T. également. Etre créatrice de sites internet… être dans la communication, le marketing… J’aurais voulu être une aaaaarrrtttiiiisttteee… Le rêve et la réalité se confondent, s’opposent, s’ajustent, négocient entre-eux, ce qui accentue les paradoxes dans mon esprit sensible. Je veux des enfants également, une belle famille, avec une maison et un jardin. Pas pour faire comme tout le monde. Mais pour avoir mon potager, mes nombreux animaux et pouvoir côtoyer la verdure.

Le choix a toujours été mon problème. J’ai envie de le voir autrement. Je suis motivée. J’y arriverai. La douance et la bipolarité m’empêchent de me sentir bien avec les moldus, plus la peine de se cacher : on ne se comprend pas et l’on ne s’aime pas. Les centres d’intérêts sont trop variés, mais je continue et eux aussi de les côtoyer. Les seules personnes avec qui je me sens à l’aise, avec qui j’ai envie de passer mon temps, me ressemblent. Comme tout le monde ! Côtoyer la faune basse (en méchanceté) est une source importante de stress, et pourtant inévitable dans un emploi lambda. J’ai essayé la mairie aussi, pour les avantages : vacances, horaires, congés payés.. un emploi stable qui me permettrait d’être à l’aise et de pallier des dépressions et des crises maniaques envisageables mais non-obligatoires.

Confort VS Aventure… Passion VS Pragmatisme… Stabilité VS Frisson… Argent VS Rêves…

Je vais prendre conseils auprès d’experts, c’est ma nouvelle résolution, dans l’article qui suivra.

Merci de me lire et de partager vos vies à travers mes écrits ! Je vous attends.

Je vous embrasse,

L.

 

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5 réflexions sur “Le travail, c’est la santé.

  1. Je trouve que cette société est écrasante et je suis complètement d’accord avec tout se que tu dis.
    Le pire c’est que cette situation profite aux politiques pour diviser encore plus les gens.
    On dit que la machine dépassera bientôt l’Homme mais l’ Homme est lui même devenu une machine !

    Deux choses sont infinies : l’Univers et la bêtise humaine. Mais, en ce qui concerne l’Univers, je n’en ai pas encore acquis la certitude absolue. » E.

    Aimé par 1 personne

    • Hello M. , j’ai vu le début d’un reportage d’un document qui va dans mon sens, je n’ai pas vu la fin qui m’a m’intéresser le plus, c’est-à-dire les solutions proposées aux problèmes décortiqués. Dès que je suis assez renseignée sur le sujet, je partage 🙂

      En tout cas il y a une couille dans le potage, personne n’est heureux de cette rentabilité que l’on essaie d’appliquer à des humaines qui sont tous des machines. Ainsi, on dirait que personne ne s’alarme du développement croissant des maladies mentales. Normal, tout le monde devient fou, mais go on !

      Je t’embrasse,
      L.

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  2. Bouhh comme je te comprends….. je suis actuellement au chômage et je me sens nulllllle comme femme au Foyer !! Ce sentiment de paraitre inutile… etc etc… Tellement envie de plus !

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