Je suis … hypocrite. Georgia on my mind.

blondJe me suis rendue compte que l’affluence récente sur ce blog n’avait rien à voir avec les thèmes de ce blog : surdouement, bipolarité , schizophrénie.

C’est l’article : Je suis… un physique. Georgia on my mind. qui remporte la palme du succès.

Un article écrit suite à ma rupture avec T. qui était co-auteur de ce blog sur sa schizophrénie.

Une rupture où j’ai compris que ma sexualité et mon physique avaient beaucoup joués sur son sentiment d’amour. La dépression aussi.

Et pourtant, je voue un culte à ce genre d’éphèbe sur l’image que vous voyez…

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Le déménagement : portait de famille.

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Déménagement physique… et dans ma tête !

Petit rappel, j’ai décidé de finir mon contrat d’apprentissage à son terme le 1er septembre. La cause ? Mon patron, de bonne foi ou non, est revenu sur le montant du salaire convenu. J’étais censée habiter avec T. mon schizophrène de chéri à partir de novembre. J’y suis depuis le 08 septembre !

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Le Secret.

Hello hello,

Hier j’ai vu un film. Et mangé une pomme.

Il y a quelques années, avant de parler de quoi que ce soit niveau troubles mentaux, j’ai lu le livre « The secret », pour les bilingues 😉Mon souvenir était qu’il y avait quelques bons principes, entouré de beaucoup de bla bla un peu cucul la praline. Globalement, plutôt une déception. Surtout qu’à l’époque, tout ce qui était à connotation spirituelle ne résonnait pas autant en moi qu’aujourd’hui.

Comment me suis-je retrouvé à voir le film hier ?

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Au commencement, était ce blog.

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Bonjour !

Ce blog est né d’un manque, lorsque que mon ami foufou W. vivait pleinement sa crise maniaque et déclarait la mort de son blog que tant de monde suivait… J’allais tristement sur son blog voir s’il changeait d’avis et je ne voyais pas la page grossir d’articles, au grand désespoir de ses fidèles lecteur. Je me suis rendue compte qu’il était devenu une addiction à mon bien-être, juste par son blog !

Alors sur le tas de cendres de son blog, de compost plutôt, est né mon blog. Similaire par beaucoup de points : Mon pseudo, L. comme W., le thème en grande partie : la bipolarité. Le même but : le partage, l’enrichissement, une expression de soi.

W. avait dans son blog un élément très important que je n’ai pas actuellement : l’échange direct avec ses lecteurs. Je sais que c’est très important, et c’est grâce à cet échange e-mail que ma vie a changé. W. m’a répondu . Nos débuts ont été loin d’être idylliques, de part mon état et le sien, et après je l’ai rencontré, j’ai lu, ce blog est né. J’ai réussi à voir la bipolarité autrement, à « m’en sortir  » même si ce n’est pas le terme exact.

Le contact avec son blog est un enrichissement quotidien qui m’a fait progresser très vite dans l’acceptation de la bipolarité, dans la rencontre d’autres hypersensibles, etc.

J’ai écrit, au départ de ce blog, que je ne pouvais pas pour le moment échanger par e-mail. Ce blog est né dans le froid de l’hiver, dans mon pic de dépression. Aujourd’hui je viens de recevoir une sollicitation sur un de mes commentaires à l’ouverture d’une discussion par e-mail. Merci. D’accord. Il est temps. Je vais mieux. L’ouverture vient. Je vous laisse donc mon adresse e-mail, où vous pouvez me contacter directement.  On peut donc discuter de ce que tu veux, n’aies aucune crainte à propos de quoi que ce soit, je le lirai et je répondrai le plus rapidement que je pourrais.

W. a été ma bouée de sauvetage, alors pourquoi ne transmettrais-je pas le flambeau ?

A bientôt,

L.

l.bipodouanceschizo@gmail.com

 

Le monde de la schizophrénie : entre Ciel et Terre

vice-versa2Je découvre pas à pas ce qu’est le monde de la schizophrénie avec T. mon petit-ami. C’était un pari un peu fou de se lancer dans cette relation avec un schizophrène en sachant que j’étais bipolaire. Mais connaissant bien la maladie psychiatrique, il n’y avait pas de raison que lui aussi me paraisse tout aussi normal et bien.

A notre rencontre, j’étais en montée, et le travail saisonnier que j’ai effectué cet été n’a pas arrangé les choses, avec la prise d’alcool tous les jours pendant 2 mois et demi. Mais j’ai fini par redescendre, l’automne et l’hiver arrivant, et redescendu un peu plus bas en décembre, rien d’inhabituel que je n’aurais pas pu prévoir.

J’étais fascinée par ses histoires et sa perception de sa réalité. Il est entre ciel et terre, comme moi. On compare souvent les schizophrènes aux chamans par ailleurs.

Ses « pouvoirs » qu’il me décrit était de communiquer avec les morts, d’entendre les pensées des autres et de pouvoir entendre et voir une scène quand son nom est mentionné dans une conversation, de pouvoir prévoir et « voir » les situations futures en sachant qu’il explique que le futur est multiple, il en existe plusieurs qui se modifient au fur et à mesure des choix. Il peut aussi en se concentrant, parler directement à ma conscience, lui poser des questions et entendre ses réponses. Je ne parle pas ici de devenir le mot auquel je pense, ce sont des questions qu’il pose lui, et la conscience a le libre arbitre de répondre ou non. Le mien, si on suppose cela vrai, il lui arrive de lui répondre qu’il ne veut pas parler. Il peut lui arriver d’avoir déjà « vu » des scènes dans ses rêves endormis ou conscients de ce qui va se passer, de manière aléatoire au niveau du temps.

Au départ, il a eu son diagnostic de schizophrénie après ma rencontre. S’est ensuivi un traitement, la dépression avec la fatigue et l’asthénie qui va avec, la mise en arrêt maladie, et la reprise en mi-temps thérapeutique. Il en est là. Et il a arrêté de prendre son traitement.

Les cachets lui ont permis un moment de ne plus entendre de voix et de calmer sa paranoïa. Mais il fut perdu sans elles, elles l’aidaient au quotidien à prendre ses décisions. Quand on a toujours été 6 dans sa tête avec des débats à prendre des décisions, et qu’on se retrouve seul sans ses conseillers, j’imagine qu’on se sent un peu seul 🙂

Récemment, comme dans le film d’animation « Vice et Versa », grâce au travail avec un coach psychologue spécialisé, il arrive à mettre des mots dans ses émotions, ses voix qui surgissent de nulle part. Elles se cristallisent sous forme de personnages. Cette apparition sous forme de personnages est arrivée quand, au désespoir de sa fatigue provenant de sa dépression, il eut recours à une substance illicite censée booster l’énergie. Il s’est ensuivi une crise similaire à un accès maniaque bipolaire. Par ailleurs, après recherches, nous avons appris qu’un schizophrène pouvait avoir des tendances bipolaires, et l’inverse étant vrai. Comme quoi, nous sommes tous voisins au niveau du cerveau.

Lors de cette crise qui fut très effrayante pour lui, il a vu d’abord deux doubles sortir de son corps et se matérialiser. Son estime de soi fut sa première rencontre. Une dizaine d’années de plus, un gros bide, une apparence crasseuse et une canette de bière à la main, défaitiste, accusateur et feignant. Il put discuter avec cette forme. De l’autre côté, son ego est apparu, musclé, brillant… et arrogant bien-sûr.

Il s’est ensuivi une exploration de lui-même, un voyage à l’intérieur de son cerveau. C’est comme s’il s’était matérialisé sous sa forme à lui, un petit personnage, dans tous les recoins de son cerveau qui étaient divisés en plusieurs salles. Chaque salle avait son personnage et son émotion ou sa fonction (la joie, la créativité, la peur, la colère…) et des fonctions plus complexe (le régulateur chimique du corps, le grand sage, la conscience…). Il aurait été bien qu’il l’eût écrit car l’histoire qu’il me raconta fut passionnante et très détaillée, et même apparemment plus fournie en réalité. Le processus est effectivement similaire à une crise maniaque, mais je ne suis pas allée aussi loin. Tout avait une logique et un enseignement à lui prodiguer, et le plus drôle était l’interaction entre ces émotions, on arrivait parfois à des véritables dialogues de sourd. Imaginez la peur et le courage, la joie et la tristesse…

Il en retira une descente de deux jours sans manger, transpirant, restant cloîtré chez lui, logique à une descente de drogue. Toutefois, malgré le voyage terrifiant qu’il a vécu, il a compris beaucoup sur le fonctionnement des émotions.

Et souvent, ce qui est difficile chez les hypersensibles, c’est la gestion de nos émotions. Avec l’arrêt des médicaments, petit à petit, ses voix reviennent, et je vois son regard reconnaissable  quand il entend des voix.

On vit ce genre de situations, drôles et pas inquiétantes pour moi, sauf si les voix deviennent menaçantes, abaissent son estime de lui. Ce n’est plus le cas pour le moment, il a compris que ces « voix » n’étaient pas des entités extérieures mais toutes les parties de lui-même qui essaient d’exister, de se faire entendre, qui existent en chacun de nous, mais qui ne nous sont pas accessibles. Ma théorie c’est qu’il a juste accès à une autre partie du cerveau, peut être dû à un dysfonctionnement ou bien à une évolution du cerveau, nous ne nous prononcerons pas là-dessus.

Récemment, après avoir discuté longuement d’un engagement à l’armée, il me fit part de l’apparition du « commandant ». Ces personnages se nomment, on leur propre voix et leur propre personnalité, caricaturale. Celui-ci c’est la partie de lui qui fixe des objectifs, à long terme et à court terme, et qui fera tout pour les atteindre, en délaissant tout le reste (émotions, etc.). Désormais T. les questionne : qui es-tu ? que veux-tu ? Alors quel est ton plan, les objectifs ? etc.

Le commandant lui a établi ses différents objectifs, en faisant une synthèse de l’avancement, en le rassurant, mais dès qu’il était question d’émotionnel le commandant ne voulait plus interagir, il occultait la question.

J’accueille donc ces manifestations avec bienveillance, essayant d’imaginer ce que cela doit être d’être dans la tête d’une personne établie schizophrène.

Il me semble qu’il lui manque encore l’apparition de plusieurs personnages, émotions clés qui l’aideraient à mon avis, à mieux se comprendre. Et pourquoi pas, à valider que ces manifestations ne sont pas uniquement psychologiques mais à vocation spirituelle, hors-normes.

L.

 

Des nouvelles de T.

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On va parler de T… c’est plutôt ma tasse de thé ! 🙂

Il se fait discret sur mon blog, mais en même temps, avoir une copine aussi envahissante côté communication alors qu’il ne peut pas s’exprimer dès qu’il y a plus de deux personnes… Je pense que ce doit être plutôt difficile. Il est plutôt enclin à s’enfermer dans son doux monde, fait de jeux-vidéos surnaturels et de films fantastiques, loisirs qui me plaisent aussi beaucoup. Il peut m’arriver même de lui piquer sa console pendant qu’il dort. Et je le comprends totalement. Il y a moi, force de la nature, je m’en rends compte, c’est simple j’ai du mal à la fermer. Et encore, si je me contenais pas, je parlerai toute la journée, mais je le fais par respect des autres. Hum. Non, je le fais pour pas qu’on m’emmerde, pardon. J’ai en plus de ça un fond insolent, c’est dire. Avec l’âge, je prends juste conscience que mon caractère est tel qu’il est, et que je dois l’accepter, parce qu’en fait, il changera pas trop. Est-ce que j’ai plus confiance en moi que quelqu’un d’autre ? Je ne sais pas.

Mon petit thé reste une énigme pour moi. Pourquoi ne veut-il pas prendre part à la conversation ? Je lui pose la question. Il me répond que les conversations sont futiles, et qu’il préfère « se mettre dans sa tête ». C’est un peu l’escargot qui rentre dans sa coquille, il s’ennuie donc il va rechercher la stimulation à l’intérieur de son cerveau. Par habitude, je fais la conversation sans m’en rendre compte, parler de, vous savez bien quoi « la pluie et la beau temps » sujet redouté par toutes les personnes ayant un minimum de cervelle. Le moment où on sait que l’on va parler pour parler, que les interlocuteurs en n’ont, de toute façon, rien à foutre. Et vous aussi, d’ailleurs.

Alors qu’avec moi, Thé est une pipelette. Alors j’essaie de lui expliquer la « fonction sociale » parce que si on la pratique pas, ne serait-ce qu’un peu, on va finir aigris et exclus du monde. Bon, de mon côté, je fais du social, mais je finis quand même aigrie et exclue du monde. Mais ce n’est pas une raison hein ! 😀

Donc Thé a repris le travail en mi-temps thérapeutique, prescrit par son psychiatre.Pour rappel, il est diagnostiqué schizophrène depuis juin 2016 et prend un traitement afin de faire taire ce que j’ai appelé « la compagnie créole » dans sa theuté. 

Les mots que j’emploie sur ce blog ne sont que des questionnements. On se dit schizo et bipo pour le moment, mais on sait bien que tout cela va plus loin. On prend le traitement pour continuer à rouler sur les rails de la société, mais on cherche à comprendre ce qui nous arrive. Il pourra certainement vivre un jour sans son traitement, et apprendre à maîtriser ses voix. Il voit un psychologue/coach spécialisé dans la douance et la schizophrénie, ce coach même présentant les deux aspects. Ce coach même refusant les étiquettes. Je l’envie presque car comme il me le décrit, c’est comme un chaman qui va lui apprendre à utiliser son intuition et l’aider à développer ses dons de guérisseur. Et oui, si vous avez lu mes précédents articles, le mystique arrive ! Tout ceci est tellement intégré dans notre vie quotidienne que j’en oublie d’en parler. Je ne remets pas en question une seule seconde ce que lui dit son coach, j’attends de voir et j’admets que ce soit possible, et je l’encourage sur cette voie.

Histoire de me plaindre, j’arrive pas à payer mes séances chez la psy, c’est 60 euros et faudrait payer ça toutes les semaines ! Oooooooooooooooooh j’ai déjà pas de quoi m’acheter des vêtements et faire des sorties… Faut pas pousser mémé dans les orties. Donc merde, j’applique les lois de l’abondance : arrrrgennnnnt, viennnnnns à moi !!!!!!

Je disais donc, il a repris son mi-temps thérapeutique, et oui, deux jours par semaine pour la même paye, comme quoi c’est possible si vous faites une dépression de trouver des solutions. Bon, même ça, il en vomit le matin. Le boulot l’ennuie, et je parle même pas des autres. Thé ne veut pas « jouer au je » et ne veut pas (encore) les insulter. Il va finir par sortir son tigre, je le sais, mais j’ai peur que celui-ci soit bien plus féroce que le mien…

Il continue de faire sa maison, avec son petit chat dans son studio, ses jeux-vidéos et ses fréquentations. On tire chacun sa force de l’autre, c’est important. Je n’ai jamais eu un petit-ami d’où je pouvais tirer ma force, c’était plutôt lui qui me tirait toute ma force et je finissais en épuisement.

Souvent on délire, on rêve grand. On a imaginé une maison avec autant de pièces que de fonctions. Et alors, qu’est-ce qui nous en empêche ? Avec pour lui un laboratoire et un bunker où il ferait des expériences scientifiques et physiques. Et moi j’aurais une salle d’art par exemple, avec des miroirs pour danser, des instruments pour faire de la musique. On va en sortir, de ce putain de moule. Mais, on n’a rien sans rien. Une profonde citation. En attendant, il vomit ses tripes, je grince des dents et j’ai le cou bloqué. Mais je regarde toujours la mer à l’horizon, et même s’il y croit plus, je le motive. Et quand j’y crois plus, il me motive. Pour reprendre un commentaire écrit sur ce blog, on navigue sur notre radeau à deux, avec deux boulets, mais on essaie de construire notre ancre, notre encre, afin de nous stabiliser là, quelque part, au milieu de l’océan, et j’aimerai bien sur une île paradisiaque s’iouplé.

Il sait pas quoi faire pour sortir de là, et moi, pour ma situation, également. Mais on continue, on avance, on profite de ma période « up up up » ! Où j’arrive à me persuader qu’il y a du positif quand je me fais flasher et que je réponds :  » mais il me reste 4 points ! « . Donc toute la journée je débite ce genre de conneries et vous savez quoi… C’est que ça finit par marcher. Je vais bien, tout va bien, allez là on se sort les doigts du cul, la vie c’est dur hein ? Ouais ben c’est pour tout le monde pareil ! Pleure un coup tu pisseras moins !

L.