Xanax, mon amour.

Yo !

Hey, je suis toujours vivante ! Certes, désormais en arrêt maladie prolongé. Bye bye, je rentre chez moi. Au revoir le boulot saisonnier sur lequel je m’étais fixé des challenges.

A défaut de n’avoir pu me faire craquer mentalement, on a attaqué le physique. Hé oui, je ne suis pas assez musclée du dos pour faire de la manutention pendant 12 heures ! Quelle surprise. J’ai donc un problème de dos.

Pas grave. J’ai sauté sur l’occasion de me tirer. Puis je suis revenue sur ma décision, j’ai voulu rester. Puis en fait, j’ai voulu repartir, et ce sera mon dernier choix.

C’est fou le nombre de gens qui « m’aiment » ici. Je ne parle même plus des hommes à ce stade-là. Je côtoie une équipe de 300 personnes depuis 1 mois avec environ 1200 clients qui changent toutes les semaines.

A force de me l’entendre dire, je sais pourquoi on m’adore.

En fait, on appelle ça la « L.thérapie » ( dans la réalité on ne dit pas L., on dit… mon prénom ! ) Les gens se sentent à l’aise, comme à la maison, on discute, ils peuvent déballer toute leur vie, je les écouter, je les comprends, je les fait rire…. et ils me connaissent à peine. Ils sentent intimement que le fond est bon, et mes facéties de gamines ne sont là que pour cacher l’ennui que me procure mon intelligence.

Putain, cette dernière phrase, je la foutrais bien dans un de mes poèmes qui ne rime pas et qui ne respecte aucune loi.

Vraiment ce qui ressort, le mot c’est : L’ A U T H E N T I C I T E

Je suis vraie. Quand on côtoie autant de monde et que les mêmes réactions et mots reviennent, on finit par y croire.

Oui oui, on me dit que je suis superbe, et j’avoue, je kiffe. Mais mon cœur est blessé depuis maintenant 10 ans, date de ma première histoire d’amour. Parfois je me demande si mon fond dépressif ne vient pas « seulement » de là. S’il était là, avec moi. A côté de moi. Est-ce qu’il pense à moi ? Pourquoi j’y pense encore ?

Bref, peu importe les compliments physiques puisque je vois ces mâles se pâmer devant cette beauté chaude… et froide. C’est comme si j’étais un challenge : qui fera fondre le cœur du tit biscuit ? Personne, en fait. J’aime tout le monde de la même manière. A la manière de quand je croyais que j’étais une prophète. D’un amour absolu dans sa plénitude sans distinction de races, de sexe, etc. J’aime la plante comme j’aime l’être humain mauvais.

Et dans ma mauvaise histoire, je me compare à ce petit garçon que j’ai rencontré. Je me suis demandé pourquoi je l’ai aimé autant aussi vite ? Puisqu’on sait bien si on lit ce blog que la question d’avoir ou non des enfants me préoccupe. PIRE. M’obsède. Quand on sait que sur 1200 clients je côtoie 600 enfants.

Un magnifique petit blond aux yeux bleu. De 6 ans. Déjà, j’étais plus du tout objective. Ensuite je lui ai demandé son prénom.

Et là, pour la seulement 3ème fois de ma vie, j’entends le prénom de mon premier amour. Et je le vois lui, ce petit garçon, en train de faire l’intéressant, rire, poser des questions naïves et venir me demander s’il peut m’aider à travailler.

WTF ?

Aucun enfant ne demande à une personne adulte de l’aider à travailler. Je pense que c’est un petit zèbre, si pur, si naïf encore. Un surdoué quoi. Qui m’a raconté déjà son histoire triste. Et je me sens comme lui. Dans la mauvaise pièce, dans le mauvais rôle.

Je lui ai demandé pourquoi il n’était pas à jouer avec les autres enfants et les animateurs ? Il m’a répondu qu’un autre petit garçon a embêté une fille et ils ont dit que c’était lui du coup il a été jarté. Et il a pleuré car on lui a dit devant lui. Sa mère m’a dit  » pour qu’il pleure c’est vraiment que…. ».

Je ne suis pas restée assez longtemps pour aller foutre le bordel dans l’équipe d’animation des petits. Je les aurais tous brûlés, un par un. Donc il était là, à côté de moi, à poser des assiettes en plastique pendant que je distribuais des crêpes.

Alors j’ai fait ce que j’ai cru bon. J’ai fait la différence pour un petit garçon différent. Plein de bisous, de câlins, de déclarations, de rigolades, et puis je n’ai pas pu lui dire au revoir, il m’a fait des photos avec ses dents qui manquent et même une vidéo.

Voilà, je suis comme lui. Aujourd’hui, on m’a dit quoi ?

Je suis une fille D I F F E R E N T E

Mais dans le bon sens. Bah oui. Une fille sympa quoi genre elle arrive le matin, elle rigole, elle est gentille.

Wahou, je fais partie donc d’une espèce rare.

En fait, maintenant je dis il y a « les humains » et puis « moi ». Sans plus aucune modestie, tabou, tout ce que vous voulez. Je hais mon espèce.

Mon espèce fait qu’aujourd’hui la fille la plus gentille de l’équipe s’en va, avec le dos fracassé. Ils sont pas mauvais tous, mais. J’ai eu le droit à : chantage, manipulation, humiliation, trahisons, surcharge de travail, harcèlement…

Puis mon cerveau tourne depuis des année.

Mais. POURQUOI MOI ?

J’avais envie qu’on me le dise une fois, en face. Et un collègue me l’a dit aujourd’hui. L. ils savent que chaque jour tu vas en apprendre plus et les dépasser.

J E A L O U S Y

Et c’est moi qui perd à la fin. J’ai l’impression qu’on est dans star wars, le bien, le mal, les méchants, les gentils.

Comment eux se considèrent-ils dans leur tête ? Gentils ? Il y en a un qui jubile de m’avoir vu me faire mal, il ne se cache même plus. Comment on peut en arriver à ce point-là ?

Pareil mon chef m’a dit que si j’avais été un garçon il aurait souhaité me frapper.

En fait, mis à part être docile, gentille, drôle, encourageante, protectrice, etc. je ne vois pas comment je peux susciter ce genre de réactions.

Bref, on croit que j’ai perdu. Que je ne suis pas assez forte. J’ai pensé moi aussi que je n’avais pas réussi à montrer ce dont j’étais capable, que je n’ai pas su me protéger.

En fait, c’est juste que je n’arrive pas à leur faire du mal. Parce que pour rien au monde je ne voudrais être eux, avec leur physique, leur mental, leur histoire.

On a toujours vu dans les dessins animés comme Kirikou (voyez ma superbe culture) pourquoi Karaba la sorcière est elle aussi méchante ? Parce qu’elle a mal.

Moi aussi, j’ai mal. J’ai un profond mal être qui grandit de jour en jour. Mal être, c’est bien le NOM !

TU AS TOUT POUR TOI

Voilà ce qu’on m’a dit aujourd’hui. C’est pas faux. Et je pourrais avoir plus.

Mais mon être se sent mal. Il ne se sent bien nul part.

Xanax, mon amour, pour la première fois, j’ai dû prendre des antianxiolitiques.

Sans trop grande surprise, ça marche pas trop sur moi. Pour me faire arrêter le cerveau faudrait un somnifère pour cheval !

J’ai l’impression d’avoir cette maladie qu’on les poètes maudits. La mélancolie, le spleen. Je partage avec eux mon amour pour l’alcool.

Je suis tombée par terre… C’est la faute à Voltaire ?

Malheureusement ces temps-ci j’ai tendance à dire que je finirai par me suicider. Ça n’annonce rien de bon ce genre de pensées.

Je n’ai pas envie d’en parler, je n’ai pas envie d’inquiéter. J’ai mes médicaments antidépresseurs, anxiolitiques, thymorégulateur. Je vais être payée à rien foutre chez moi tranquillou. J’ai 2 diplômes, de l’expérience professionnelle, 125 de QI, un physique mignon, la santé, la famille, même si ce n’est pas parfait.

Ironiquement, j’ai été publiée quand j’avais 17 ans, la dernière phrase : « pour une fille qui a tout, elle devrait être heureuse ».

Les ados devaient disserter là-dessus.

J’espère qu’ils ont trouvé la solution. Parce que moi, pas.

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Une réflexion sur “Xanax, mon amour.

  1. L’article « Le plus gros défi de ma vie? » est de loin ce que tu as produit de meilleur ces derniers mois sur ton blog. Georgia on my mind, je suis une bombe sexuelle désirée de tous les hommes, j’ai un Q.I plus gros que ta b…J’ai failli écrire un commentaire très méchant, mais je me suis ravisé. J’ai l’impression que t’es dans le déni et le narcissisme méprisant dans la moitié de tes articles…

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