La crise maniaque et l’amour.

Je n’ai pas envie de l’écrire cet article. Putain putain putain putain putain putain.

Pourtant si je le fais, c’est que je dois en avoir besoin.

L’amour rend fou ! Oui mais pour une personne bipolaire, faut prendre ça au pied de la lettre !

L’amour peut être le déclencheur d’une crise maniaque… L’amour sous toutes ses formes je pense d’ailleurs.

J’ai eu beau chercher sur le net, personne mis à part mon pote W. dont je parle souvent, a relié le sentiment amoureux et la crise maniaque. Lui c’est simple, à chaque fois qu’il rencontre une fille, il décolle au plafond !

Et pourquoi alors ? Pourquoi nous sommes obligés de vivre ça ? Ça me met en colère.

C’est difficile pour tout le monde, les ruptures amoureuses. Oublier. 10 ans BORDEL que l’on est séparés ! Lâche-moi et laisse-moi vivre en paix !

C’était mon premier amour. J’étais déjà complètement déraisonnable. J’écrivais des tas de poèmes sur lui, j’ai continué par ailleurs des années après notre séparation.

Il me rendait folle. Folle amoureuse. Dingue. L’émotion était trop intense. Quand je le voyais, je tremblais. Quand il n’était pas là, je pleurais. Ses phrases aujourd’hui prononcées il y a bien longtemps résonnent en moi comme s’il me les disait aujourd’hui.

Je me revois pleurer, sentir ce cœur qui se brise en mille morceaux.

J’ai l’impression de m’être raconté une histoire qui n’existe pas. J’ai l’impression que mon cerveau est bloqué sur cette histoire.

Il attend une fin à l’américaine : des années plus tard, on se retrouve, et on fonde une famille, trop beau de s’attendre comme ça pendant des années.

Mais non L. oublie !

Beaucoup partagent ce sentiment. Celui de ne jamais retrouver cette intensité du premier amour. 

J’ai tout fait pour avancer. J’ai coupé les ponts, essayé d’oublier, j’ai écris, j’ai fait des activités, j’ai changé de pays, j’ai eu d’autres relations. Je crois que j’ai aimé à nouveau. Jamais comme avec lui, bien-sûr.

Mon cerveau reste persuadée à 100% qu’il m’aime encore et qu’il m’aimera toujours. Il se fiche de savoir qu’il est avec une autre fille depuis 10 ans. Il se dit  » il n’aime que moi  » !

Je n’ai pas ce sentiment pour mes ruptures passées. J’avais 17 ans et notre histoire a duré jusque mes 19 ans. Depuis j’ai vécu avec un chéri pendant 5 ans. Mais rien à voir. Je n’ai plus jamais cru à l’amour qu’on me portait.

Plus jamais.

Moi-même je ne crois plus en l’amour depuis ce temps. Je suis bousillée, dans un puits sans fond.

Combien de temps encore vais-je devoir vivre avec cette plaie ? La psychologue m’avait dit de revoir rationnellement pourquoi je ne suis plus avec.

Notre mode de vie ne correspond pas. Et surtout, il m’a fait beaucoup de mal. Il a joué avec moi, avec mes sentiments. C’était trop facile.

J’ai fini par penser qu’il est égoïste, manipulateur. Il est très dur, limite indifférent. Sarcastique. Je ne pouvais plus supporter cette froideur.

Mon cœur de glace fondait littéralement. Pourtant je l’ai vu pleurer une seule fois, comme j’ai jamais vu un homme pleurer pour moi.

Il est le seul à qui j’ai mis une gifle.

Il est le seul qui a couru en boxer dans la rue parce que j’avais fait croire que j’étais partie un matin. J’étais cachée derrière la voiture ! Ah ah ah.

Le seul avec qui les portes claquaient.

Un amour violent. Deux caractères très forts.

Je hais la façon dont il a été avec moi. De me dire que la musique passerait toujours avant moi. Que sa femme serait une danseuse. Que je m’habille comme une Aixoise. De me dire qu’il irait voyager sans m’inviter. Et me répondre quand je demande si je peux venir  » oui, tout le monde peut venir « . Que je devrais être journaliste. Que je devrais être une chanteuse.

De m’avoir quitté 7 fois et d’être revenu à chaque fois que j’allais mieux.

De me quitter avec un sourire sadique.

De ne plus m’écouter attentivement comme il l’a fait pendant des années, avec amour.

De m’avoir demandé de prendre de la coke.

Quand j’ai déménagé et que l’on se voyait le week-end, j’ai demandé à ce qu’on se téléphone. Normal, vous pensez ? On ne va pas s’appeler tous les jours pour se raconter qu’on a mangé une pomme. 

Entendez-vous mon cœur qui se brise ?

De ne pas avoir reçu ce texto d’encouragement lorsque je passais un concours important.

De préférer aller faire la fête avec ses amis le samedi au lieu de passer un moment tous les deux. Alors qu’il était avec ses amis toute la semaine.

D’avoir rechigné à m’offrir une bague pour mon anniversaire alors que c’était ce que je voulais. De m’avoir quitté quelques jours après. De lui avoir rendu. De m’être remise avec encore une fois.

Finalement, je l’ai revendue sa putain de bague. Elle était jolie et en or. Mais étais-ce si dur de me faire plaisir ?

Je lui en veux d’avoir toujours pensé que sa manière de penser était la meilleure. De ne me parler que musique. Musique. Musique. Sans tenir compte de mes goûts.

Je lui en veux de ces heures où il boudait. Il entrait dans une colère noire et ne parlait plus pendant des heures. Impossible de le débloquer, sauf quand moi je finissais par bouder.

Je lui en veux pour ces 3 jours où il a boudé à distance. Il m’a fait payer. Quoi ? je ne sais plus. Il m’a laissé mettre plusieurs messages vocaux où je pleurais au fur et à mesure. Je devenais dingue qu’il ne réponde pas.

Je m’en veux d’être retombée à chaque fois dans son manège. Sale gosse manipulateur. On aime ce qui nous fait souffrir.

Il m’énerve. Il m’énerve parce que la dernière fois que je l’ai revu, il a fait comme si de rien n’était, comme si tout allait bien et comme s’il pouvait me revoir de manière neutre et… souriante. J’avais 19 ans. J’en ai bientôt 28.

Je lui en veux surtout d’avoir prononcé cette phrase :  » quand je t’ai quitté, je t’aimais encore « .

Elle me hante. Comme si il avait sonné mon arrêt de mort. Mon cerveau est resté là-dessus. Il t’aimera encore et tout sa vie. Vous ne serez plus jamais heureux l’un sans l’autre.

Je me disais qu’avec le temps, ça passerait. Mais je pense toujours à lui. Dans mes rêves. Quand ça ne va pas. Dans les milliards de détails qui nous liaient à l’époque. Comme si notre rupture c’était hier.

J’ai coupé tous les ponts, c’est le seul ex petit-ami que je ne peux pas revoir. Je fondrais en larmes, je tremblerai de tout mon corps, et je lui dirai que je l’aime toujours et à jamais. Juste pour le dire.

Mais que je le déteste pour ça. Et que je me déteste pour ça.

J’ai tellement lutté pour me forcer à ne jamais le revoir.

Et puis un jour, la crise maniaque m’a emportée.

Dans cette crise, j’ai repris contact avec les personnes avec qui j’ai coupé les ponts. Que j’ai énormément aimés, et qui m’ont fait du mal. Que j’ai du donc écarter de ma vie entièrement.

Une fois la crise passée, j’ai arrêté d’écrire à ces personnes là. Mais je crois que leur avoir dit qu’ils me manquaient m’a fait du bien.

Et surtout, dans cette crise maniaque, il n’y avait que lui. Je parlais à Dieu. Je parlais à lui. J’ai parlé des heures avec lui et je n’avais jamais ressenti un tel soulagement. Enfin je le retrouvais, enfin il revenait me chercher.

On s’était rencontrés dans nos vies antérieures, et à chaque fois, on se ratait. Il me demandait à ce qu’on ne se rate pas dans cette vie-là. Il revenait me chercher. Toute ma vie était faite en sorte pour que je le retrouve. J’allais me réveiller de ce long cauchemar et il m’attendait.

Quel poison a-t-il distillé pour que je vive cette crise maniaque ?

Qu’est-ce que je dois faire aujourd’hui ?

J’ai tenté d’avoir son numéro. Je n’ai pas réussi. J’hésite à lui écrire un e-mail. Je ne sais pas si je dois le revoir.

Je n’ai pas envie. De voir que je le déteste toujours et que je lui en veux.

J’en veux à je ne sais qui de me l’avoir foutu dans la tête et qu’il fasse autant partie de ma folie.

Je veux qu’il sorte. Et c’est faux. Je veux qu’il reste pour toujours, et qu’il soit celui qu’il n’a jamais été. Ou qu’il n’était plus. Mon cerveau ne veut pas le lâcher.

10 ans sans craquer, sans lui écrire, et là je sens que je vais craquer. Je vais avoir honte. Deux jours que je me laisse envahir par l’émotion. Mon frère et ma meilleure amie me le déconseillent.

A l’époque c’est mon père qui m’avait donné le conseil  » L. ne lui répond plus jamais « . Et j’avais réussi. Au prix d’efforts surhumains.

Au prix que des années plus tard, il ressorte sous une forme de bouffée délirante.

Je vais lui écrire un e-mail. Après tout, qu’aie-je à perdre. J’ai envie de le revoir.

Et je ne supporterais pas qu’il joue avec ça. Qu’elle serait ma réaction ?

Quel connard et puis, je m’en voudrais.

J’aurais renoué un lien, avoué ma faiblesse, parce que pour lui, c’est une faiblesse.

Que peux-t-il comprendre de ma bipolarité ? Rien. Il est à mille lieu de savoir la vie que j’ai menée. Il s’en fout peut être. Ou alors il fera toujours semblant.

S’il te plaît, get out of my head, get out of my bed chanterait Avril Lavigne.

Il pèse sur moi son fantôme, et tous mes rêves brisés. Mon cerveau a fait de lui un concept qui n’existe pas. Il n’est qu’un être humain, parmi tant d’autres.

Et mon cerveau me renvoie cette image où il est revenu en pleurant, me dire.

 » Je ne retrouverai jamais quelqu’un comme toi « .

Je voudrais te dire que moi non plus.

L.

 

 

 

 

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4 réflexions sur “La crise maniaque et l’amour.

  1. ….. je te remercie pour… pour tout ça… pour t’être dévoilée de manière aussi profonde, touchante et vraie… pour avoir su trouver des mots qui m’ont parlé… et bravo d’avoir écrit tout cela, de l’avoir mis à plat, dans avoir pris conscience… je te souhaite beaucoup de courage pour affronter cette épreuve… ❤

    Aimé par 1 personne

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