L’envie de mourir.

Salut la planète !

Pas un titre très engageant ce soir 😉

En même temps il ne faut pas sous-estimer le risque de suicide chez les personnalités surdoués et bipolaires, sujets dont je fais partie.

A chaque fois que j’entends – plutôt je lis – qu’une personne s’est ôté la vie, surtout si ça concerne la population des personnes plus sensibles, je suis touchée comme si je perdais quelqu’un de ma famille.

Et là ce soir, c’est ce que je ressens, l’envie de mourir. Ce qui serait incompréhensible, vous me connaîtriez actuellement  » L. elle a toujours la pêche, le sourire, elle ne fait que rire ! « . Je me fais remarquer pour ça. Pleine d’énergie, de vie, plus que la moyenne…

La vieille histoire du clown triste.

Depuis que j’ai commencé mon boulot, mi-juin, j’ai déjà fait 4 crises de larmes. Non, elles n’étaient pas inexpliquées. Il y a toujours une raison. Mais ces raisons valent-elles ces manifestations ?

Je pleure très rarement. Et encore moins en public. Sur 4 fois, j’ai pleuré 2 fois au boulot et 1 fois je suis partie rentrer dans ma chambre, envoyer un e-mail à ma chef comme quoi je démissionnais. Rien à foutre des conséquences. Une vraie crise de larmes qui dure 1 heure minimum.

Comme avant que je fasse ma première crise maniaque. Comme avant que j’abandonne mes anciennes études.

Le signal d’alarme est assez fort. J’ai réussi à passer au dessus, à faire comme si de rien n’était, j’ai augmenté la dose d’antidépresseurs. Puis là, après 2 jours de repos, je dois retourner au travail.

J’ai tapé sur google  » pourquoi j’ai envie de mourir « . Mis à part le numéro d’aide, je n’ai pas trouvé grand-chose sur cette sensation.

Mes pleurs sont de la colère refoulée. J’ai préféré pleurer et fuir que prendre un verre et le casser sur la tête de mes collègues de travail.

Oui, j’ai pensé que leur faire du mal serait éventuellement une bonne chose. J’ai aussi pensé  » si je les tuais, ou si je démissionnais, je ne ferai qu’ajouter aux préjugés de la maladie mentale ? « 

Du coup je crois que je retourne la colère contre moi. En fait, l’envie de mourir, c’est quand vous pensez aux gens que vous aimez, et que ça ne suffit plus pour vous retenir. En fait, les conséquences, on s’en fiche. Vite vite, on arrête tout, rideau.

J’ai lu deux choses intéressantes.

La première c’est que l’envie vient de mourir avec la perte de sens.  » Il faut donner du sens à la vie ». Penser que la vie est absurde, fait qu’automatiquement il est inutile de la vivre : on meurt tous à la fin.

Ces pensées m’accompagnent depuis trop longtemps, malheureusement. Les gens qui s’en sortent le mieux sont ceux avec des « croyances ». Quelqu’un comme moi qui ne croit en rien, et qui est plus sensible, magnifique combo ?

J’ai lu aussi qu’on ne dispose plus de ressources nécessaires face à la douleur. Que ce n’est qu’une sensation. Il est vrai, je ne suis pas tout le temps dans cet état. Mais il m’inquiète. Qu’il faut repousser l’acte si l’on n’y pense. Je ne pense pas à l’acte, je pense à dormir. La dépression est-elle revenue ?

Et je ne manque de rien. Dans ces moments-là, regarder tout ce que l’on a – ou pourrait avoir – les gens qui nous aiment, ne pèse pas assez dans la balance.

Si je devais décrire, je voudrais juste tout casser. Comme si il y avait une table bien rangée et que je pousse tous les objets par terre. Un enfant qui repousse la cuillère parce qu’il ne veut pas manger.

Je ne pourrais pas faire ça éternellement. Me voilà désormais taxée au boulot de « fragile », « chialeuse », « capricieuse ». Comment ça je suis fragile ?  » Non non, plus sensible je veux dire ».

Oui, et alors, je suis plus fragile de fait ? « Oui, c’est lié ».

Ceci est une conversation que j’aie eue.

Ici ou ailleurs, la fragilité a du mal à être acceptée. Je me mets la pression toute seule, et quand on me la met, je pète un plomb. Depuis enfant j’ai eu la chance de ne pas aller à la piscine si j’avais peur, de ne pas aller en cours si j’avais peur de rater, d’abandonner mes études si je ne me sentais pas à la hauteur. Je n’ai jamais encore démissionné sans rien derrière.

J’ai appelé ma mère, elle pourrait suivre difficilement financièrement, mais elle pourrait suivre. Alors je me fous une claque dans la gueule, allez, plus qu’un mois et demi. Après tout, c’est quoi ?

Et après ? Et après ? Je continue mes études, je change de boulot, de pays, je me repose, je fais quoi ? Où est le sens ?

Je retourne à mon insatisfaction, tellement grande quand elle a précédé ma crise maniaque. J’étais en couple à l’époque. Là, je suis seule, par choix. Je ne peux donc même pas me sentir prisonnière. Je coule seule.

Et c’est faux. Tout le monde autour de moi me demande de l’affection, j’en reçois plus que j’en donne. Des filles, des garçons, des demandes en mariage, des demandes de bébé 😉 Des gens normaux qui m’apprécient.

Moi, l’anormale. Qui parle fort, qui rit fort, parce que je n’arrive plus à m’adapter.

Parce qu’on me renvoie mes défauts à la gueule toute la journée. Oui, je n’aime pas ça. Et je déteste car je ne trouve pas la solution pour me corriger, notamment mes troubles de la concentration. On se moque, je n’ai pas de logique, j’oublie tout, je suis dispersée. J’ai beau essayer de tout cacher sous le tapis, ça me fatigue. Je compense, je compense. Encore combien de temps ?

Et à côté de ça, ma mémoire qui me nargue malicieusement. Elle se développe à un point qui m’impressionne en ce qui concerne les relations sociales…

Tout ce qui concerne le travail, elle me chie à la gueule. Comme si elle me disait  » c’est facile, mais ça ne t’intéresse pas ».

MAIS OK MAIS MERDE ? C’EST QUOI QUI T’INTÉRESSES ALORS ?

Je ne sais plus quoi choisir comme métier, comme activité pour m’épanouir. Je suis entre rien et nulle part.

Ça va mieux depuis que j’ai écrit. Ça fait longtemps que j’avais envie de le faire.

J’ai peur de craquer. Demain matin. Au travail. De tout envoyer chier. Et ainsi de ternir tous ces efforts que j’ai mis en place pour trouver ce travail, et y performer.

Je ne sais plus par quel bout me prendre. Mon estime de moi est écornée, comme si je n’arrivais pas à remonter la pente depuis ces années.

Je ne sais pas si je suis folle, débile, distraite, immature. Certains me renvoient cette image. Je ne la supporte plus. Je n’arrive pas à m’en défaire non plus, ça a toujours été ma très mauvaise stratégie d’adaptation.

Bon allez, je suis fatiguée. J’écoute un peu de musique, je vais écouter un peu d’hypnose pour me relaxer.

Bonne nuit et, ne prenez pas cet article comme une volonté de me tuer.

Je voulais comprendre et analyser cette sensation d’avoir envie de mourir. Ce qui pousse un être humain à vouloir s’en prendre à lui-même.

L.

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3 réflexions sur “L’envie de mourir.

  1. Salut L !

    Merci pour ton article touchant qui résonne en moi.

    Si je devais expliquer l’envie de mourir, je dirais que c’est un état d’âme en souffrance, une fatigue d’être soi.
    A quoi bon continuer à vivre si on souffre tous les jours ?
    Tous types de souffrances quotidiennes existent : ne pas pouvoir être à l’extérieur ce que l’on est à l’intérieur de soi, en est une redoutable…

    Heureusement, comme une émotion, cette envie de mourir ne dure pas, elle passe et fait souvent place à l’Espoir d’un jour meilleur.

    Bon courage pour le boulot L.
    Bises.

    Aimé par 1 personne

  2. J’ai l’impression de m’entendre parler ou penser comme je le faisais à une certaine période. Période pendant laquelle je souffrais beaucoup. Mais les choses ont commencé à changer depuis que j’ai commencé à m’accepter malgré ce que les autres pouvaient penser de moi. Même si je ne sais pas encore comment, je sais tout de même ce que je veux faire et quelle est ma vocation. En ce moment, ce n’est toujours pas évident pour moi de supporter certaines choses mais tout s’apprend au fil du temps. « L », sache que je te comprends parfaitement. Je sais à quel point c’est dur au quotidien, surtout d’entendre autrui rabâcher nos faiblesses à longueur de journée. Tu n’es ni nulle ni fragile. C’est totalement le contraire, supporter cette sensibilité et ce manque d’adaption tout en évoluant dans ce monde, est vraiment remarquable. Si tu veux savoir quelle est ta vocation, la réponse se trouve au fond de toi. L’influence qu’a le monde extérieur sur toi, te rend sourde. Lâche prise et suis ton intuition même si parfois cela paraît effrayant, destabilisant ou insécure. Mais crois-moi, tu te sentiras de mieux en mieux. Je n’ai pas de diplôme universitaires mais je sais que je trouverez le moyen de faire ce dont j’ai envie même si ça parait ridicule ou surréaliste pour beaucoup. En ce qui concerne tes collègues de travail, la solution c’est d’opter pour l’indifférence et le grand sourire aux lèvres. S’ils te provoquent ou te charrient, retournent leur le compliment mais à ta sauce, je sais que ton imagination saura te donner des astuces… tu sais, le genre de réponse qui fait réfléchir. Lol! (Ah! J’ai encore rédigé tout un bouquain comme d’habitude OMG) Courage ma belle!
    Hypersensiblement

    Aimé par 1 personne

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