Soleil noir.

Tatouage soleil noirCe titre veut tellement dire pour moi !

Soleil noir, c’est le tatouage que j’ai fait quand j’avais 19 ans. Je voulais un soleil tout mignon, et puis le tatoueur m’a dit : impossible, il ne reflète pas ta personnalité . Il a donc tatoué un soleil mi brillant, mi noir… Comme si il avait inscrit à tout jamais la dualité dans mon corps et dans mon esprit. Si je faisais un abus de langage, je dirai qu’il avait déjà cerné ma bipolarité …

Plus tard, j’ai commencé à faire enlever ce tatouage, depuis désormais 4 ans. Il en reste un peu, faute de moyens financiers.

Puis je viens de revenir de l’endroit où j’ai travaillé. Et on m’avait proposé une crème pour bronzer tout en protégeant la peau… Appelée le soleil noir ! Ah ah.

Par ailleurs, lors de ma crise maniaque, « la chose qui me parlait dans ma tête » m’a dit de garder ce tatouage, qu’il me représentait entièrement. Autant dire que dès que je suis redescendue de ma crise, j’ai essayé de l’enlever de plus belle !

Je suis partie 2 mois en saison. Très court quand on a un rythme de vie tel que j’ai eu. Trop court à mon goût.

Je sais que ce que je vis là-bas est unique au monde. Qu’il faut un sacré caractère pour être au contact de tant de personnes : ses responsables, ses collègues, les clients… Manger avec eux, dormir avec eux, travailler avec eux, faire des activités avec eux, sortir avec eux, coucher avec eux ( ??? ) 🙂 Puis rentrer dans un tel système, entre la fête et le travail, avec sans cesse de nouvelles personnes, des horaires colossaux, devoir sans cesse sourire, être irréprochable dans son attitude…

A chaque fois, je me remets face à mes problèmes. A croire que j’aime ça ? J’ai appris pas mal ces deux derniers mois sur mon introspection. J’y suis allée encore comme un challenge. J’ai compris que les challenges me terrifiaient, mais en fait, c’est mon moteur ! Toujours plus haut, toujours plus loin, se dépasser.

J’approche mes 28 ans. Depuis que j’en ai 18, on n’a cessé de me rabâcher que je suis immature. Oui, je le prenais très mal. Encore aujourd’hui j’y pense souvent.

Pourtant, je pensais m’être calmée, être rentrée dans ce qu’on appelle « le droit chemin ». Ou en tout cas, avoir appris, lentement certes, quelques leçons de vie.

Comme arrêter d’aider les gens autour de moi car la première personne à aider c’est moi. Et il y a du boulot. Donc je continue d’aider, mais pas si ça empiète sur mes propres limites. Par exemple.

En fait, j’avais appris à me mettre quelques limites. Toute ma vie j’ai oscillé avec mes vices : la nourriture, l’alcool, la cigarette, le sexe, la fête. En bonne surdouée, ou bien bipolaire, ou juste être humain exagéré ? J’ai toujours pratiqué ces vices avec irrégularité. C’était beaucoup plus marqué jeune. Je m’en voulais à mort. Je culpabilisais tout le temps. De ne pas aller en cours. De bouffer tellement que je finissais automatiquement les assiettes des autres. De faire la fête le week-end jusqu’ à m’en faire vomir. De coucher avec n’importe qui. De fumer 2 paquets par jour. De ne pas aller souvent en cours. Je m’habillais n’importe comment, je parlais à outrance, bref, j’étais une sorte de rebelle. Une rebelle qui en fait n’avait pas envie vraiment de l’être. Mais incapable de se contrôler. Rongée par le remords et les réflexions de mon entourage social et professionnel, il s’ensuivait une période de 6 mois drastique.

J’appelais ça ma période moinesque. Comme si j’allais me purifier de mes excès. Je faisais un régime, j’essayais de m’habiller mieux, d’arrêter de fumer, de faire du sport, d’aller en cours, de me mettre en couple. Puis 6 mois plus tard, je retombais dans la face noire de mon soleil.

Dans ces périodes-là, j’ai eu la chance d’être entourée par des amis rencontrés au gré de ma route. Je pense à cette fille plus âgée que moi, que j’ai fini par appeler « maman » à 18 ans. Parce qu’elle me comprenait. Enfin, en tout cas, elle a cerné que derrière mon comportement excentrique se cachait une bonne personne, qui savait être posée et réfléchie. Parfois plus réfléchie que la moyenne.

Elle essayait de me dire d’arrêter de fumer, de dormir la nuit, de venir en cours, de faire mes devoirs, d’arrêter de batifoler avec les garçons… Peine perdue. De plus, elle commençait à sérieusement me taper sur le système.  » T’es pas ma mère ! « . Voilà ce que je lui répondais quand j’avais envie de faire mes bêtises.

Je me disais juste que j’étais immature, et qu’il fallait que jeunesse se passe. Que j’étais particulièrement une rebelle sur la voie de la rédemption. Mon mode de vie ne correspondait pas du tout au métier auquel je me destinais, dans le paramédical. Malgré tout, pendant 5 ans j’ai défié la vie et le temps et j’ai réussi à accéder à ces études. Pour mieux abandonner. Pour mieux me rendre compte que je ne pourrais pas aider les patients, parce que je ne les comprenais que trop bien. Je me suis juste regardée et je me suis dit « comment veux-tu cadrer des patients si toi-même tu as tant de problèmes et de difficultés à te cadrer ? »

Black-out Burn-out j’ai changé de voie pour l’hôtellerie-restauration. Parce que je me sentais moins différente là-bas. Il faut être fou pour bosser là-dedans. Décalé en tout cas. Au niveau des horaires, au niveau du caractère.

Fin janvier 2017, je me suis séparée de mon ex-petit copain schizophrène, avec qui j’avais entrepris d’écrire ce blog. Un gros choc.

D’autant qu’au passage, il a piétiné tout mon amour propre au niveau du physique et du sexe. J’étais complètement détruite.

Peu de temps après, le destin a sonné. On m’a appelé pour revenir dans cet endroit, celui de ma première crise maniaque. Franchement ? Je n’en brûlais pas d’impatience. En tout cas, pas consciemment. Parce qu’inconsciemment, je serai toujours attirée par ce genre de vie. Intense, extrême. Insouciante.

Je m’étais fixée des lignes de conduite car je voulais apprendre de mes erreurs passées. Non, je ne me laisserai pas marcher dessus, et je ne dirai pas oui à tout sous prétexte d’avoir peur de perdre mon boulot ! Non, je saurais dire non quand on m’entraînera vers les apéros tardifs qui me feront arriver bourrée au travail. Je saurai dire non quand j’aurais trop de sollicitations de mâles qui veulent copuler à tel point que ça me tourne la tête et que je finisse par ne penser qu’à ça.

Le premier mois, tout s’est bien passé. J’ai eu une vague de compliments énorme qui ne m’a pas submergé cette fois-ci. Tout est démultiplié. De toute façon, en ce qui concerne mon physique, ça avait l’effet d’un caillou qui rebondissait sur moi. Cela commençait à m’inquiéter par ailleurs.

Au travail, je n’ai pas été satisfaite. La seule fille d’une équipe de 10 garçons. La seule polyvalente qui exerçait deux postes à la fois. Cela m’allait très bien – vous vous en doutez – mais j’étais tiraillée parce que les deux parties me réclamaient.

La petite nouvelle qui arrivait, scrutée, la viande fraîche, la personne qui doit faire ses preuves car elle arrive en milieu de saison. Et je dois m’adapter à chaque caractère d’une grande équipe composée de 150 personnes. J’y suis arrivée. Et plutôt très bien.

On a commencé à me mettre sur un piédestal pour mes qualités sociales. Quelle ironie ! J’essayais d’expliquer que dans la « vraie » vie mes qualités sociales ne sont qu’un désastre sans nom…. Quel paradoxe… Quelle dualité…

Alors oui, j’étais déjà « trop ». Mais ce « trop » faisait de moi cette personne unique que personne ne pouvait égaler, ni copier. Mais non plus cadrer. Alors on m’a laissé mes petites habitudes. Ne jamais être habillée comme tout le monde. Parler plus que raison. Avoir des réactions très spontanées qui auraient pu créer des problèmes. Avec le recul, encore une fois, je ne pouvais pas me contrôler.

Puis il est venu le temps où… j’ai rencontré un garçon. Mon vice x 10000. Mon petit côté Hitler me pousse à aduler uniquement les blonds aux yeux bleus. Et au plus ils sont blonds et clairs, au plus je les aime. Et puis grand et musclé. OH là là là. Drôle intelligent blabla bla. Alors on a commencé à s’amuser, mais il a une qualité précieuse que je n’ai pas : la discipline ! Donc j’ai commencé à boire, à ne pas dormir la nuit. J’ai récupéré ma libido et mon estime de moi x 1 milliard.

Pas longtemps. On m’a transféré dans une autre saison, le même concept, un autre endroit. Deuxième gros choc. Je devais abandonner ce petit cocon que j’avais dû me construire pendant 1 mois, au prix de beaucoup d’heures de travail et de qualités sociales. Non. Je ne voulais pas. Je voulais rester dans le confort. Puis avec mon blondinet. Puis au travail, mes coéquipiers commençaient à cesser de me vanner sur ma lenteur.

Puis en fait j’ai juste eu une chance énorme d’être transférée là-bas. Pourquoi ? Le plus bel endroit d’Europe dans son genre. Le plus classe. On me proposait d’exercer enfin le métier auquel je me prédestine alors que je n’ai pas encore la formation. Pourquoi moi ? pourquoi maintenant ? J’ai tout quitté du jour au lendemain. Pour la descente aux enfers.

On m’a dit, tu n’apprends rien ici, saisi ta chance. Je me suis faite dégommer. En deux semaines.

Pourquoi j’écris cet article aujourd’hui ? Parce que je rumine les critiques que l’on m’a faites au travail. Je n’aime pas les critiques, mais alors, encore moins sur mon travail.

Et en même temps, quand j’y repense, je ne fais qu’entendre ce que je sais déjà. Ce qui me frustre vraiment et me rappelle que je n’arrive toujours pas à me contrôler.

Pour le premier endroit, ce fut :

  • tu es trop lente
  • tu prêtes trop attention aux détails, il faut agir
  • tu parles trop
  • tu oublies tout

C’était acceptable. Oui, je suis beaucoup plus lente en moyenne au début de mes apprentissages, puis après, normalement, une fois acquis, je reste rapide. Par contre, j’ai l’impression que certains traits se sont accentués. Notamment la lenteur et la mémoire. Impossible de me souvenir du cocktail que l’on m’a montré 30 fois. Par contre je retiens des détails inutiles sur chaque personne rencontrée. On appelle ça la mémoire sélective, d’accord ! Ok ! Mais à ce point-là ? Pourtant je dormais et je ne buvais que très peu… J’avais envie de hurler : mais laissez-moi faire mes preuves !!!!!!

Ma mère pense que les cachets aggravent mon état. Je ne sais pas trop quoi en penser. Je sais juste que sans je me sentirai encore plus mal et plus extrême.

Puis les 2 dernières semaines. Une apothéose. Championne. J’arrive dans ce nouvel endroit, réputé pour avoir sa bande de requins. Tout est beau, les gens sont gentils… En fait non. On m’a laissé faire, vivre pendant 1 semaine. Très vite, c’est parti en live. J’ai pété de gros principes. Je me suis remise à ne pas dormir, boire, et coucher avec plusieurs gars. Et péter mes principes dans mes principes. Du style : on ne couche pas avec son équipe, ça créé des problèmes. Et bien, j’en ai fait plusieurs, et en plus, ça s’est su assez vite ! On ne couche pas aussi vite >>> j’ai dû tenir 3 jours.

Alors que je m’étais promise de justement carburer : il restait seulement 1 mois. On m’offrait une chance inouïe. Je savais quoi faire et comment le faire pour réussir. Tenir une ligne de conduite sans nuits blanches, sans alcool, sans garçon. Je me gardais quand même les cigarettes et le café, on peut pas tout gérer en même temps. Je devais apprendre des connaissances pour pouvoir bien exercer mon métier. Je n’ai pas ouvert 1 livre, pas fait 1 seule recherche internet. Au lieu de ça, j’arrivais décoiffée, les yeux bouffis par l’alcool, avec des vêtements trop grands, de la boue partout. Et je commençais à oublier des détails simples ridicules que je faisais pourtant tous les jours.

Alors la sentence est tombée : une mauvaise évaluation.

Par contre, tout le monde me kiffait déjà. Autant qu’on me détestait par ailleurs… Là aussi, le paradoxe, la dualité… Le retour des gens sur moi est tellement extrême qu’il me fait vaciller…

Au travail, on m’a reproché quoi ?

Tout. Tout mon être.

J’ai eu l’impression d’avoir un sale bulletin de notes, avec avertissement comportement et travail. Alors qu’en réalité, à l’école, j’ai toujours eu les félicitations ! 😀

Tout ce qu’on m’a laissé passer dans le précédent endroit en fait m’est revenu en pleine poire. Je n’ai pas saisi la montée en gamme et ses exigences. En fait j’étais déjà limite et je ne le savais pas… Et là, sans être formée, prévenue au dernier moment, j’ai craqué et mes limites ont été atteintes. J’ai été emportée par la vague de mes désirs irraisonnés.

J’ai besoin d’écrire aujourd’hui parce que je sais profondément que ça me blesse. Pourtant jusqu’au dernier moment j’ai ri, même plus que d’habitude. Et je regarde cet épisode avec tendresse et remords. Et je n’arrête pas de me répéter que je me suis déçue. Mais quand je repense à ce que j’ai fait, ça me fait quand même rire. Une vraie bipolaire !

Tenue négligée, attitude et comportement à revoir, pas de techniques de vente, pas de compétences maîtrisées…

En gros, rien pour moi quoi. Puis ils ont ajoutés que je n’étais pas prête à remplir ce poste. Ont-ils raison ? J’ai plutôt tendance à penser que j’aurais pu, si on m’avait laissé plus de temps. Et un jour, j’aurais l’occasion de prendre ma revanche.

Si si, j’ai un bon contact avec les clients. Merci, je le savais déjà. Mais être gentille n’est pas un métier… Voilà ce que je me suis prise dans la gueule également.

Bim bam boum alors que j’ai l’habitude de presque tout réussir sauf ma vie sociale. Là, je n’ai réussi que ma vie sociale !

Mon bilan : je n’ai pas changé alors ? Incapable de mettre des limites entre ce que je veux faire et ce que je dois faire, j’ai cédé à la facilité, à l’amusement.

Je me dis que peut être je ne voulais pas réellement être là-bas et je me suis sabotée. Je me dis plein de choses. Trop de choses.

J’ai beaucoup de positifs et de projets nés de cette expérience, mais je me sens fatiguée. J’avais envie de vider ce qui me tracassait sur mon blog. Le psychologue du pauvre 🙂

Bonne nuitée ou bonne matinée les z’amis.

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