Winter is coming.

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 » Reste fort, parce que l’hiver arrive ». ( Game of Thrones)

Combien d’hypersensibles sentent ce changement, ce vent glacial qui s’insinue, pétrissant nos os ? Ce virage d’humeur, cette menace appelée « la dépression hivernale » ?

J’écris à cette heure-ci, une heure du matin, parce que les insomnies sont devenues fréquentes ces deux derniers mois. Je les impute en grande partie à T. mon chéri, chez qui je dors depuis 2 mois. C’est certainement lié au stress également (mais pas celui des exams ! ). Non, celui du futur travail qui arrive à grand pas. A l’heure où je vous parle, T. ronfle allègrement dans la pièce d’à-côté, épuisé par sa journée chargée. Ma journée à moi, digne d’une journée de chômage, ne ressemble plus à grand chose. Je dois me fatiguer physiquement mais une force obscure m’empêche d’enfiler mon maillot et de filer à l’aquagym à 5 minutes en voiture.

L’hiver est là, et les hypersensibles tremblent. Il est prouvé scientifiquement que pour qu’un être humain soit bien, qu’il secrète son taux de sérotonine lui permettant de garder le moral, doit s’exposer 12 minutes à l’astre d’or. Pour les plus chanceux, dont je fais partie, le soleil brille encore dans le Sud de la France. J’attends impatiemment mon cadeau commandé : une lampe de luminothérapie. C’est une lampe reproduisant les rayons du soleil, pas ceux pour bronzer nocifs pour la santé, les bien-connus U.V. Il paraît qu’une exposition de 20 minutes tous les jours permet de maîtriser son mouvement d’humeur. Et même qu’il faudrait faire attention chez les personnes bipolaires : elle pourrait être responsable d’insomnies, voire de crises maniaques !

Je vais me prêter avec joie à cette expérience et je vous en ferai part. Bizarrement, je n’ai trouvé aucun témoignage réellement intéressant sur cette lampe magique. Peut être que, qui s’y frotte, s’y pique…

Une batterie d’armes a été concoctée pour que je survive à ces 2 mois de désespoir, que j’ai nommé novembre et décembre. Je gobe des gélules de gelée royale, véritable nectar produit par la reine des abeilles. Je sniffe mes inhalations de lavande le matin afin de m’aérer les bronches et de ressentir les effets calmants. Je mange des barres chocolatées spéciales contenant de la sérotonine à 16 h. Alors que je ne fais pas grand-chose, je fais en général 2 heures de sieste. J’ai commencé mes séances de TCC avec la psychologue. J’ai lâché des larmes pour la seconde séance, des sanglots comme un gros bébé qui se cache derrière son sourire. Je ne me force pas à grand-chose, profitant de mon maigre chômage qui, va bientôt me mettre en interdit bancaire… Mais je lâche prise !

Il est redouté ce temps où les pensées négatives vont remplacer les pensées positives. Quand, peu à peu, ce blog va noircir et que je recommencerai à vous parler avec dégoût de la nature humaine. Quand je parlerai de ma fatigue mentale, et physique. Quand, l’entrée dans l’hiver va coïncider avec un travail que je n’aime pas par avance, parce que je trouve déjà l’employeur con. Et avec mes schémas de pensée bien ancrés, j’ai déjà tout un tas d’a-priori, mes anciennes douleurs du passé qui reviennent et que je placarde sur mon futur : le meilleur moyen de revivre les mêmes expériences désastreuses !

Je crois que j’ai une chance pas croyable, à 27 ans, de retrouver un cadre si confortable, celui de mes 17 ans. Je vis chez mon chéri, dans un petit studio en dessous de chez ses parents. Une famille lambda, mais aimante et cadrée. Je ne manque de rien, mes deux chats promènent tranquillement au gré des mes câlins. J’ai retrouvé mes amis et ma famille ici, et je me suis éloignée de ma mère, un gros facteur stressant. J’ai cette stabilité que j’ai longtemps décriée, et aujourd’hui il m’est venu la pensée de tout perdre. J’imaginais mes petits chats me faisant faux-bond et ne revenant jamais, la séparation avec T., le boulot qui se passe mal parce que je ne supporte pas le patron ni mon équipe, la dépression me clouant au lit et me faisant passer pour une feignasse aux yeux du monde, sans que je puisse m’expliquer.

J’espérai être philosophe en pensant à tous ces moines qui ne s’attachent pas au « matériel ». Ce qui me fait tenir, ce sont les interactions sociales, même si le confort matériel aide bien. Il paraît que vivre détaché de tout permet d’atteindre une certaine spiritualité et un calme intérieur. Faudrait que je fasse des recherches là-dessus, mais comme tous les domaines qui m’intéressent, cette idée sera archivée dans mon inconscient et traitée comme non-prioritaire. Alors que jouer 2 heures à Pokémon Perle sur DS semble être une question de vie ou de mort pour mon cerveau.

J’ai ma théorie sur l’hiver. La nature suit des cycles bien précis, et l’hiver ben, comme le dit si bien le 1er novembre, c’est la fête des morts. Y a tout qui crève, qui gèle, qui dépérit. Et puis les animaux ralentissent leurs rythmes cardiaques, les plongeant dans une sorte de coma à la limite de la mort. Ils ont fait le plein de nourriture, et dorment en paix, afin de retrouver quelques mois plus tard, les rayons bienfaiteurs du soleil et la nature florissante, prête à les accueillir de nouveau.Et nous humains, qu’est-ce qu’on fait l’hiver ? Comme d’hab’, on nique tout. Pour les étudiants, nous charge de devoirs, d’examens, et ce à la pire période de l’année (fin décembre!). On doit au boulot admirer les mines grisâtres de nos compatriotes moldus. Même s’ils ne comprennent rien à la dépression hivernale et n’en sont pas aussi affectés, personne n’y échappe. S’ajoute donc à notre morosité, la morosité ambiante. Et il suffit que la TV. ou le net nous parle un peu de la famine dans le monde, des dernières élections américaines, des attentats, et ça y est. Le clou est planté. Et il plante les hypersensibles. Les bipolaires augmentent les antidépresseurs, certains commencent à faire leur première dépression. Peut-être tomberont-ils sur ce blog un jour, cherchant à comprendre ce qu’il est arrivé.

Mon rêve douceâtre était de profiter de mon chômage novembre et décembre. En fait, j’ai profité de septembre et d’octobre. Assez pour me mettre dans la merde, et m’envoyer au charbon mi-novembre. La dernière séance chez la psy ressemblait à « j’ai besoin d’argent, je vais bientôt travailler ». Et :  » Je ne veux pas travailler, je ne veux pas travailler, je ne veux pas travailler… ». Et si j’avais chanté la célèbre chanson « je ne veux pas déjeuner, je veux seulement oublier… Et, puis, je, fume ».

Politiciens, francs-maçons, illuminatis, Dieu si tu passes par là, fais en sorte de changer les mentalités. L’hiver, on doit respecter le cycle de la nature, et ne pas travailler. Arrête de forcer le modèle économique ! Quand on vient que les Italiens ont compris que l’après-midi on ne servait à rien, par exemple. Le matin, les élèves ont cours, et l’après-midi, ils font du sport et ils se divertissent.

La France, je t’adore, mais pays des Lumières mon cul quand même. Point positif de la journée soirée, je tombe de plus en plus sur des blogs, de gens de mon âge, présentant des troubles divers : bipo, schizo, phobiques sociaux, autiste asperger… décrivant avec brio ce qu’on vit tous. Quand est-ce que ce mouvement mis en marche sera vraiment étudié ? C’est vrai merde, psychomachin de mes couilles (quelle vulgarité), si vous vous penchiez sur nos blogs, vous pourriez nous cantonner dans de petits laboratoires et faire des frottis de nos cerveaux. Je sais que ça pourrais faire avancer les choses.

En attendant… Godot ( Samuel Beckett )

En attendant… Dodo ( L.)

Je vous embrasse,

Matinalement, L.

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3 réflexions sur “Winter is coming.

  1. Ah bah c’est pas encore avec le frottis du cerveau que l’on va pouvoir se détendre !
    On passera par où pour faire ce frottis hein ? Les yeux ? Les trous de nez ? Les oreilles ? Que du bonheur !
    Non merci, je préfère hiver-né…;-)

    Aimé par 1 personne

  2. Je repasse par ton blog et ça me fait encore bien plaisir de te lire, ça réchauffe. Va falloir commencer à mettre des bûches dans la cheminée en effet, là, ça commence à cailler à l’intérieur. Cela dit, quand même, même si l’hiver est ce qu’il est et que c’est la mort et la désolation et tout et tout, et qu’on va pas se mentir, c’est pas gai, curieusement c’est une période que je ne peux m’empêcher d’aimer dans le fond de moi-même, parce qu’elle est malgré tout le temps d’une rentrée à l’intérieur et d’un repos, d’un ralentissement ; et quoique le monde autour continue à s’agiter au même rythme absurde, tout le monde en est tout de même touché à sa mesure même en faisant comme si de rien n’était. Ca me déplait pas qu’il fasse nuit plus longtemps, qu’il y ait des lumières dans les rues, de me balader dans un gros manteau, et de boire des trucs chauds dans un coin. C’est le moment où ce qui doit mourir meurt un bon coup, et alors je peux entendre ce qui vient de plus loin et qui attend son heure…

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    • Ravie de te voir toujours ici 😉 Il y a plein de points positifs à l’hiver, comme tu as annoncé au-dessus. Même Noël, que je détestais avant, j’essaie d’en faire une joie. Mais force à constater que ce matin je me réveille tendue, pleine d’angoisses, et que je n’ai qu’une hâte : aller chez mon psychiatre et prendre des antidépresseurs… C’est ma flamme intérieure qui faiblit : trop d’humidité dans les parages ! 😀

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