Le plus gros défi de ma vie ?

Bonjour bonjour,

10 jours après mon dernier pétage de plombs, me revoici à la case départ.

Dans ma chambre, mal à la tête après avoir pleuré une bonne partie de la journée. A avoir abandonné mon équipe qui bosse à ma place. Mais plus possible, physiquement, mentalement.

Je me souviens alors de quand j’avais 19 ans – j’en ai 27 – en faculté de lettres. Où je me levais le matin, je pleurais, et je me recouchais directement.

Combien d’études et de boulots ai-je arrêté depuis l’obtention de mon baccalauréat ? Je ne sais plus.

Ça craque, ça déborde, ça coule, mon esprit hurle  » je ne veux pas y aller !!!!!!!!! « 

Il réfléchit mais ne trouve pas la solution. Enfin si. Il me fait pleurer jusqu’à ne plus pouvoir travailler. Mon corps me met les limites que je n’ai pas envie de mettre.

Durant ces 10 jours, j’ai eu un mieux-être en essayant le lâcher-prise. Le renoncement. Mes collègues se moquent de moi ? Tant pis. Mon chef me gueule dessus injustement ? Tant pis. Je suis fatiguée ? Tant pis.

Je prends tout avec humour, détachement. Et ça a super bien marché ! J’ai gardé le sourire, j’ai même aperçu des améliorations dans mon travail.

Et puis mon chef s’est mis à s’acharner de plus en plus, persuadé que je me moque de lui. Et aujourd’hui la personne qui s’occupe de mes futurs contrats m’a demandé comment ça allait.

Et là, j’ai pleuré, tout de suite. Ne jamais demander à quelqu’un qui fait semblant d’aller bien, comment il va justement ! 🙂

Alors rebelote, crise de larmes, mon chef qui passe par là pour savoir ce que j’ai dit, me répéter les mêmes choses, ne pas se comprendre lui et moi…

Et même résultat. J’ai demandé ma journée (enfin, je me suis cassée en pleurant puis après j’ai demandé). J’ai appelé ma mère pour démissionner. Là elle m’a dit qu’elle n’avait pas d’argent. Et c’est vrai que si j’arrive chez moi sans un contrat derrière je vais m’endetter plus ce qu’il ne faut et j’aurais le stress de chercher du travail et de prendre n’importe quoi qui passe.

Ma bipolarité tape à la porte. Est-ce typique d’une bipolaire d’agir ainsi ? Je n’en suis pas si sûre. Quoi que.

Je fais un métier très exigeant mentalement et physiquement. De lourds horaires. Des changements incessants. Une hygiène de vie difficile à garder. Un environnement très stimulant à tous les niveaux.

Puis quand je commence à trébucher, je n’assume plus.

Ce soir je suis obligée de réfléchir : mais pourquoi ?

Là je réfléchis en même temps que j’écris à toutes ces situations où j’ai perdu pied et je me suis cassée.

Ou en tout cas, où j’ai voulu me casser.

Il est vrai que dès que la pression augmente je vacille, si je pense que mon équipe ne me trouve pas à la hauteur, ou si elle est convaincue, je tombe. Si je ternis cette image de moi que j’ai et que j’ai envie de donner, voilà, je froisse le papier, à la poubelle. Dépression, je m’en vais, je change de boulot, d’orientation, afin de retrouver un peu d’air frais.

Pas le droit à l’erreur. Pas le droit de péter les plombs. Ce n’est pas moi qui instaure ces règles, c’est la société dans laquelle on vit. J’ai été formatée par ce genre de boulots. On est pressés comme des citrons, on est exécutants, des machines qui sont remplaçables à l’envi.

Il faut que je tienne bon. Il faut que j’assume mes erreurs. La vie me remet dans la gueule ce qu’elle me montre depuis toujours : vas-tu comme d’habitude abandonner en laissant une bonne image mais sans aller au bout ? Ou vas-tu continuer à te battre et accepter tes lacunes ?

C’est facile de partir. C’est facile de mourir. Mais ce n’est pas de la lâcheté. Les émotions prennent totalement le contrôle du cerveau. On ne voit plus rien dans le brouillard.

Mon esprit me hurle  » te battres oui, mais pour quoi ?  » ? Mon coloc’ me dirait : pour l’argent, pour aller jusqu’au bout de ce que tu as commencé…

Il a raison. Mais en fait c’est une mauvaise question.

Les vraies questions : je me bats pour QUI, et POURQUOI ?

Le défi c’est de rester 1 mois. Un tout petit mois sans craquer. Allez. Pour cela, il faut que j’accepte de faire de la merde. Ça y est, j’ai fait 2 fois de la merde, j’ai montré que – oh mon dieu – je n’étais pas ce roc si fort sur lequel tout le monde peut s’accrocher.

Oui je suis plus fragile, peut être. Oui je suis plus sensible, peut être. Oui j’ai peut être plus de mal à assimiler, à me concentrer, à mettre des limites. Oui je n’arrive pas à me calmer quand je parle ou je rigole fort. Oui je suis dégoûtée d’aller au travail car je sais que je vais me prendre des réflexions injustes et que pour l’instant je ne peux rien y faire.

J’ai pris ma décision, enfin, ma mère m’a un peu aidé, elle m’a dit non pour l’argent.

Allez OK je suis bipolaire, donc plus fragile. Mais je vais réussir à tenir. Tant pis si je craque encore ! Je craquerai, encore et encore ! Mais j’irai jusqu’au bout. Toucher ce putain de chômage.

Et qui sait : peut être aurais-je trouvé des solutions et des ressources insoupçonnées chez moi ?

L.

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