La bipolarité, l’amour, et les signes.

Merci pour vos commentaires encourageants !

Pour ceux qui me suivent, ce blog est alimenté en majorité par des articles dépressifs, d’angoisses, de crises existentielles, de renoncement…

Je crois que la vie n’est qu’une succession de hauts et de bas. C’est pareil pour tout le monde ! Mais c’est comme si nous – pauvres hypersensibles que nous sommes – nous remettions à chaque fois notre existence entière quand nous sommes en période basse. Les gens autour de moi ne semblent pas s’enfoncer si profondément dans de telles tergiversions. 

Comme si le ciel nous tombait sur la tête, avec la certitude tenace que nous n’en sortirons jamais et que nous allons souffrir, souffrir, toute notre vie, dans un cercle sans fin.

Oui, nous souffrirons. Mais oui, je crois que l’on a le droit à ces éclaircies. Comme tout le monde.

Alors vite vite, je profite, avant que la dépression hivernale arrive et me grignote mon énergie. J’ai de la chance, il fait encore très beau dans le Sud de la France.

J’ai enfin raconté à mon nouveau chéri ( 2 semaines de couple ) l’épisode de la crise maniaque. Il a quand même halluciné. J’ai eu peur d’avoir encore saboté ma relation. Apparemment pour le moment, non. J’essaie de me montrer la plus stable, la plus cohérente possible, et de ne pas m’apitoyer sur mon sort, et de ne pas en parler.

Vivre comme si je pouvais vivre avec ma bipolarité. Et pourquoi pas, d’ailleurs ? Tous les bipolaires ne se suicident pas. Certains ont une vie, un travail, un couple, des enfants. Et même s’ils n’ont pas tout cela, ils vivent, et certainement avec une part de bonheur. C’est encourageant.

Le bonheur ce n’est pas non plus correspondre à l’idéal de la société.

Alors j’en viens à parler des « signes ». Ces fameux signes, présents dans les bouffées délirantes et les crises maniaques.

Ceux qui sont passés par là, vous le savez. TOUT prend un sens. L’oiseau qui chante est traduit dans votre langue, l’arbre qui vous parle, le rayon de soleil qui vous illumine parce que vous êtes « l’élu », votre faculté de télépathie, votre rapport avec les étoiles et les astres, votre rapport avec la religion, la soudaine prise de conscience que les esprits existent, la réincarnation, que vous discutez tranquillement avec Dieu, vos super-pouvoirs, bref, la liste est longue….

J’ai toujours été fascinée par le fait que les thèmes sont souvent récurrents, malgré toutes nos différences culturelles, de sexe, d’éducation. 

Alors mon chéri me parle souvent de signes.  » Tu as vu L. ? C’est incroyable ce qu’on se ressemble, c’est un signe. « . Je lui demande s’il croit aux signes, il me dit oui.

Bon, on va devoir clarifier quelques points.

Les signes et moi, c’est plutôt la fuite. Le psychiatre m’a conseillé de m’éloigner de tout ce qui à mon goût représente un « signe ». Les lettres, les nombres, les mêmes phrases, les mêmes intérêts chelous, etc.

Alors je les vois, ces signes. Je ne dis rien. Je les mets dans un coin de ma tête, et je ne rebondis pas. Après tout, des signes, on peut en voir partout si on y réfléchit ! Mais parfois ça me fait peur aussi. De croire en ces signes qui prennent une logique. Je me répète que c’est mon cerveau qui a envie de se bercer d’illusions pour rendre notre rencontre romantique.

Alors je le laisse s’extasier, et de mon côté, je regarde d’un œil curieux – et Ô combien méfiant ! – ces coïncidences. J’ai de la chance, je crois plus aux probabilités qu’aux signes. Ça, c’est quand je ne suis pas en crise maniaque 😀

Des signes, j’en ai trouvé dans chacune de mes histoires d’amour. Et mon côté hyper méfiant essaie de lutter contre ces hormones de la nouveauté et des papillons dans le ventre, dans l’immense espoir que l’amour, le vrai, existe, et que cela pourrait être potentiellement l’homme de ma vie, et non pas encore une belle histoire qui se terminera toujours de la même façon.

C’est troublant. Quand ça arrive, j’ai le souffle coupé. Je me tais. Je prends mon temps avant de formuler une phrase. Je fais semblant. J’ai tellement peur de plaquer mes envies sur ce garçon. J’essaie de voir toutes nos différences, d’un œil bienveillant. Et je plaque aussi mes peurs, celles de ne pas vouloir m’attacher. Mes peurs que ce soit encore un garçon qui ait envie d’amour, peu importe la fille qu’il choisit.

Alors j’avance, je recule, j’avance, je recule. Et ces signes m’appellent. L. alllleeez, tu vois bien, l’univers a orchestré tout ceci pour que tu en viennes à lui, et si ce n’est pas le bon, ce sera celui d’après qui correspondra encore mieux à ce que tu es…

Mais chut, oh ! 😀

Depuis 4 ans que j’ai été diagnostiquée bipolaire, je ne suis plus jamais remontée en bouffée délirante. Pourtant, j’ai fait quelques nuits blanches, j’ai pris quelques caisses d’alcool, je n’ai pas toujours eu un rythme stable, et j’ai vécu de grandes émotions négatives surtout, j’ai fait du sport à outrance, j’ai pris des excitants à outrance, etc.

Mais ma conscience est bien posée, elle surveille mes faits et gestes, elle ne veut plus jamais revivre ça.

Quelques semaines de bonheur artificiel, quelques mois ? Pour tout briser ? Non merci. Je m’ancre dans la réalité, et j’y reste profondément. Par contre, les dépressions s’enchaînent et ne se ressemblent pas.

Mon niveau d’énergie est pourtant parfois au-dessus de la normale. Et quand je redescends un peu, je comprends que les gens autour de moi, que les recruteurs soient effrayés. J’ajuste le tir dès que je peux.

Alors ces signes, on en parle. OUI, je les vois mon poussin d’amour. Oui, ça me fait plaisir qu’ils puissent exister.

Mais ma conscience veille au grain. Bien-sûr, ça gâche un peu cette magie que je pourrais vivre à fond. Mais je n’ai pas encore de preuves suffisantes pour penser que l’Univers, Dieu ou mes couilles m’envoient un message clair. Je préfère penser que JE créé ma réalité, et que je me donne les moyens de trouver ce qui sera adapté à moi.

A suivre !

Et vous, les signes, vous les voyez ? Vous y croyez ?

Tendrement vôtre,

L.

 

 

 

 

 

 

 

Publicités

4 réflexions sur “La bipolarité, l’amour, et les signes.

  1. Salut « L. »

    J’ai beaucoup aimé cette page sur la bipolarité, l’amour et les signes. J’ai beaucoup ri, car je me suis complètement retrouvée !!!
    Ça faisait un moment où je te trouvais moins cohérente, pas trop lucide, et moins claire dans tes propos, mais là, j’avoue, je me suis régalée à te lire !!!
    C’était clair, net et précis, et on sent que tu es au mieux de ta forme, et on prend plaisir à te lire et te suivre 😜
    Tu sais, moi j’ai 54 ans, et ils m’ont mis au placard (retraite pour invalidité, cause inaptitude totale à l’exercice de mes fonctions dans la fonction publique) grâce à cette satanée bipolarité, et à mes crises maniaques.
    Donc, je comprends, ce que tu vis au quotidien, car pour moi, ça à commencé lorsque j’ai eu 31 ans.
    Ça fait 2 ans que je ne travaille plus, et je le vis comme une injustice, car je faisais bien mon job et j’étais comme toi, un clown, toujours à sourire, faire rire, et j’étais très appréciée de mes collègues.
    Mais, voilà, pour moi, plus de vie sociale, je me suis sentie rejetée et de ce fait, je me suis coupée du monde, afin d’être certaine, qu’on ne me jugera plus avec cette étiquette « trouble mentaux car bipolaire » 😞
    Alors, maintenant, je prends plaisir à lire tes introspections, tes articles, et tout cela me rassure de voir et savoir que je ne suis plus la seule à errer dans cette douce folie.

    Bises

    Ange

    Aimé par 1 personne

    • Merci pour ton commentaire ! Oui prise dans les tourments, les affres du mal-être, on n’arrive plus je crois à être objectif sur sa situation… Trop basse ou trop haute… Là je vise l’équilibre, le calme, etc. Je vais bien, pas trop de rechutes, je lâche prise. Bises à toi et contente que tu aies aimé cet article !

      J'aime

  2. J’adore te lire. Ca me fait un bien fou. Oui moi aussi je les vois, les signes. Je ne suis jamais partie en bouffée délirante, mais quelque part, je le dois à vous tous qui témoignez sur vos blogs, je vous dois de savoir où cette « magie » peut mener et d’apprendre non pas vraiment à m’en méfier (parce que c’est le sel de la vie), mais à prendre vraiment garde à essayer de la maîtriser patiemment, autant que faire se peut, parce que je me dis que c’est « naturel », après tout. Et que si les psychotiques partent en couille, c’est pas vraiment de leur faute, c’est qu’avant la vie des gens NORMAUX fonctionnait sur les signes ; la vie en société ça consistait en ça d’ailleurs, partager les mêmes signes, les faire tourner, et en équilibrer la « puissance » par la force d’inertie de la collectivité (et les rituels, etc). C’est ce qui créait non pas forcément une existence idyllique au Jardin d’Eden mais à tout le moins une forme d’équilibre et de « maîtrise de l’environnement naturel », parce que cette magie c’est pas juste le cerveau qui déconne ; à mon sens, c’est le lien natif de l’esprit humain et même de tout être vivant avec le tissu du monde qui l’entoure et dans lequel il forge son milieu, et certains individus avaient un accès privilégié à ce lien, qu’ils élaboraient, pour le bénéfice de la collectivité. Bref et maintenant on a décidé de se retrancher sur un îlot parfaitement rationnel et calculable, en mettant sous le tapis tout ce qui ne rentrait pas dans la grille de calcul, ce qui fait que fatalement les gens qui rentrent pas exactement dans les cases de l’individu moyen ont beaucoup plus de chance de voir le fonctionnement « archaïque » de la conscience leur péter soudain à la gueule de manière brutale et flippante, qu’ils n’ont aucun moyen de gérer puisque tout le monde leur dit que c’est le mal. Et de fait à partir du moment où c’est plus géré collectivement c’est impossible à gérer seul sans être ou Jésus Christ, ou en crever. Du coup faut faire hyper gaffe, mais en ce qui me concerne, je peux pas m’en couper non plus, j’essaie d’apprendre sans trop me cramer la cervelle ; même si j’en chie bien.
    Je ne sais pas si tu pratiques une forme ou une autre d’art. Si c’est le cas, tu auras peut-être remarqué que la conscience que tu as quand tu es en état de concentration artistique c’est exactement de l’ordre de cette conscience des signes. C’est même la machine à signes et à correspondances universelles qui se met à tourner à plein régime. Et moi le fait de pratiquer un art (le dessin pour ma part) c’est même pas que ça me permet de « m’exprimer », en fait c’est plutôt de l’ordre de la maîtrise de cette machine. J’ouvre complètement le canal « magie », et j’observe ce que ma conscience trafique, j’essaie de comprendre comment l’orienter pour qu’elle aboutisse à la forme, à un résultat viable, et non pas au chaos. Quand tu es bien concentré tu te retrouves en face de ta page blanche sur la même corde raide sur laquelle tu te trouves en face de ta vie. Du coup quand je dessine (entre autres) j’ai un peu l’impression de prendre des « cours de conduite » parfois, c’est comme apprendre à piloter un vaisseau spatial et à piger peu à peu à quoi servent tous ces boutons chelou sur le tableau de bord.

    Bises!

    Aimé par 1 personne

    • Merci pour ton commentaire ! Je me suis mise à dessiner il y a deux semaines, c’est exactement le même ressenti : le dessin me donne des leçons que la vie me met en face (manque de concentration, impatience, désorganisée…) et en même temps je « sors » tous mes signes : yin et yang, des lettres, des chiffres, des symboles… Ça soulage mon inconscient je me laisse aller dans le seul but de me faire plaisir. C’est un art formidable Beaucoup de personnes « voient » des signes, en tiennent compte, je sais que de mon côté ça peut partir en couilles donc pour l’instant, be careful ! Au plaisir de te lire Bisous

      J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s