Les freins pour consulter les Psy.

etre-moiGrande résolution.

J’ai décidé de retourner consulter un psychologue et un psychiatre, après  1 an et demi d’outrepassage et d’occultage . Je mets ces mots en italique car ils n’existent pas, mais les inventer est d’un grand amusement pour moi 🙂

Pourquoi tant de temps entre mes consultations chez le psychologue et le psychiatre ? Je le sais depuis longtemps, nous créons nos propres freins à notre avancement. Je ne l’applique pas toujours. Voici une liste de mes freins, et ils sont beaucoup plus nombreux que je le pensais.

Le déni

  • Oui je suis bipolaire, et alors, en ce moment, ça va bien.
  • Qu’est-ce que je pourrais bien raconter à un psychologue ?
  • Ma vie est-elle tellement intéressante que je doive la raconter à quelqu’un ? Non.
  • De toute façon, avec les cachets du psy je ne me sens pas mieux. Ils sont inutiles.

La honte / la culpabilité

  • Tout le monde autour de moi pense qu’aller consulter des psy, c’est fait pour les nouilles, les nuls, les faibles. Alors c’est que ce doit être vrai…
  • Qui suis-je pour qu’on s’occupe tellement de moi ?

Le manque de moyens financiers

  • Je ne peux pas, je n’ai pas d’argent

La dépression

  • Je ne me sens pas bien, je coule, help… Je veux venir mais je reste prostrée au fond de mon lit, ruminant mes idées noires.

Les préjugés & le sentiment de supériorité

  • De toute façon, ils n’y connaissent rien. Ils ont fait un paquet d’études pour soigner leurs névroses personnelles, et n’ont aucune expérience du terrain.
  • Ils ne sont pas bipolaires, et alors ils mettront cet aspect de côté.
  • Ils ne sont pas surdoués, alors si j’en parle, ils vont se mettre en porte-à faux, penser que je fais un complexe de supériorité.

Ce matin j’ai fait ma petite liste en toute franchise des points que j’aimerai aborder à ma première séance. Il y en a un qui m’a sauté aux yeux ! Le sentiment de supériorité. Alors c’est donc vrai, ça me concerne ? Comment en-suis je arrivée là ? Je suis blessée tellement vite quand on me fait la moindre critique. J’occulte tout le positif et je me concentre sur le négatif. Je dis souvent que les surdoués ne ressentent pas ce sentiment… Alors peu importe si c’est ça qui me fait le penser, je me rends compte que j‘ai l’impression que les gens ne m’apprennent rien. Même si je ne le dis pas, je pense toujours avoir raison. Les autres le reconnaissent souvent, ce qui entretient mon bulbe. Et pourtant ma vraie quête et ma vraie blessure ? A défaut d’arriver à m’aimer moi-même, je cherche l’amour chez les autres. Et par ce comportement, je me fais exclure. On me sent « en demande », ce qui a le don d’agacer.

J’avais trouvé ma mère bien pathétique, vivant seule avec ses chiens, sans chéri, sans ami. A 50 ans, elle me disait qu’elle ne recherchait plus la compagnie d’autrui car elle a tout compris, personne ne lui apprend quelque chose. Elle dit ne pas souffrir de solitude. Qu’elle a déjà essayé d’acheter (au sens propre) ses amis. C’est faux, je lui ai montré le savoir immense de la vie et celui des humains, même si moi aussi, le plus souvent ils me dégoûtent. Au plus je cherche l’amour, au plus je me fais rejeter. Au plus je me fais rejeter, au plus je cherche l’amour.

Le reproche principal c’est que les gens se sentent inférieurs à moi en ma présence. Mon parcours leur fait de l’ombre. Ma carapace les agace. J’essaie de montrer une image positive, mais ils préféreraient quelqu’un de discret. Oui, c’est important pour moi de ne pas me faire rejeter et de comprendre pourquoi j’agis ainsi. Admettre que j’ai des difficultés sociales.

S’aimer soi-même est important. Mais comment ? Je soigne mon extérieur, mon intérieur, mais rien n’y fait, ce cœur reste vide. J’espère que la psychologue pourra m’aider. Au téléphone je l’ai déjà sentie vaseuse, mal organisée, etc. me voilà dans le jugement. Alors que c’est peut être seulement une passade, une humaine quoi. Et que dire de moi dans différentes situations similaires ?

Ce qui est le plus drôle, c’est que sur des forums, des blogs, j’adore donner des conseils. Mais comme on dit, les conseilleurs ne sont pas les prêteurs…

Je prends de plus en plus compte l’avis des autres. Je demande à mes professeurs, mes collègues, je regarde des tutoriels, je lis des articles, je demande à T…. Au final à la fois je me sens supérieure, et en même temps, je suis en quête de toutes les informations comme une enfant qui ne sait pas se débrouiller seule.

L.

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5 réflexions sur “Les freins pour consulter les Psy.

  1. Pingback: Le voyage du chômeur. | Blog d'une bipolaire, surdouée

  2. Ah le foutu sentiment de supériorité ! Je pense savoir à quoi il ressemble car je le ressens lorsque je suis en hypomanie.
    Ce sentiment peut m’envoyer droit dans le mur mais il peut aussi faire avancer efficacement mes projets de grande envergure.
    Je pense que mon mari est un surdoué non reconnu, et lui, cet aplomb narcissique, il l’a au quotidien ! Il m’éneeerve ! Le pire, c’est qu’il a souvent raison… Il m’éneeeeerve !!! 😉 Mais bon, je dois dire que je le trouve quand même souvent brillant…;-)

    Aimé par 1 personne

    • Hi hi hi. Tant qu’il n’a pas besoin d’être reconnu, il peut rester tranquille. Les hommes ont une manière très à eux de traiter cette donnée, très en rapport avec l’ego masculin 😉 Je te rassure, j’énerve T. aussi. Une femme a de toute façon toujours raison par principe. Non ? 😉 . Je lui demande régulièrement de me renvoyer l’image des autres afin que je puisse avancer et comprendre. Il me dit « tu énerves car tu arrives, tu parles bien, tu sais de quoi tu parles, tu justifies par des exemples bien choisis, ton projet est cadré. Personne ne peut te donner de conseils. Et de toute façon tu n’aimes pas qu’on te donne des conseils  » . Et ce peut être aussi des sujets simples comme faire son régime… Mais le décalage viendrait, selon le nouveau psychanalyste grand T. de ma voix posée, calme, les arguments bien avancés, l’assurance qui s’en dégage et… le manque d’assurance en même temps. Comme si on percevait intimement que j’en faisais trop pour masquer ce vide (énorme qui plus est). Du coup, ça devient ridicule, il y a anguille sous roche et c’est une sensation désagréable de ne pas aimer quelqu’un sans savoir pourquoi.

      Vive le faux-self !

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