Je n’arrive pas à sortir de mon lit.

 

lit douillet

Bien le bonjour !

Est-ce que cela vous concerne ? Moi en tout cas, évidemment !

C’est terrible, cette attraction du lit. Je l’ai toujours eue d’aussi loin que je me souvienne. Enfant des grasses matinées à n’en plus finir. Collégienne, des jours sans rien faire d’autre qu’être sur l’ordinateur ou dormir.

C’est au lycée où l’addiction à mon lit s’est aggravée.

Dès que je rentrais le soir, vers 17 h ou 18 h si je ne m’abuse, je jetais mon sac de cours puis je dormais. Jusqu’à que ma mère me réveille, qu’on mange en 5 minutes, et que je retourne me coucher jusqu’au lendemain.

Il m’arrivait souvent de sécher les cours. Pas envie de me lever. Ma mère ne me disait rien puisque mes facilités (ma douance) me permettaientt de quand même bien réussir, même si je ne fais que rarement mes devoirs, et dans la souffrance.

Dans les études supérieures, ça s’est encore aggravé. Là je séchais des journées entières. Je vivais seule, je rentrais, je mangeais beaucoup, j’avais du mal à m’endormir, je ne faisais pas mes devoirs, puis j’ai commencé à sécher les cours. Parfois 2 fois par semaine. Plus tard dans mes études, je dormais en cours. Puis je recommençais à sécher car je n’arrivais plus à me lever. Mes dépressions s’enchaînaient et se ressemblaient.

Au travail j’ai réussi à ne pas dormir et même je crois qu’au contraire l’activité me stimulait.

Puis un jour vint le chômage. Tardivement car j’ai toujours été en activité ! Mon premier long chômage de septembre 2016 à janvier 2017. 5 mois de chômage.

C’était aussi lié car j’habitais avec mon ex petit ami schizophrène, j’avais déménagé chez ses parents. Je n’avais pas envie de déranger, mes repères étaient bousculés, la pression de trouver un travail, et la non-envie quelque part de trouver ce travail là-bas, le non-épanouissement de mon couple… Je passais mes journées comme une loque sur le canapé.

Quand même, à cette époque, j’avais commencé mon régime, les cours de sport, et il est vrai que je cherchais activement du boulot. Mais il m’arrivait trop souvent à mon goût de dormir. Le matin, je dormais. L’après-midi, j’allais faire la sieste. Le soir, je dormais à 23 heures . Puis évidemment j’avais des insomnies car j’ai du mal à dormir avec quelqu’un, j’étais stressée et déprimée.

J’avais quand même réussi à me recréer une vie sociale il me semble également, à aller marcher seule aussi. Le bilan n’est pas si négatif. Mais je n’en pouvais plus de dormir, d’autant que la famille de mon ex me mettait la pression.

Puis après cette période où j’ai quitté mon ex, et qu’on m’a appelé pour le boulot, s’est allé mieux. Forcément, j’étais en activité. Puis vint ce qu’on appelle « l’inter-saison ». Ces semaines, ces mois où vous recevez le chômage en attendant la prochaine saison.

Pour quelqu’un qui a de l’argent, des amis disponibles, cela aurait pu être mieux. De mon côté, je suis toujours restreinte financièrement. Et là aussi, pendant 2 semaines, au lit… Petit à petit j’ai relevé la tête, j’ai pris des petits boulots, je suis retournée marcher, je me suis fixée des objectifs, pas à pas. Mais tellement de souffrance, de quête pour me lever de mon lit, ce refuge où je peux aller me loger sans problème.

Bilan : je suis arrivée dans ma nouvelle saison, aigrie car pas eu vraiment de vacances. J’ai profité, mais légèrement. J’ai quand même passé trop de temps à dormir à mon goût.

Et là, la pomponade, le mois d’août……. pfffff. En arrêt maladie depuis le 3 août. Les deux premières semaines j’ai dormi, ce qui justifiait selon moi le repos de mon dos. Mais depuis que je suis rentrée… Je ne suis pas satisfaite de moi. Je me remets aux insomnies. Je dors tôt le soir, tard le matin, et l’après-midi je fais la sieste !

Enfin, pas tous les jours. Il m’est arrivé quand même de sortir, et par ailleurs de vivre des aventures rocambolesques je ne vous ait pas raconté. Mais tout me semble long.

Un mélange de fuite de la réalité, de procrastination, de dépression, de questions existentielle, d’anxiété, d’envie de mourir… Pourtant j’ai ma petite liste des choses à faire, qui attend là, tranquillement. Je n’ai toujours pas rangé et lavé ma chambre. J’ai même laissé une valise pas défaite ah ah.

Alors c’est en dent de scie. Apparemment c’est un trait du bipolaire. Ça m’est insupportable.

Comment font ces autres ?

Ils se forcent. Mais d’où tirent-ils cette énergie vitale ?

Demain, j’ai une sorte d’entretien d’embauche. Au final, j’ai accomplis pas mal d’actes depuis que je suis retournée chez moi. J’ai quand même profité.

Le temps m’a appris que je ne pouvais quasiment pas lutter dans ces moments-là. J’essaye, tous les jours, je mets mon réveil, je fais des listes, je me persuade, dès que je sens un brin d’énergie je saute dessus…………..

Je me culpabilise moins. Au final, j’arrive toujours à faire ce que j’ai envie, diplômes, travail, relations sociales. J’ai une belle vie si je regarde bien.

Mais mon lit est un piège constant. J’y pense, j’y vais souvent, j’en ressors, les heures passent….

Mon activité principale dans le lit, c’est me balancer allongée, du côté droit vers le côté gauche, pendant des heures avec de la musique. Ca me fait je ne sais quelle source de plaisir. Je le fais aussi le soir avant de m’endormir, pendant la nuit, et mes jambes aussi.

Apparemment le soir, j’aurais le syndrome des jambes sans repos. Là aussi, faudrait que je consulte, pfff…

Apparemment c’est lié à l’anxiété. Alors je dois terriblement être anxieuse ! Si je pouvais le faire toute la journée je le ferai !

A tel point qu’à partir de mes 19 ans, dormir avec quelqu’un est devenu une torture. J’ai un mauvais sommeil, je me réveille pour rien… Et depuis que j’ai 17 ans j’ai toujours été quasiment en couple.

Ce balancement serait typique des personnes atteintes d’autismes. Vous pouvez avoir l’image de ces enfants qui se balancent d’avant en arrière, réveillés, pendant des heures, en maugréant, parfois. On appelle ces mouvements des « stéréotypies ». Qui a priori permettent de calmer la grande anxiété de ces personnes.

C’est donc ma manière à moi, et à d’autres, de se calmer. Certains parlent de TOC (troubles obsessionnels du comportement). C’est vrai que ce qui m’embête c’est de ne pas pouvoir y résister. J’ai l’impression que chaque jour je lutte contre ce lit si douillet.

Apprendre à s’accepter comme on est, je n’ai pas le choix. J’ai arrêté de m’auto-punir de ces comportements, de culpabiliser, d’essayer de comprendre. Par contre j’essaie toujours de trouver des moyens pour les calmer.

Je vais voir avec mon psychiatre pour tout ce que je pense avoir actuellement : tremblements des mains essentiels, syndrome des jambes sans repos, et balancement continuel.

Il est 17h22, et je n’ai quasiment rien fait de ma journée. Tout est prévu dans ma tête. Mais mon lit m’appelle. Fuite de la vie, douceur dans les bras de Morphée… C’est fou tout ce que j’ai envie de faire, je passe mon temps à l’imaginer dans ma tête, à le visualiser, mais ça ne marche pas.

Allez, demain, je suis obligée de sortir. Tant mieux. Je ne me suis toujours pas lavée. Demain, comme d’habitude, je vais regretter tout ce que je n’ai pas fait aujourd’hui. J’avais le temps. Et si je rate mon entretien, je me dirai « comme d’habitude! ». Mais la procrastination (le fait de tout faire à la dernière minute) n’est pas loin aussi.

Sur ce….

Je vais essayer de me motiver.

Des bisous !

L.

 

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